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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 09:50

« L’État, cette grande fiction par laquelle tout le monde

s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde »

 

Frédéric BASTIAT (1801-1850) – Économiste français et plutôt libéral

 

La France est dans l’impasse. Coincée entre son déficit structurel intenable et son insoutenable difficulté à mener des réformes de structure. Ses dirigeants préfèrent les coups de rabot aux coupes sombres : gel du point d’indice, non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, mutualisation de l’achat des ramettes de papier… Des pansements sur une jambe de bois. Autant vider le sable du désert à la cuillère.

 

L’État fait trop de choses trop mal. Il doit se focaliser sur ses missions régaliennes de base que sont la police, l’armée et l’école. Cette réforme de l’État à la mode en ce moment implique de faire des choix et de tailler dans les dépenses. Notamment les dépenses sociales, cancer généralisé de la France tant les allocations chômage, les dépenses de santé et les régimes des retraite pèsent sur nos finances publiques (50 % de la dette). Notre modèle social de 1945 basé sur le compromis historique entre capitalisme et redistribution a vécu. Il doit se réinventer face à la crise.

 

C’est de la fin de l’État-Providence dont il est question. Du moins de sa conception française. Le modèle anglo-saxon repose sur une faible redistribution corrigée par un filet de sécurité garanti à tous en cas de difficulté. Le modèle social-démocrate propose une forte mise en commun des revenus au prix de taux d’imposition parfois confiscatoires. Le modèle français est proche de ce dernier, mais il est corporatiste en cela qu’il repose sur la défense d’avantages acquis par des groupes sociaux aux armes inégales. Ce modèle qui ne veut pas se réformer est illégitime et inefficace.

 

La fin de l’État-Providence… à la française

 

Un pays où chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ne peut pas survivre longtemps car chacun en fait alors le minimum et demande le maximum. Il faut rétablir l’égalité par la liberté. On peut tous se sauver si on cesse de justifier le chacun-pour-soi par l’omniprésence d’une bureaucratie dont les citoyens attendent tout, un État accompagnant anonyme qui nous exonère des solidarités concrètes. Il faut privilégier l’entraide à l’assistance, la société à l’État, l’action citoyenne à je-ne-sais-quelle providence ou hasard divin qui justifie le crépuscule de nos devoirs.

 

La vérité ne tombe pas du ciel. Elle est en nous. Aidons-nous. Soyons responsables. L’entraide, c’est ce qui fait la différence entre l’homme et l’animal et le citoyen et l’usager. Entre une société solidaire qui croit en sa bonne étoile et un pays égoïste qui ne jure que par l’État-Providence. La mission du politique c’est gérer les conflits et garder les gens ensemble. C’est pour cela que la citoyenneté sociale doit être le grand acquis d’une réforme de l’État qui nous apprenne à détester ces intrusions dans la vie privée qu’on réclame alors qu’elles devraient nous être insupportables.

 

Concrètement, cette réforme de l’État devra remettre à l’honneur l’État régulateur qui investit au détriment de l’État assistante sociale qui compatit. Elle devra rendre au citoyen sa confiance en lui et sa capacité à se gouverner tout seul. Il faut baisser les impôts pour que l’épargne individuelle soit enfin dépensée. Il faut renforcer la retraite par capitalisation pour que la solidarité reprenne sa place dans la famille. Il faut moins rembourser les dépenses de santé pour que l’usager soit de nouveau responsable. Il faut baisser les indemnités chômage pour que le travail redevienne une récompense. En fait la réforme de l’État c’est moins d’État mais mieux d’État.

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