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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 22:41

« Le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte les escaliers »

 

Georges CLEMENCEAU (1841-1929) – Homme politique français et grand séducteur

 

 

La politique n’a pas que des lettres de noblesse. Elle est aussi capable de se vautrer dans la folie, le sexe et la débauche. Les empereurs romains décadents fréquentaient davantage les bordels que les assemblées. Les rois de France à la dérive avaient des maîtresses quand ils s’ennuyaient avec leurs reines. Et les hommes politiques de notre temps déclinant causent des scandales repris par la presse sur papier glacé. Un excellent livre de Christophe Deloire et Christophe Dubois intitulé « Sexus politicus » avait bien révélé leurs frasques et leurs secrets.

 

Le spécialiste du genre, c’est DSK. « The perv », comme le surnomment les américains depuis l’affaire du Sofitel où il s’est pris pour un grand séducteur en croyant s’attirer les faveurs d’une jeune servante. Voilà ce qui arrive quand on chasse deux lèvres à la fois. Avant il y avait déjà eu son aventure avec Piroska Nagy, stagiaire au FMI portant la mini-jupe. Sans compter l’affaire Banon, où la tristoune s’était faite déboutonnée le chemisier en plein interview par ce « chimpanzé en rut ». Sans oublier les révélations dégoutantes de sa mère Anne Mansouret, prête à cacher son rapport sexuel pour garder son mandat d’obscure conseillère régionale. Sans omettre les avances à Aurélie Filippetti. Et puis il y a eu l’affaire du Carlton…

 

Les hommes politiques se font souvent surprendre tard le soir avec des prostituées, mais leurs femmes ont l’habitude de ces écarts. Telle Anne Sinclair, elles restent dignes et prennent leur revanche à la maison sur leurs maris volages. Mais ici il s’agit d’un réseau proxénète où se nouent des relations pour l’acquisition de marchés publics. Voilà qui devrait intéresser la justice. Voilà qui devait aussi intéresser la droite pour la campagne présidentielle et qui aurait été une belle révélation en plein entre-deux-tours. Mais Nafissatou Diallo est entrée trop tôt.

 

Tout le monde avec cette affaire s’est cru devant un exemple inédit de scandale sexuel en politique, or ils sont légion dans le milieu. En 1963, le prometteur ministre de la guerre John Profumo est poussé à la démission pour sa relation cachée avec une prostituée à la solde des soviétiques qui pouvait lui tirer des secrets en pleine guerre froide. En 1998, Bill Clinton frôle l’impeachment en mentant sur les fellations de Monica Lewinsky. En 2010, Silvio Berlusconi fait scandale avec ses rencontres mondaines dénudées et parties pas très fines du bunga-bunga.

 

L’ancien président du conseil italien aura poussé l’obscénité jusqu’à avoir des relations avec une mineure. Il n’est pourtant pas le seul. En 1965, Antoine Pinay était accusé d’avoir des relations avec des jeunes filles en fleur dans les ballets roses. En 1968, Claude Pompidou était soupçonnée à tort de participer à des partouses pour décrédibiliser son mari. En 2012, Jack Lang était suspecté de faire du Frédéric Mitterrand en draguant les jeunes éphèbes au Maroc.

 

Bref, politique et sexe font bon ménage et il y a toujours une affaire de mœurs à conter dans les faits divers. Comme l’heureux papa de l’enfant de Rachida Dati, qui non contente de confondre inflation et fellation a fait un bébé toute seule. Marianne sort des dossiers dignes des plus belles enquêtes de journalisme d’investigation sur les relations entre hommes politiques et journalistes. Sexuelles, il s’entend. Suivez le regard : François Hollande et Valérie Trierweiler, Nicolas Sarkozy et Anne Fulda, Bernard Kouchner et Christine Ockrent, Jean-Louis Borloo et Béatrice Schoenberg, François Baroin et Marie Drucker, Arnaud Montebourg et Audrey Pulvar.

 

Ceci n’est pas très sain et ne laisse guère optimiste quant à l’objectivité journalistique. Ce sont des relations consanguines cultivées par les journalistes eux-mêmes. En 1983, Françoise Giroud publie un essai intitulé « Le bon plaisir » où elle conte la vie d’un homme politique devenu président de la république avec qui elle serait sortie. Il a inventé la Mazarine. Et que dire de Jacques Chirac, coureur de jupons impénitent abonné aux flirts avec ses intervieweuses.

 

Le pouvoir est phallique et un homme qui veut séduire le peuple doit d’abord séduire des femmes. C’est pourquoi la vision misogyne du mâle dominant qui accorde les promotions canapé a la vie dure. Edith Cresson en sait quelque chose. Et on se dit que le seul scandale qui peut faire démissionner un président n’est ni financier ni politique, mais bien sexuel. Nicolas Sarkozy s’était empêtré dans ses SMS à Cécilia et les rumeurs d’idylle avec Chantal Jouanno. Le plus connu restant Félix Faure, mort en plein ébat ce qui fit débat pour savoir si ce César n’était finalement pas Pompée. Espérons que François Hollande soit au moins plus fidèle.

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commentaires

POLIPOCKET 22/08/2012 14:37

Très bon article, un régal. Bravissimo !

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