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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 08:22

« Je ne cherche pas à faire de blagues,

je surveille ce que fait le gouvernement et je le raconte »

 

Will ROGERS (1879-1935) - Humoriste américain et fin observateur

 

 

Dans ces élections qui s’annoncent sans suspense, se dégage nettement un favori : François Hollande. Crédité de 30% d’intentions de vote dans la plupart des sondages de 1er tour, le candidat fait la course en tête depuis sa victoire aux primaires socialistes du 16 octobre dernier. Rien ne semble devoir l’arrêter. Rien ? A part peut-être lui-même…

 

François Hollande l’a dit et répété : « Si nous perdons, ce sera notre faute ». C’est dire : les élections semblent à ce point jouées que seule une erreur des socialistes pourrait mettre en danger leurs retrouvailles annoncées avec le pouvoir. Mais ces derniers mois nous ont rappelé que rien n’est jamais écrit d’avance : François Hollande devrait être lui-même conscient que son retour en grâce tient pour beaucoup à l’invraisemblable sortie de route de DSK.

 

Alors comment pourrait-il bien se tirer une balle dans le pied ? Par exemple en suivant le modèle de son ex mentor Lionel Jospin. Alors candidat à l’élection présidentielle de 2002 et nettement favori dans les sondages, il associât son rival Jacques Chirac aux termes peu élogieux de « président, vieux, usé et fatigué », lequel ne manquât pas de s’indigner. La suite est connue : un retournement de tendance dans les sondages et le séisme électoral du 21 avril.

 

François Hollande serait-il du genre à commettre à son tour la même indélicatesse ? Celui que Laurent Fabius a un jour affublé du sobriquet réducteur de « Monsieur Petite Blague » est en effet un adepte des bons mots. Mieux encore, un habitué du Prix de l’humour politique. Pour ne citer qu’un exemple, rappelons son trait d’humour au début du quinquennat sur les ratés de la communication du gouvernement : « Sarkozy est passé de la présidence bling-bling à la présidence couac-couac ».

 

Si François Hollande a survécu durant sa traversée du désert suite à son retrait de la direction du PS, c’est bien en grande partie grâce à son humour, dont les journalistes raffolent et que les français apprécient. Or c’est aussi ce qui pourrait le piéger. Un jour, Lionel Jospin, qui en connait un rayon sur le sujet, le lui avait dit : « François, ton humour te perdra ».

 

On comprend bien que dans cette campagne de petites phrases, il y a danger à user et plus encore à abuser de ce genre de procédés. Il n’y a qu’à penser au psychodrame médiatique de l’épisode du « sale mec », propos désobligeants qu’aurait tenus François Hollande au sujet de Nicolas Sarkozy. Or avec un candidat qui cherche tant la bonne blague, comment ne pas penser qu’un tel événement puisse se reproduire ?

 

En effet, parait-il invraisemblable qu’au cours de l’un de ces meetings endiablés, ceux au cours desquels on devient trop euphorique pour pouvoir se contrôler, Hollande ne se moque de la petite taille de son rival ? Ou encore, parait-il inenvisageable qu’au détour d’une autre conversation à bâtons rompus avec des journalistes il ne laisse sous-entendre que pour lui l’élection est jouée d’avance, ignorant par-là le verdict de l’électeur. Nul doute qu’à l’UMP on réagirait au quart de tour, comme d’habitude.

 

Il semble que l’enjeu n’est plus tellement de savoir si Hollande va tomber dans le piège ou non mais bien de savoir quand. Carbone 12 prend les paris. Affaire à suivre.

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 11:49

« On devrait toujours être amoureux : voila pourquoi on ne devrait jamais se marier »

 

Oscar WILDE (1854-1900) - Ecrivain britannique et célibataire endurci

 

 

C’est une petite phrase qui a fait grand bruit : « En cas de défaite, vous n’entendrez plus parler de moi ». En se confiant ainsi en off à quelques journalistes, le président Sarkozy a dit tout bas ce que tout le monde pensait tout haut, à savoir qu’il devrait plutôt penser à sa reconversion qu’à sa réélection, tant ses chances paraissent aujourd’hui compromises.

 

Au fond, tout le monde connait les raisons de cette déroute qu’on lui annonce : Nicolas Sarkozy est le président qui termine son mandat avec la plus forte côte d’impopularité de toute la Vème République, les derniers chiffres ne le créditant que de 36% d’opinions favorables. Il faut pourtant se souvenir qu’au début de son mandat, Nicolas Sarkozy a bénéficié jusqu’à 67% d’opinions favorables, un pactole chèrement acquis après cinq ans de suractivité au ministère de l’intérieur qui avaient suscité l’espoir d’une vraie « rupture » chez beaucoup de français.  

 

Alors comment expliquer une telle dégringolade ? Tout simplement en lisant les chiffres et en observant l’évolution des courbes de popularité. Où l’on voit que Nicolas Sarkozy se traîne à 36% d’opinions favorables depuis déjà janvier 2008. Il n’est guère descendu plus bas mais n’a jamais réussi à remonter la pente, même lorsqu’il a tenté de se représidentialiser.

 

En fait les français n’en veulent pas tellement à son bilan face à la crise, qui s’il est mauvais (le chômage, la dette, le mal-logement, la perte du Triple A), ne l’est pas plus que celui des autres dirigeants de ce monde. Le président pourrait même se vanter - et il ne se gênera pas pour le faire - de quelques vrais succès : la présidence française de l’Union européenne, la réforme des retraites, le Grenelle de l’environnement, la gestion de la crise en Géorgie…

 

Non, le plus frappant, c’est qu’après un moment d’état de grâce - que connait tout président nouvellement élu - allant jusqu’à novembre 2007, le divorce entre le président et les français fut très brutal. C’est la théorie des 100 jours. Un président fraichement élu bénéficie souvent d’un temps de bienveillance de la part de l’opinion publique que l’on appelle aussi « lune de miel » et où il peut faire à peu près ce qu’il veut.

 

L’élection présidentielle étant la rencontre d’un homme et d’un peuple, il est normal que pendant un certain temps les deux fassent bon ménage. Le drame, c’est qu’en devenant le mari de la France, tout nouveau président sait qu’il va se retrouver fort marri quand viendront les lendemains de noces. Soudain le peuple ouvre les yeux et oublie sa ferveur de la veille. La critique se fait plus dure, et la chute pour l’élu de son cœur aussi.

 

L’impopularité structurelle de Nicolas Sarkozy s’explique par cette déception, par ce dépit amoureux. Il faut dire que le président y a mis du sien : le bling bling, le « Casse-toi, pov’ con », l’affichage de la vie privée avec Carla, l’hyperprésidence, le recul du pouvoir d’achat… Les français ont voulu divorcer de ce président qui ne faisait pas assez président.

 

C’est sûrement à ce moment-là du quinquennat, entre novembre 2007 et janvier 2008, qu’il a définitivement perdu les élections de 2012. Il n’y a qu’à songer au désamour et à la démobilisation de son propre électorat, dérouté par tant de bruit et si peu de fond. Or, c’est une escalade de l’Everest par la face nord qui attend le président si le 22 avril prochain ceux qui l’ont tant aimé ne se déplacent pas à la mairie pour prolonger l’union signée il y a cinq ans.

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