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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 23:05

« Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait, rien ne se perdrait »

 

Henri ESTIENNE (1531-1598) – Humaniste français et qui fait de l’humanitaire

 

 

S’il n’avait fallu retenir qu’une idée valable du programme présidentiel des socialistes, ça aurait été celle-là. Le contrat de génération. Le principe en est presque trop simple : puisque ce sont les jeunes et les vieux qui sont les plus touchés par le chômage, pourquoi ne pas payer les entreprises qui gardent des seniors et qui engagent des juniors et faire apprendre leur métier aux seconds par les premiers ? Les aides à l’emploi viseraient enfin les catégories prioritaires.

 

Mais c’est tellement beau pour être vrai que c’est l’échec assuré. Ce n’est en effet pas un hasard si le taux de chômage est de 25% chez les 16-24 ans et si seuls 55% des plus de 55 ans travaillent encore. Les uns sont trop inexpérimentés et les autres trop usés pour être efficaces. Entre le gain de la subvention et la perte en productivité, les patrons ont vite choisi. Il faudrait une aide tellement élevée pour inverser cet arbitrage que tout le budget du ministère du travail y passerait. Or avec 3 millions de chômeurs, il vaut mieux ne pas gaspiller ses forces inutilement.

 

Le ministre du chômage Michel Sapin n’est pas prêt de voir le bout du tunnel. La sortie de crise n’est pas pour demain, donc il sait que les chiffres ne s’amélioreront pas de sitôt. Vrai puits sans fond et sans fonds, il n’a pas la moindre idée de comment il va faire pour résoudre le problème et sauver les nouveaux inscrits des listes de Pôle Emploi. Le taux de chômage à 10% le met dans la panade, même si le taux d’emploi à 90% est sa panacée. Tout le monde a déjà bien compris que le plus fidèle soutien de François Hollande est avant tout un témoin assisté.

 

Heureusement qu’il y a eu le choc de compétitivité, même s’il ne prendra pas effet avant 2014. Enfin un gouvernement en France qui assume une politique de l’offre et de soutien à la production des entreprises et non comme toujours une politique de la demande et de soutien à la consommation des ménages. Il est malheureux que ce ne soit pas la droite qui ait eu l’idée ou l’audace plus tôt. Le crédit d’impôts et la réduction des charges devraient réduire les prix pour ne pas pénaliser la ménagère et renforcer notre attractivité en Europe soit 60% de nos marchés.

 

Seule la TVA socialiste grèvera le pouvoir d’achat au nom de la réduction de la dette. A la manière du retournement de veste sur le traité européen sur la rigueur, c’est un renoncement de plus à un engagement de campagne auquel se sont livrés les socialistes avec cette usine à gaz. Pour faire oublier le cadeau aux patrons et exploiter la propension marginale à consommer des ménages pauvres sur les biens de première nécessité, les deux taux à 19,6% et 7% ont été élevés à 20% et 10% alors que celui à 5,5% a été rabaissé à 5%. On ne verra même pas la différence.

 

Au lieu de ce choc de complexité, il aurait été plus efficace et pas cher de réduire les impôts et les dépenses pour faire confiance en la capacité des agents à investir et innover. Car en matière d’économie en général et d’emploi en particulier, tout a été dit mais tout n’a pas été fait. La négociation actuellement à l’œuvre entre les syndicats et le patronat qui doit se finir avant la fin de l’année en est le meilleur exemple. Enfin on laisse les acteurs qui connaissent le terrain négocier entre eux sur le contrat de travail. Il n’est pas sûr que cela réduira le chômage.

 

De trop nombreux tabous doivent en effet tomber en trop peu de temps pour que les deux parties parviennent à un accord. Le Medef et la CGPME n’accepteront jamais que l’abus d’emplois précaires soit taxé et que des primes soient versées à la fin des CDD. La CGT et FO ne voudront jamais que la flexi-sécurité soit engagée et que l’assurance-chômage soit réduite. Or pour pouvoir vivre il faut pouvoir travailler et pour pouvoir embaucher il faut pouvoir licencier.

 

La cogestion à la française a bien du souci à se faire. Alors que les plus audacieux rêvent d’une fixation du temps de travail et d’une participation des salariés au sein de l’entreprise, les rigides s’accusent les uns les autres de saborder la négociation. Parizot-Thibault, tous pourris ! Il y a un contrat mais deux générations, entre les vieux qui au niveau national cultivent le conflit social et les jeunes qui au niveau local préfèrent le dialogue social. On se réjouira donc des changements de tête qui s’annoncent et d’ici là on continuera à compter sur nos propres forces.

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