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6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 08:52

« La jeunesse n’est qu’un mot »

 

Pierre BOURDIEU (1930-2002) – Sociologue français et parfois répétitif

 

La jeunesse n’est qu’un mot. Surtout s’il sort de la bouche de François Hollande. Souvenez-vous. Lors de la campagne de 2012, le candidat socialiste avait fait de nombreuses promesses qu’il a ensuite foulées au pied parmi lesquelles faire de la jeunesse la priorité de son quinquennat. On voit le résultat. Rien n’a été fait et rien n’a changé. François Hollande voulait « réenchanter le rêve français » en s’appuyant sur la jeunesse. Or aujourd’hui, la jeunesse est une génération désenchantée.

 

On peut la comprendre. Le chômage frappe 25 % des moins de 25 ans, un record en Europe. Les portes se referment à l’image du pays, comme autant d’incitations à exporter ses talents ailleurs. Les jeunes d’aujourd’hui ont peur de vivre moins bien que leurs parents, alors que cela avait toujours été l’inverse. Ils ont le sentiment d’être la génération sacrifiée, celle qui devra rembourser nos dettes et se priver pour sauver la planète sans jamais connaitre les joies d’une croissance à 5 %.

 

Or dans son goût pour l’abstraction, la gauche a préféré brandir la jeunesse comme un mot magique et au lieu de la défendre et de lui parler. L’État a le monopole de l’éducation, or pourquoi la seule idée pour rétablir la qualité de l’enseignement à l’école a-t-elle été la réforme des rythmes scolaires ? L’emploi est le meilleur moyen de s’insérer dans la société, or pourquoi la gauche abreuve-t-elle les jeunes de faux emplois avec des contrats aidés précaires au lieu de lui donner de vrais métiers ?

 

Tout simplement parce qu’on a toujours plus tendance en France à se féliciter des mesures qu’on annonce que des résultats qu’on obtient. Gouverner, c’est faire voir. François Hollande avait demandé que son mandat soit jugé sur sa capacité à redonner espoir à la jeunesse. Avec pour seul outil dans sa boîte, le contrat de générations. Pardon, mais c’est trop con. Cela a suffi pour capter cet électorat. Pas pour espérer le garder. Cette tactique de bon sens était en réalité un non-sens.

 

Un électorat perdu par la gauche et pour longtemps

 

La jeunesse n’est qu’un mot. C’est une catégorie d’âge bien utile pour celui qui veut faire de la statistique. Mais elle recouvre des réalités trop différentes et parfois bien contradictoires : il est illusoire de prétendre lui apporter une solution en bloc avec une seule mesure. Quoi de commun entre l’étudiant qui doit payer ses cours à la fac et le jeune de banlieue qui a la haine parce qu’il est discriminé ? Entre le jeune en galère sans vision d’avenir et le fils à papa qui manifeste dans les carnavals étudiants tout en ayant sa place assurée à la tête de l’entreprise familiale ?

 

La jeunesse d’aujourd’hui n’est pas la jeunesse d’hier. Elle ne ressemble à aucune de ses devancières. Elle est adulte plus tard. Dépendants financièrement de leurs parents, les jeunes sont à la fois mis devant des responsabilités que n’avaient pas leurs pères et tentés de mieux les fuir en cédant aux tentations nombreuses de la société de consommation et de l’oisiveté hyperfestive. Ah la jeunesse insouciante ! Elle n’a pas d’avenir : c’est le prétexte idéal pour ne pas avoir à le prendre en main.

 

Mais elle commence à bouger. Sur le plan politique, ce qui est nouveau chez cette génération qu’on dit souvent éloignée de la chose publique et plutôt acquise à la gauche. La jeunesse s’abstient moins. Surtout, elle est de plus en plus séduite par le Front national. Tel un miroir grossissant des doutes de la société française, la jeunesse veut prendre les choses en main avec les seuls qui semblent la lui tendre. C’est là encore la preuve que François Hollande a perdu sa jeunesse.

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 09:46

« La richesse de l’homme est son cœur »

 

Jean GIONO (1895-1970) –Écrivain français et cœur insondable

 

Manuel Valls a tout compris à la communication moderne. D’un côté il excelle dans ses rapports quotidiens avec les médias, courroie de transmission indispensable avec les français. De l’autre il est très professionnel dans sa manière de tenir un récit sur son action et sur sa personnalité. Il a compris que le faire-savoir était au moins aussi important que le savoir-faire et que l’opinion de l’électeur dépendait en bonne partie de l’image qu’un homme politique projette de lui-même. C’est pourquoi il fait attention à tout, et se contrôle en permanence pour être le plus lisse possible.

C’était sans compter quelques vidéos fâcheuses qui dénotent sérieusement avec sa stratégie du gendre idéal. Depuis qu’il est à Matignon, Manuel Valls s’attache à donner de lui l’image d’un 1er ministre républicain et responsable. Autoritaire et volontaire, visionnaire et opiniâtre dans la réforme. Ce n’est pourtant pas l’image qu’il renvoyât durant la campagne présidentielle de 2012, où comme directeur de campagne de François Hollande il fut sujet à une crise d’urticaire, mal caractérisé par des tâches rouges qui laissent un doute sur sa capacité à affronter le stress.

Manuel Valls ne supporte pas d’être traité de raciste. Les accusations de Cécile Duflot du temps où il était ministre de l’intérieur et chasseur de roms lui donnèrent certainement des boutons, tant il est cruel pour un homme de gauche de passer pour un intolérant. Ce n’est pourtant pas l’image qu’il dégage dans cette fameuse vidéo où il demande qu’il y ait plus de « white » et de « blancos » lors d’un reportage.

L’autre grande tare dont peut souffrir un homme de gauche est son rapport avec l’argent et le luxe. François Hollande vient d’en faire l’amère expérience avec les « sans-dents ». Or là aussi Manuel Valls est servi, puisque ses rapports amicaux avec DSK ne cessent de le poursuivre chaque fois que celui-ci fête son anniversaire.

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 10:09

« La femme sera vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important,

on désignera une femme incompétente »

 

Françoise GIROUD (1916-2003) – Écrivain français et féministe raisonnée  

 

C’est la pasionaria du gouvernement, une vedette inventée par les médias qui se targue d’être un symbole d’ascension sociale. Najat Vallaud-Belkacem a toujours été bonne élève. Elle monte les marches les unes après les autres et pas quatre à quatre : ministre du droit des femmes en 2012, elle est ensuite ministre fourre-tout du droit des femmes, de la jeunesse et des sports et porte-parole du gouvernement, avant de devenir ministre de l’éducation nationale. Une première pour une femme.

 

Elle est depuis victime de toutes les attaques, des plus xénophobes (la marocaine) aux plus caricaturales (l’ayatollah). Et elle montre par son indifférence que cela ne l’atteint pas. Le bonheur des autres rend toujours les autres malheureux. Or on peut être jaloux de cette ministre qui arrive au sommet alors qu’elle cumule tous les handicaps des minorités visibles : femme, jeune, d’origine immigrée. Des handicaps dont on se demande s’ils n’ont pas fini par être ses seuls et ses plus sûrs atouts.

 

Manuel Valls en a fait un symbole en la faisant applaudir à l’université d’été du PS de La Rochelle. Elle est pourtant avant tout un exemple, celui qu’on peut réussir même en étant inexpérimentée et incompétente. Najat est réputée ne pas connaitre ses dossiers. Elle n’a jamais été élue sur son nom, l’ex conseillère municipale de Lyon ayant même renoncé à se présenter aux élections législatives de 2012 de peur qu’une défaite ne lui coûte son premier poste ministériel. On dit que telle la Pompadour, elle passe sous la table pour avoir ses promotions. On ne saura jamais.  

 

Une juppette de gauche

 

Ce qui est sûr, c’est que Najat Vallaud-Belkacem arrive à l’éducation nationale sans avoir une idée de ce qu’elle veut faire. Alors elle manie la langue de bois, comme tous ceux qui n’ont rien à dire et qui ont trop peur de prendre des risques. Elle joue la politique des bons sentiments, telle une assistante sociale à l’écoute mais sans solution. Et toujours à fond la forme : le sourire et la voie douce pour faire oublier l’inintérêt de ce qu’elle raconte. C’est la féminisation de la politique, et il n’y a rien de sexiste à le dire : Christian Estrosi est tout aussi désespérant dans le genre.

 

C’est justement sur la théorie du genre que Najat Vallaud-Belkacem est attendue. Elle s’en est faite l’avocate la plus acharnée avec ses ABC de l’égalité. Une pédagogie stupide, qui veut que l’on enseigne dès le plus jeune âge aux enfants qu’il n’y a pas de différence entre les hommes et les femmes et qu’un garçon peut très bien jouer à la poupée pendant qu’une fille joue à la voiture. Comme s’il n’y avait pas assez de repères qui foutaient le camp, et qu’on puisse se permettre d’en abolir un autre. Au lieu de professer une stupide vision de l’égalité où tout le monde est identique, elle ferait mieux de servir l’égalité des chances en agissant pour que chaque enfant sorte de l’école en ayant acquis les savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter.

 

Najat Vallaud-Belkacem devra gagner sa popularité par ses propres mérites et non par ceux d’une parvenue, parvenue là seulement parce qu’on donne plus facilement à l’étranger qu’au français de peur de passer pour un raciste et qu’on fait rentrer dans un gouvernement autant de femmes que d’hommes de peur de passer pour un sexiste. Les premières vraies femmes ministres furent les « juppettes », ces femmes pot-de-fleurs du gouvernement d’Alain Juppé en 1995. On peut croire que François Hollande et Manuel Valls ont eux aussi trouvé leur juppette. Une juppette jolie.

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