Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 22:04

« T’as jamais entendu l’expression : fier comme un waker ? »

 

Pierre PALMADE (1968) – Humoriste français et paresseux bordélique

 

 

Le gouvernement a fait ses comptes, et il en manque. Il doit trouver 37 milliards d’euros pour atteindre son objectif de 3% de déficit en 2013. Outre les 7 milliards prévus dans la loi de finance de juillet, le ministre de l’économie Pierre Moscovici veut diviser l’effort des 30 autres milliards en trois parts pour avoir « un redressement dans la justice et l’efficacité économique ». Il y a 10 milliards de baisse des dépenses, 10 milliards de hausse des impôts sur les entreprises et 10 milliards de hausse des impôts sur les ménages. Soit 20 milliards pour ces derniers.

 

Ce n’est pas grave de faire peser la charge du désendettement sur le peuple car c’est son intérêt que les comptes de l’Etat soient sains. Mais c’est irresponsable de prétendre ne pas le faire pour sauver une popularité en perdition. Les baisses de dépenses réduisent la protection sociale et les services publics mais elles sont salutaires même si François Hollande n’en voulait pas. Les hausses d’impôts sur les entreprises ne pèsent pas sur les patrons mais se répercutent sur la hausse des prix et la baisse de l’embauche. Les hausses d’impôts sur les ménages seraient justes si elles étaient progressives et efficaces si elles n’attaquaient pas que les hauts revenus.

 

Voulant éviter un matraquage fiscal, le gouvernement s’est épargné une remise à plat qui semble bien nécessaire quand on voit comment il remplace le dispositif Scellier par le dispositif Duflot. Le gouvernement ment quand il prétend résoudre les problèmes de la France avec sa taxe à 75% sur les riches, qui est aussi symboliquement forte que quantitativement marginale. On peut juste saluer le plafonnement des niches qui lutte contre ceux qui échappent à l’impôt à défaut d’évasion fiscale. Mais il fallait augmenter la TVA ou la CSG. Le courage a manqué.

 

Il fallait surtout satisfaire les partenaires de la majorité présidentielle. A l’heure où le Parlement ne vote même plus ses lois, le vote du budget est devenu le dernier moment crucial où les députés exercent encore une pression sur les ministres. La survie d’un exécutif se joue sur sa capacité à rassembler une majorité sur le pognon qu’il aura le droit de gaspiller durant un an. Les verts rejettent le TSCG mais approuvent le budget. Ils doivent en être très contents.

 

La droite va taxer cet exercice de budget de la rigueur et la gauche le qualifier de budget de la vigueur. Or c’est plutôt un budget de la vagueur tant il frappe par son approximation, son inexactitude et sa négligence. Non content d’avoir ignoré les pistes de la taxation de la finance et de l’investissement d’Etat, le ministre du budget Jérôme Cahuzac punit ses collègues et assèche leurs crédits. Le grand argentier du gouvernement supprime les postes de fonctionnaires - sauf dans l’éducation, la plus dépensière - et donne raison à Nicolas Sarkozy qui menait la même politique et voyait la rigueur comme la hausse des impôts alors que c’est la baisse des dépenses.

 

Cette austérité est hilarante tant elle est hasardeuse. Le trésor calcule des augmentations de recettes alors qu’un impôt qui atteint son but réduit la consommation du bien taxé et donc la recette perçue. Il est idiot de prétendre percevoir un pourcentage connu d’avance sur l’assiette actuelle puisqu’elle est dynamique et évolue en fonction d’arbitrages économiques. La gabegie continue comme dans la pratique budgétaire des 40 dernières années. Aucune dépense sociale emblématique n’a été réduite. Aucun ministre n’a renoncé à gagner des arbitrages pour relever sa dotation. Aucun effort ne vient veiller à la bonne utilisation des deniers du contribuable.

 

Le gouvernement devrait faire adopter tranquillement le budget de la vagueur et s’en contenter. L’opposition devrait dénoncer nonchalamment la faible crédibilité de la prévision de croissance et l’imprécision des chiffres pour saisir le conseil constitutionnel. Elle ferait mieux de faire profil bas, un an après avoir voté deux lois de finances complémentaires pour gratter 10 pauvres milliards d’euros en taxant les sodas et les parcs d’attraction. Pendant que les avocats fiscalistes et les hauts-fonctionnaires prennent plaisir à réécrire le code des impôts, on oublie qu’il serait tellement plus facile et censé de jouer sur les masses monétaires avec l’inflation.

 

Des votes du budget comme celui-là, il y en aura d’autres dans ce quinquennat et peut-être même avant la fin de l’année. Le cercle vicieux cruel de la crise sera le même : en réduisant les dépenses et en augmentant les impôts, le gouvernement pénalise la consommation et l’investissement ce qui annule la croissance et le désendettement. Pourtant l’Etat n’est quand même pas seul à financer l’économie. Depuis le début de la crise, le privé avec les banques et les marchés ne met pas la main à la poche alors qu’il en est le responsable. Il faudrait y penser.

Repost 0
25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 22:01

« On pardonne les infidélités, mais on ne les oublie pas »

 

Madame de LA FAYETTE (1634-1693) – Ecrivaine française et pétasse de salon

 

 

On croyait que 2012 serait une année de transition pour les verts. Et pourtant… Europe Ecologie - Les Verts a avec Eva Joly présenté la pire candidate de son histoire aux élections présidentielles or le parti a obtenu un meilleur score qu’en 2007 où on n’avait jamais autant parlé d’écologie. Il devait se fondre dans la nasse d’une gauche plurielle recyclée or il compte 18 députés et 2 ministres. C’est bien trop, surtout quand on sait ce qu’il pèse dans les urnes.

 

Parmi les escrocs, Cécile Duflot. L’ancienne secrétaire nationale est sûre de l’avoir bien mérité. En 2007, elle a su s’imposer au milieu des Noël Mamère, Dominique Voynet et autres José Bové qui font carrière dans le bureau politique de la formation écologiste. En 2009, elle a obtenu un hystérique 16,28% aux élections européennes. En 2011, elle a négocié avec le PS cet accord électoral aux petits oignons qui tel un coup d’Etat prend en otage la France. Mais ce n’est qu’un coup : au-delà de la satisfaction électorale, le développement durable n’a pas gagné.

 

L’imbroglio du traité européen révèle toute la malhonnêteté de la majorité au pouvoir, divisée entre des socialistes qui suivent leur président sans entrain et des verts qui choisissent quand ils apportent leur soutien au gouvernement. Il est impossible d’être fidèle à son parti et solidaire envers son gouvernement quand ils défendent deux positions inverses, et inconcevable de rejeter les règles budgétaires européennes tout en validant le budget national qui en suit les orientations. Mais pas pour les dignitaires écologistes. Ce qui n’est pas très digne, notamment pour la susnommée Cécile Duflot qui s’accroche « à sa place » de ministre car elle est bonne.

 

Daniel Cohn-Bendit - qui ne fait pas de politique pour l’argent, lui - en a assez des incohérences et tire sa révérence. Le parti dérive vers le gauchisme et veut une autre Europe. Lui veut juste l’Europe et a renoncé au gauchisme. Et à la gauche. Le leader de Mai 68 trace sa voie seul. Le succès de 2009 était en grande partie sa faute et il serait capable de récidiver tant il reste populaire auprès des français même depuis l’Allemagne. Il est dommage qu’il n’en tire pas jusqu’au bout les conséquences en se présentant lui-même aux élections présidentielles.

 

Cécile Duflot a eu ce qu’elle voulait. Un maroquin et un siège à l’assemblée. Elle ferait mieux de démissionner mais elle n’a pas de fierté. Après le hold up au PS, elle prépare un autre viol. Cette francilienne citadine aux goûts de bobo et aux idées qui vont avec veut gagner la mairie de Paris en 2014. Bertrand Delanoë lui a préparé le terrain avec le Velib’ mais il a aussi mis Anne Hidalgo sur orbite pour lui succéder. On plaint déjà les automobilistes parigots.

 

Cette porteuse de jeans et de robes est jeune et physiquement potable, ce qui en fait un ovni dans le milieu politique si on ajoute que c’est une femme. Elle passe correctement dans les médias et commence à se faire connaitre et reconnaitre. Mais elle a un problème, plus grave encore que son regard bovin : l’agacement qui monte dans l’opinion contre l’écologie punitive et politicienne des verts et qu’elle ne voit pas. Ayant exploité la faiblesse du PS sur les questions environnementales, ils ont fondé un parti pour mieux appeler à voter socialiste au 2ème tour. L’écologie de droite avec Alain Juppé, Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno doit les mater.

 

Ils n’ont pas parlé d’écologie durant la campagne présidentielle et avalent les couleuvres des socialistes sur l’austérité. Mais ils ont pris leur revanche bien involontairement grâce à leur bêtise. Leurs tactiques de billard à trois bandes sur le TSCG sont un drame pour la cohésion de la majorité parlementaire. Leurs déclarations inacceptables sur la légalisation du cannabis sont autant d’appels à la délégitimation du gouvernement. Leurs critiques sur l’expulsion des roms sont des arguments en or pour l’opposition qui n’espérait pas un soutien si précieux.

 

Cécile Duflot, c’est du flou et c’est du flan. Elle n’a pas l’épaisseur d’une  feuille de papier à cigarette de conviction et c’est pour cela qu’elle ne voit pas d’inconvénient à dire oui en pensant non. Après cette escroquerie du traité européen qui viole manifestement le contrat de confiance avec les socialistes, elle n’est plus en pole position pour parler. Mais elle préfère garder sa muselière et être une ministre du logement inactive condamnée à perdre tous ses arbitrages. Et c’est Pascal Durand qui a récupéré le capitanat des Pink Floyd de l’écologie.

Repost 0
24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 23:14

« Il vaut mieux suivre le bon chemin en boitant que le mauvais d’un pas ferme »

 

Saint AUGUSTIN (354-430) – Philosophe latin et pari de Pascal

 

 

Celui qui n’a jamais rien tenté n’a jamais rien réussi d’extraordinaire. Xavier Bertrand le sait, et il s’est lancé dans un drôle de pari alors que commence la guerre des chefs : ne pas se présenter à la présidence de l’UMP et se déclarer dès à présent candidat à la primaire du parti pour les élections présidentielles de 2017. Rien ne pouvait déranger le duel sans merci que vont se livrer Jean-François Copé et François Fillon. Alors les sous-chefs de la droite patientent.

 

Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet et Henri Guaino ont montré leur tête en espérant prendre de l’avance sur Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse et Christian Estrosi. Ils seront en service commandé pour un candidat pour peser ensuite sur les affaires du parti. Tous les ralliés qui veulent une place vont vers François Fillon, au risque que la valeur d’un soutien à l’ex 1er ministre ne se démonétise. Tous les militants suivent la campagne de terrain pugnace de Jean-François Copé, qui profite d’être secrétaire général pour cumuler le plus de parrainages.

 

Il est bon que les règles d’inscription à la bataille des idées de la droite soient strictes. En fixant un nombre excessivement élevé de signatures pour pouvoir concourir, les statuts du parti ont excellemment permis que la compétition se limite à deux candidats. C’est heureux. L’UMP évite au moins de tomber dans les guignolades du PS qui quand il laisse agir la démocratie organise des congrès portes ouvertes pour élire son 1er secrétaire. Les élections présidentielles devraient s’en inspirer et limiter le nombre de partis au lieu d’abolir la règle des 500 signatures.

 

Le scrutin s’annonce plus serré que prévu. Xavier Bertrand devrait être extrêmement courtisé et chouchouté pour donner son soutien à l’un des deux finalistes et faire preuve d’un peu plus de courage qu’Alain Juppé qui comme il a l’habitude ne s’exprime pas quand il y a un choix controversé à faire. Il sera tenté d’appeler à voter pour l’un des prétendants pour tester son aura dans le parti. En faisant basculer l’élection, il redeviendrait la clé de voûte de la droite.

 

Ce serait une grave erreur. Il vendrait sa peau dès le début du quinquennat alors que son intérêt est d’attendre que les choses se passent. Mal pour le gouvernement et mal pour l’opposition, afin de se poser en recours en 2017. L’ancien secrétaire général a assuré qu’il se présenterait même contre Nicolas Sarkozy à qui il doit tout, jusqu’à sa nomination à la tête de l’UMP en 2008. Mais l’ancien président a fait son temps. On le voit déjà préparer son retour du sarcophage à l’aide des derniers sarkophiles. Il serait dans l’intérêt de la droite qu’il se retire.

 

Xavier Bertrand est bien seul. Contrairement à Jean-François Copé, il n’a pas profité de sa passade à la tête du parti pour se forger un réseau d’élus dévots et dévoués. Comme François Fillon, il est resté enfermé dans les ministères et les ors du pouvoir et a dû jurer fidélité au président. L’ancien ministre de la santé est trop rassurant pour entraîner et trop gentil pour être honnête. Gentil Xavier Bertrand traîne une réputation de faux derche et de courtisan malhabile à la langue râpeuse. Il ne manque que de caractère, celui qui donne vraiment envie de gagner.

 

Il n’a pas l’instinct du tueur qui permet de mener les grandes carrières. C’est ce qui rend peu crédible sa déclaration de candidature pour 2017 : c’est trop loin et trop sinueux pour ses petites jambes. L’ancien ministre du travail reste sur des échecs. Il a passé la fin du mandat à annoncer à l’avance les mauvais chiffres du chômage avant de passer le relais à Michel Sapin. Il a difficilement été réélu député dans une circonscription picarde qui vire trop à gauche pour qu’il y reste sans danger. Il a perdu contre Christian Jacob au vote pour l’élection du président du groupe UMP à l’assemblée. Cela l’a refroidi avant de se présenter à la présidence de l’UMP.

 

Son pari est assez rationnel. Il n’a pas le choix : ne pouvant gagner cette année, il mise tout sur l’échéance suivante. C’était l’option de François Hollande lorsqu’il a quitté la tête du PS pour « se préparer » en vue des élections présidentielles. Il s’est fait oublier et a empoché la mise. Ce numéro fait rêver tout le monde. Mais Xavier Bertrand n’aura pas de choix. Entre François Fillon qui le considère « peut-être maçon mais sûrement pas franc » et Jean-François Copé qui le moque en « gentil organisateur », il n’a pas que des amis. Rejoindre l’un de ces deux hommes signerait sa défaite. Il devra donc suivre une troisième voie. Si possible la sienne.

Repost 0

À Propos De En Rase Campagne

  • : En rase campagne
  • En rase campagne
  • : La politique est toujours en campagne, CARBONE 12 aussi ! Lancé à 100 jours du 2e tour des élections présidentielles de 2012 pour redonner de la hauteur à un débat qui volait bas, EN RASE CAMPAGNE est un blog qui commente la vie politique française.
  • Contact

L'EMPREINTE CARBONE

Projet de loi de finances : se serrer la ceinture ou baisser son froc devant Bruxelles, telle est la question. 

 

Retrouvez tous les billets "L'empreinte carbone" 1 2 3 4 5 6 7 

AU RAS DES PÂQUERETTES

Poisson d'avril de Ségolène Royal : les autoroutes gratuites le week end. Mais qui peut contrôler ce qui se passe dans son cerveau ? 

 

Retrouvez tous les billets "Au ras des pâquerettes" 1 2 3 4

DU CARBONE DANS LA CERVELLE

Entre deux meetings, Nicolas Sarkozy recommence ses conférences grassement payées à l'étranger. Cela pourrait le desservir. 

 

Retrouvez tous les billets "Du carbone dans la cervelle" 1 2 3 4 

Les Idees De En Rase Campagne