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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 23:40

« L’histoire est un perpétuel recommencement »

 

THUCYDIDE (460 av. J-C – 395 ap. J-C) – Historien grec et affligé par son pays

 

 

Ce n’est bien souvent qu’au pied du mur qu’on voit le mur. Tout était pourtant écrit d’avance. La crise que la France et le monde vivent depuis cinq ans n’arrive pas par hasard. Elle est le prolongement logique de l’histoire de l’économie et du capitalisme et la tournure qu’ont pris les événements n’a fait que confirmer les craintes qu’avaient les observateurs les plus avisés quand ils parlaient avant le drame d’endettement excessif, de chômage maladif et de libéralisme sauvage. L’histoire leur a donné raison et il est donc utile de conter la petite histoire de la crise.

 

Le capitalisme a assez été critiqué par les Cassandre de l’extrême gauche pour qu’on ne s’en méfie pas au moins un peu. Autoproclamé meilleur système économique de l’histoire car le pire à l’exception de tous les autres, il s’est affirmé sur le plan international avec le Consensus de Washington qui a fait du FMI le bourreau des pays endettés du sud au profit des pays riches du nord. De son côté, l’OMC a poussé à une ultra-libéralisation des marchés au nom de la concurrence libre et imparfaite qui a incité les entreprises à aller chercher leur profit ailleurs.

 

C’est dans la finance virtuelle et la bourse que les grands groupes ont fait leur blé sans se soucier de l’économie réelle, puisque seuls le risque et la spéculation payaient. L’actionnaire a pris le pouvoir sur le salarié et la logique du dividende a pris le pas sur celle de l’investissement. D’où une économie improductive et oisive érigée sur la bulle, internet ou immobilière. Quand tout a éclaté, le monde n’était pas plus riche qu’avant car l’effet de levier l’a poussé à aller trop loin pour s’enrichir. Pour se renflouer, c’est pourtant par cet effet de levier qu’il faudra passer.

 

La social-démocratie prétend que l’Etat soutient l’activité économique en s’endettant avec les emprunts qu’il contracte alors qu’il n’a pas fini de rembourser les précédents. C’est la théorie du crédit comme source de la croissance qui a mené les nations à vivre au-dessus de leurs moyens en oubliant qu’il fallait travailler. C’est pour cela qu’on a cru résoudre la crise par la relance budgétaire alors qu’elle venait du déficit budgétaire et de la faillite des banques.

 

Le choc de compétitivité est à cet égard un virage semblable au tournant de la rigueur de 1983 puisqu’on baisse enfin les charges qui pèsent sur les entreprises pour les pousser à créer de la richesse toutes seules. Cette politique de l’offre ne nous rendra pas la Louisiane, mais elle permettra aux acteurs privés de prospérer sans contrainte et de verser une partie de leur butin aux impôts pour favoriser la redistribution et la justice sociale. Or trop souvent la gauche pense à l’envers et préfère taxer les riches au lieu de les laisser investir et faire avancer le pays.

 

La France devra bien un jour sortir de la sinistrose dans laquelle elle était déjà avant la crise. Une crise permanente qui l’enferme dans ses réflexes pantouflards du pessimisme et de l’épargne, mal national qu’on fait passer pour une vertu. Comme en 1929, le pays a moins subi la récession car il était moins dépendant de la conjoncture internationale. Mais sa crise dure depuis plus longtemps. Elle est dans l’absence de bonheur de ses habitants, frein évident à la croissance tant il est vrai que ces deux notions se complètent plus qu’elles ne s’opposent.

 

La France n’est pas le problème comme le laissent entendre les tabloïds anglais qui font de la mauvaise presse, mais bien la solution. C’est le seul message positif qu’a transmis François Hollande lors de ses vœux, et c’est le seul qu’on ne lui reprocherait pas d’appliquer. Mais il est difficile de cultiver la positive attitude quand nos dirigeants semblent aussi désarmés face aux mécanismes de gouvernance complexes qu’ils ont mis en place. La mondialisation, le dialogue social ou la dictature des sondages : personne ne les a obligés, mais ils l’ont fait quand même.

 

Jusqu’à ici nous en sommes arrivés. La crise nous a endettés et endeuillés or tout ce qui nous arrive était déjà écrit en négatif dans la période précédente. Il suffisait juste de savoir lire. L’avenir n’est jamais écrit d’avance : il est toujours à construire ou à détruire en fonction des hommes qui s’en saisissent. Il n’y a pas de nations condamnées, juste des gouvernements sans projet avec des gouvernants sans qualité pour les porter. Si on avait voulu éviter la crise actuelle, il aurait fallu qu’un dirigeant ait de l’imagination pour aller contre le sens de l’histoire. Il aurait…

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