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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 22:21

« L’avenir c’est la trahison des promesses »

 

Daniel PENNAC (1944) – Ecrivain français et traité de traitre

  Cohn Bendit 

Les verts ont choisi, et ce n’est de nouveau pas le bon choix. Ils voteront contre le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) qui est censé sauver l’Europe. Ainsi en a décidé avec une majorité écrasante leur dernier conseil fédéral, qui en politburo stalinien a taxé le projet d’obstacle « à la transition écologique » qui n’apporte pas de réponse « durable » à la crise économique. Ces arguments écolos ne font pourtant pas illusion. La vérité est ailleurs.

 

Le mécanisme européen de stabilité (MES) prévu par ce traité crée un fonds qui garantit les emprunts des Etats. Chacun verse une contribution aux 700 milliards d’euros du fonds pour rassurer les marchés et abaisser les taux d’intérêt prohibitifs des plus endettés. La contrepartie est un contrôle plus strict des dépenses et l’institution d’une règle d’or avec des sanctions en cas de dépassement des limites de déficits autorisées. Les europhobes crient à la perte de souveraineté et n’ont pas tort tant cet acte est un pas de plus dû à la crise vers l’Europe fédérale.

 

François Hollande a ajouté un paragraphe sur la croissance en annexes pour dire qu’il aime le beau temps mais qui n’a aucun caractère contraignant. Le traité que devront ratifier les parlements nationaux est bien le compromis signé en urgence par le couple Merkozy en février. C’est pourquoi les gauchistes crient à l’austérité et au recul devant l’Allemagne. Si l’idée d’une règle d’or favorise le sérieux budgétaire, elle lie les mains des Etats qui ne pourront plus mener de politique de relance. Après la politique monétaire, ils abandonnent la politique budgétaire.

 

François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont tels des Dupont et Dupond sans classe sorti le cadavre du placard en espérant être félicités. Ils jouent leur légitimité, or c’est l’UMP qui va les sauver en votant pour ce traité et rester en cohérence avec ce qu’elle aurait fait quand elle gouvernait. L’aile gauche du PS devrait se rebeller. La majorité se divise sur une question qui engage le soutien au président. On se demande pourquoi les verts restent dans le gouvernement tant ils sont un partenaire peu fiable. Le rejet de ce traité montre qu’ils sont des traitres.

 

Ce n’est pas la première fois que la France met en danger la construction européenne sur un traité qui la divise. En 1954, l’assemblée nationale rejette la CED et achève la première étape du projet européen en même temps que le gouvernement de Pierre Mendès-France. En 1992, la France adopte de justesse le traité de Maastricht grâce au soutien heureux d’une partie de la droite menée par Jacques Chirac. En 2005, la France plonge l’Europe dans la crise avec le non au référendum sur la constitution européenne motivé par la gauche de Laurent Fabius.

 

Ce rejet est purement idéologique. Il valide la ligne gauchiste d’Europe Ecologie - Les Verts qui après l’écologie durant la campagne présidentielle renonce à l’Europe au risque de la faire chuter dans le chaos. Daniel Cohn-Bendit ne s’en est pas remis et a rendu sa carte. En 2009, il s’entendait comme cul et chemise avec Eva Joly aux élections européennes. En 2012, cet électron libre à qui le parti doit tout ne supporte plus les bêtises et les divisions de ses amis.

 

Les nains verts sont sans direction. Cécile Duflot a son maroquin et sa muselière. Pascal Durand a réussi à imposer le rejet du traité mais a semé la discorde. La base le suit mais aucun leader ne partage cet avis. Noel Mamère veut sauver l’alliance avec les socialistes. Dominique Voynet veut sauver le projet européen. Jean-Vincent Placé avoue que les sénateurs qu’il dirige ne se sentiront pas obligés de voter contre mais s’abstiendront. C’est une année de transition.

 

Ce traité de la discorde va diviser le gouvernement et montrer la fragilité de la majorité. Il met surtout fin à l’entente cordiale entre verts et socialistes signée lors de cet accord électoral qui prend en otage la France. Ils ne sont même pas d’accord sur une question aussi cruciale. Le PS est esclave d’un groupuscule dont il n’avait même pas besoin pour gagner. Mais surtout, c’est la cause de l’écologie qui est décrédibilisée par cette bande de crétins de politique de bas étage.

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