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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 09:39

« Le centre est immobile. La roue avance, son centre ne bouge pas »

 

Jacques CHABAN-DELMAS (1916-2000) – Homme politique et bordelais de droite

 

François Bayrou est comme le 29 février. Il ne revient que tous les quatre ans, et on se demande bien à quoi il sert. Le président du Modem est toujours vivant. C’est un exploit, quand on sait que son score décevant à l’élection présidentielle de 2012 et son appel à voter pour François Hollande auraient dû signer la fin de sa carrière politique. Il a échoué à faire émerger un centre fort en France. Pourtant, il est au centre du jeu de la prochaine élection présidentielle. Presque sans l’avoir voulu.

Les événements se sont enchaînés avec une stupéfiante conjonction en sa faveur. D’abord la démission surprise de Jean-Louis Borloo, seule tête qui dépassait à l’UDI avec laquelle il avait été obligé de pactiser au sein de l’Alternative. Ensuite son élection triomphale à la mairie de Pau, bien aidée par son ami aquitain Alain Juppé qui espère encore se servir du béarnais comme d’un vulgaire marchepied. Enfin ces sondages qui le placent régulièrement à 10-15 %, soit la première personnalité du centre et pas si loin du trio de droite Nicolas Sarkozy-Alain Juppé-François Fillon.

 

En 2007, François Bayrou était le troisième homme et le faiseur de roi entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. En 2012, il a décidé en partie la victoire de la gauche et l’élection de François Hollande. En 2017, il sera la personne à convaincre pour éviter un 21 avril à l’envers et une élimination de la droite dès le 1er tour. C’est en grande partie le refus des socialistes de l’intégrer à un gouvernement de coalition en 2012 qui l’a rejeté dans les bras de l’UMP. Alain Juppé le courtise pour un ticket à la primaire ouverte. François Bayrou parie sur son échec pour pouvoir se présenter.

Nicolas Sarkozy a publiquement désavoué la stratégie gauchiste du Modem qui a valu des sifflets au maire de Bordeaux. Mais il tient certainement un discours bien plus conciliant en privé. Il sait que le ralliement de François Bayrou à sa stratégie du grand rassemblement à droite serait un plus pour arriver devant le FN au 1er tour en 2017. En partant désunis, la droite et le centre se tireraient dans les pattes. En étant désunis à la primaire, ils favoriseraient au contraire la victoire de Nicolas Sarkozy et la défaite d’Alain Juppé, pris à son propre piège de la stratégie au centre.

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 09:39

« Le centre est immobile. La roue avance, son centre ne bouge pas »

 

Jacques CHABAN-DELMAS (1916-2000) – Homme politique et bordelais de droite

 

François Bayrou est comme le 29 février. Il ne revient que tous les quatre ans, et on se demande bien à quoi il sert. Le président du Modem est toujours vivant. C’est un exploit, quand on sait que son score décevant à l’élection présidentielle de 2012 et son appel à voter pour François Hollande auraient dû signer la fin de sa carrière politique. Il a échoué à faire émerger un centre fort en France. Pourtant, il est au centre du jeu de la prochaine élection présidentielle. Presque sans l’avoir voulu.

Les événements se sont enchaînés avec une stupéfiante conjonction en sa faveur. D’abord la démission surprise de Jean-Louis Borloo, seule tête qui dépassait à l’UDI avec laquelle il avait été obligé de pactiser au sein de l’Alternative. Ensuite son élection triomphale à la mairie de Pau, bien aidée par son ami aquitain Alain Juppé qui espère encore se servir du béarnais comme d’un vulgaire marchepied. Enfin ces sondages qui le placent régulièrement à 10-15 %, soit la première personnalité du centre et pas si loin du trio de droite Nicolas Sarkozy-Alain Juppé-François Fillon.

 

En 2007, François Bayrou était le troisième homme et le faiseur de roi entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. En 2012, il a décidé en partie la victoire de la gauche et l’élection de François Hollande. En 2017, il sera la personne à convaincre pour éviter un 21 avril à l’envers et une élimination de la droite dès le 1er tour. C’est en grande partie le refus des socialistes de l’intégrer à un gouvernement de coalition en 2012 qui l’a rejeté dans les bras de l’UMP. Alain Juppé le courtise pour un ticket à la primaire ouverte. François Bayrou parie sur son échec pour pouvoir se présenter.

Nicolas Sarkozy a publiquement désavoué la stratégie gauchiste du Modem qui a valu des sifflets au maire de Bordeaux. Mais il tient certainement un discours bien plus conciliant en privé. Il sait que le ralliement de François Bayrou à sa stratégie du grand rassemblement à droite serait un plus pour arriver devant le FN au 1er tour en 2017. En partant désunis, la droite et le centre se tireraient dans les pattes. En étant désunis à la primaire, ils favoriseraient au contraire la victoire de Nicolas Sarkozy et la défaite d’Alain Juppé, pris à son propre piège de la stratégie au centre.

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 09:02

« Mais qu’est-ce que je vais devenir ? Je suis ministre, je ne sais rien faire »

 

Louis DE FUNES (1914-1983) – Acteur français et dernier ministrable

 

D’habitude, cela devrait être un honneur d’être nommé ministre de la république. Pas pour eux. Parce qu’ils ont hérité de ministères empoisonnés où il est impossible de réussir. Parce qu’ils étaient maudits et n’ont fait que recevoir de mauvais coups. Ce sont des ministres qui auraient préféré ne pas l’être. Petite revue d’effectifs.

 

Les ministres de l’éducation nationale sont toujours malheureux. Quand ils ne sont pas trois à se succéder en six mois comme Vincent Peillon, Benoit Hamon et Najat Vallaud-Belkacem, ils doivent affronter les manifs et les grèves des syndicats. En 1984, Alain Savary était poussé à la démission après le rejet de son projet d’école libre. En 2000, Claude Allègre devait s’en aller après avoir échoué à « dégraisser le mammouth ». En 2002, Luc Ferry était traité de tous les noms pour ne pas avoir su honorer celui de Jules Ferry avec sa réforme sur la durée de travail des professeurs.

 

Les ministres de l’intérieur ne sont pas plus populaires. Ce sont pourtant eux qui devraient l’être tant ils sont en contact avec les médias. Nicolas Sarkozy et Manuel Valls en savent quelque chose. Mais ils sont aussi chargés du sale boulot, comme de reconduire à la frontière les étrangers en situation irrégulière. Ils ont donc toutes les associations gauchistes sur le dos. Tour à tour, Brice Hortefeux, Éric Besson et Claude Guéant ont été ainsi les ministres sarkozystes les plus détestés de France.  

 

Les ministres des affaires étrangères héritent des problèmes liés à leur fonction. Ils paient parfois pour les erreurs des autres. En 1985, Charles Hernu démissionne suite au scandale du Rainbow Warrior alors que tout était de la faute de François Mitterrand. En 2011, Michèle Alliot-Marie quitte le Quai d’Orsay parce qu’elle a passé Noël chez le dictateur Ben Ali sur le point de se faire renverser en Tunisie.

 

Grève, impopularité, affaires : les ennuis commencent

 

Les ministres de la santé sont également abonnés aux ennuis vue la fonction qu’ils occupent. Ils sont souvent victimes des scandales sanitaires, quand ce n’est pas par eux que le scandale arrive. En 1991, Edmond Hervé est mis en examen dans l’affaire du sang contaminé. En 2003, Jean-François Mattei ne prend pas la mesure de la canicule. En 2009, Roselyne Bachelot prend peur devant la grippe aviaire et achète trois fois plus de vaccins que ce qui était nécessaire. La facture s’en ressent encore.

 

Les ministres du travail sont spécialistes pour annoncer les mauvaises nouvelles. Si bien qu’on les surnomme les ministres du chômage. Xavier Bertrand était un expert dans l’annonce mensuelle de ces mauvais chiffres. Ont pris la suite Michel Sapin, la bonne humeur en plus, et François Rebsamen, la bonne volonté en moins. Michel Sapin, condamné à ce rôle même en tant que ministre des finances. Ce n’était pas son jour quand il a dû annoncer le déficit de la France. Ce n’est jamais son jour.

 

Les ministres des sports sont pour finir l’idiot utile. Ils ne restent jamais longtemps, à l’image des éphémères secrétaires d’État Bernard Laporte, Chantal Jouanno et David Douillet. Avoir fait du sport n’est pas la garantie d’être un bon ministre. L’ex athlète Roger Bambuck en 1988, l’ex hurdler Guy Drut en 1995, l’ex escrimeur Jean-François Lamour en 2002 : tous ministres et tous bien décevants au final.

 

Ces ministres qui auraient préféré ne pas l’être et dont on aurait préféré qu’ils ne le soient pas ont tous au moins un mérite : ils ont essayé. Ils ne sont pas partis au bout de 9 jours comme certains, de Jean-Jacques Servan-Schreiber en 1974 à Léon Schwartzenberg en 1988 en passant par Thomas Thévenoud en 2014. Ils ont souffert jusqu’au bout. Et nous ont fait aimer le spectacle de leur douleur.

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Projet de loi de finances : se serrer la ceinture ou baisser son froc devant Bruxelles, telle est la question. 

 

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Entre deux meetings, Nicolas Sarkozy recommence ses conférences grassement payées à l'étranger. Cela pourrait le desservir. 

 

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