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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 23:02

« Les peuples veulent l’égalité dans la liberté et s’ils ne peuvent l’obtenir,

ils la veulent encore dans l’esclavage »

 

Alexis de TOCQUEVILLE (1805-1859) – Penseur politique français et à égalité

 

 

L’égalité est aussi vitale que l’air qu’on respire. En France plus qu’ailleurs et plus que la liberté vu comme l’égalisation des conditions y est une passion collective depuis l’abolition des privilèges de 1789. Ce chiffre à lui seul est tout un programme. A la révolution, le cousin du roi Philippe d’Orléans voulait tellement plaire au peuple qu’il s’était fait baptiser Philippe Egalité. Il finira guillotiné sur l’échafaud, comme les autres. Personne n’a droit à de traitement de faveur car l’égalité des places est une croyance française. Ils sont à ce jeu plus égaux que les autres.

 

Et plus égalitaristes. L’inégalité des chances est un fait naturel et donc alors une réalité insupportable. Elle est inné puisque certains naissent plus beaux et d’autres moins grands à la naissance. Elle est acquise puisque certains deviennent plus riches et d’autres moins intelligents à la croissance. Mais le législateur s’assit dessus et impose le nivellement général. Par le bas tant il étête. C’était l’article premier de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ».

 

La droite ajoute aussi qu’ils sont égaux en devoirs, mais c’est un crime de lèse-majesté que d’oser en demander au peuple. La gauche a flairé la tactique pour que des gens différents soient quand même égaux. Elle dit que tout le monde est pareil et lutte pour qu’aucune tête ne dépasse. Elle est si messianique qu’elle n’envisage même pas faire le mal. Remettre en cause ses préjugés, ce serait remettre en question ses propres modes de vie.

 

Le bon grain et l’ivraie poussent ensemble. Il ne faut pas seulement valoriser la France qui se lève tôt car elle au moins a une espérance. Il faut au contraire aider ceux qui n’ont plus de but dans la vie et ne pas les stigmatiser. A l’inverse il est bêtement naïf de vouloir parvenir à une égalité parfaite qui serait insatisfaisante. Il faut favoriser le bonheur de tous et le bonheur de chacun. Il ne faut pas assister indéfiniment les gens avec un revenu car seul le travail donne une utilité sociale et un sens à la vie. En imposant sans condition les mêmes conditions pour tous, on instaure la dictature et on empêche le développement de l’individu au service de la société.

 

C’est une relation dialectique. L’excès de liberté nuit à l’égalité car il génère la guerre de tous contre tous. L’excès d’égalité nuit à la liberté car il entraine la guerre du tout contre tous. A trop vouloir éviter les subdivisions sociales, on instaure la solidarité factice et la fausse cohésion. A trop chercher à mettre tout le monde ex aequo, on incite à la haine de l’autre et à la haine de soi. Le rejet du riche en France, c’est autant de la jalousie à l’égard celui qui gagne plus que de la honte à l’égard de sa propre existence.

 

Le parti-pris de la droite pour les prochaines années doit être clair : les riches sont dans une situation assez confortable pour financer la solidarité avec les pauvres. Il faut juste trouver le bon curseur dans la redistribution et ne pas aller trop loin ou trop fort. Il faut baisser les dépenses sociales et apprendre à réduire les besoins individuels et collectifs. Le superflu est devenu un luxe or on se le paie avec l’argent qu’on emprunte et non celui qu’on gagne. Tout ne doit pas passer par l’Etat. Il faut faire confiance à l’homme.

 

L’individu est moral et la société est immorale. C’est ce qu’a découvert la gauche avec la pensée terranovienne qui dissout la social-démocratie dans le libéralisme. Il ne faut plus parler à l’ouvrier car les gens ne sont plus des travailleurs mais des consommateurs. Il ne faut plus parler à l’immigré car il est responsable de la montée du chômage en France. Il ne faut plus parler à l’exclu car il vote pour le Front national. Le mythe de l’égalité a du plomb dans l’aile or il meurt dans sa dimension la plus noble et la plus réaliste, celle de l’égalité de traitement.

 

La France devrait plus s’inspirer des Etats-Unis. C’est le pays de la liberté individuelle, de la démocratie politique et de la mobilité économique. Il ne clame pas l’égalité de tous car il sait qu’on ne peut assigner à l’individu un rang. Sa place se gagne tous les jours et seuls le travail et le mérite donnent la foi et la voix. « Enrichissez-vous », disaient les conservateurs libéraux. C’est par l’effort individuel de chacun que la société toute entière gagnera plus et répartira un plus gros gâteau entre toutes ses convives. C’est pourquoi il faut rejeter l’égalitarisme qui tire tout vers le bas avec ses raisonnements alambiqués. 1+1=3, mais à condition de le vouloir. Il faut inciter les gens à se battre pour mériter ce qui leur est dû.

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 23:45

« Les riches c’est fait pour être très riches et les pauvres très pauvres »

 

Louis de FUNES (1914-1983) – Humoriste français et le porte-monnaie plein

 

 

La taxe à 75% sur les millionnaires est le sparadrap du capitaine Haddock de la gauche. Inventée dans l’improvisation la plus totale pour relancer une campagne électorale en manque de propositions clivantes et de pochettes surprises, elle oblige François Hollande à faire une loi qui monte tout le pays contre 1500 riches pour prouver qu’il tient ses promesses. Initialement profitable à son image d’homme de gauche, elle est maintenant nuisible à sa posture d’homme de consensus. C’est pour cela qu’il ne compte pas la laisser en vigueur plus de deux ans.

 

C’est fou comme les français cultivent la haine du riche. Ils trouvent offensants les signes extérieurs de richesse et sont offensifs contre ceux qui gagnent bien leur vie. Ils croient indignes les rémunérations des grands patrons et sont indignés par ceux qui réussissent ce qu’ils tentent. Ils sont les premiers à faire les plaisanciers mais sont les derniers à jouer les plaisantins quand il devient question d’argent. Ils restent dans leur état initial face aux pauvres violeurs et vomissent les conflits d’initiés des riches voleurs. Ils aiment imiter l’ouvrier et adorent limiter le bourgeois.

 

L’argent est tellement inutile qu’il en devient indispensable. Bien plus qu’une ligne au palmarès de la fiche d’impôt, c’est un bien social qui unit les hommes. Par sa valeur d’échange monétaire et affective, il crée du lien et met les membres d’une même société en relation. Par son sens inné de la circulation, il fait monter et descendre les étages de l’ascenseur social. Par sa capacité à compter autant les sous qu’aux yeux des hommes, il donne une valeur aux biens et aux gens. C’est pourquoi certaines fiches de paie en forme de feuilles volantes brûlent les yeux.

 

Prétendant exprimer de la générosité aux pauvres alors qu’elle ne fait que de l’assistanat, la gauche éprouve une telle jalousie à l’égard des riches qu’elle se fait un devoir moral de leur assener toute sa rancœur avec des mesures libertaires et liberticides. La taxe à 75%, c’est juste un symbole pour montrer du doigt les grandes fortunes et pour caresser dans le sens du compte en banque l’immense unanimité des électeurs. On sait déjà qu’avec un taux aussi prohibitif, la mesure est vouée à l’inefficacité tant l’exil forcé des victimes réduira l’assiette de cet impôt.

 

C’est toujours la même chose en politique : il faut assumer l’impopularité sur le dos de quelqu’un. La droite baisse les impôts mais baisse les dépenses. La gauche augmente les impôts mais augmente les dépenses. L’une s’aliène les pauvres et s’allie aux riches. L’autre fait l’exact opposé. La solution serait pourtant au milieu et ailleurs. Avez-vous déjà remarqué que le prix du logement est plus cher à Paris qu’à Rodez, le prix du parapluie plus cher à Lille qu’à Nice et le prix de l’essence plus cher à la campagne qu’en ville ? Il faut de la solidarité entre territoires.

 

Mais les élus de tous bords ont le cœur sur la main et la main dans le portefeuille, sur la fermeture-éclair. Fiers de faire des riches des mendiants qu’ils frappent alors qu’ils sont à terre, ils n’oublient pas cependant de taper aussi sur les classes moyennes et populaires en infligeant des garbures fiscales imbuvables et indigestes. Avec l’augmentation de la TVA, le gouvernement gagnera bien plus qu’avec l’augmentation de l’ISF. Entubés bien profond, les français sont les véritables pigeonneaux dans cette affaire. Les dindons de la farce tranquille des socialistes.

 

On plaint donc à peine les patrons pigeons qui ont fini par obtenir leurs crédits d’impôt parce qu’ils sont mieux organisés à dix que les soixante millions de consommateurs qui les font vivre. Ils ont les millions et nous sommes des millions, mais ils nous prennent pour des zéros et cela n’a rien d’étonnant tant nous comptons pour part négligeable. Mais la nature de l’homme est ainsi : il a plus de respect pour les animaux victimes de la vivisection que pour les somaliens victimes de la famine. La fin de la faim peut attendre. Pas le paiement du salaire et du loyer.

 

Les riches sont devenus pauvres l’espace d’un débat politique mais ils s’en remettront. La taxe stupide à 75% est même un fier service qui leur est rendu puisqu’il faut souvent mettre les gens en difficulté pour les pousser à s’en sortir. On aide moins une personne à se prendre en main en lui rendant la vie facile qu’en lui menant la vie dure. Les millionnaires perdront de l’argent, mais bien plus se perdit en Algérie. Le plus triste dans cette affaire c’est que la seule valeur qui compte encore aux yeux des français, c’est malheureusement la valeur marchande.

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 07:31

« Avant, les événements qui se déroulaient dans le monde n’étaient pas liés entre eux.

Depuis, ils sont tous dépendants les uns des autres »

  

POLYBE (208 av. J-C-126 av. J-C) – Historien grec et firme multinationale

 

 

L’idée altermondialiste est vieille comme le monde. Presque aussi vieille que l’idée de mondialisation, qui elle-même est bien plus ancienne que ce qu’on croit et ce qu’on dit. A ceux qui pensent encore que la mondialisation est un phénomène des vingt dernières années qui a suivi la fin de la guerre froide et qui est lié au libéralisme, la lecture de cet article est vivement conseillée. Car le monde n’a pas attendu leur naissance pour commencer à vivre et à changer.

 

La première mondialisation connue est celle qu’a menée l’empire romain en colonisant tout le bassin méditerranéen au début de notre ère. Soit la terre entière pour l’époque, tant les limites du monde connu n’allaient jamais bien trop loin au-delà des mers. Des peuples jadis en guerre comme les grecs ou les égyptiens étaient soumis au même chef, le César. Cette époque bénie sera arrêtée par la décadence de la Rome antique et par les invasions barbares. Tout cela parce qu’au-delà des frontières, une bande d’Ostrogoths avait une autre vision du monde.

 

La seconde mondialisation avérée est celle qu’a subie l’Amérique lorsque les européens l’ont découverte. Elle avait toujours existé et le vieux continent se traînait depuis mille ans dans un Moyen-Âge et un âge moyen de stagnations et de maladies. En foulant les côtes du nouveau monde, Christophe Colomb ne savait sans doute pas qu’il ouvrirait là la voie à des conversions forcées à la religion catholique, au pillage des conquistadors et au massacre des civilisations inca, maya et aztèque. L’Amérique saura se replier sur elle-même avec les indépendances.

 

La mondialisation actuelle n’est donc que la troisième, et c’est déjà du réchauffé. Elle est venue du monde anglo-saxon et plus particulièrement des Etats-Unis, qui ont réussi à imposer au monde entier tout court la libéralisation des marchés et la financiarisation du capitalisme. Des vilains mots qu’utilisent aujourd’hui telles des insultes les altermondialistes qui s’inscrivent en faux contre toute accusation d’antimondialisme. Le problème, ce n’est pas qu’ils sont contre la mondialisation en général. C’est qu’ils sont contre cette mondialisation en particulier.

 

Elle est trop arrogante et trop néolibérale. Avez-vous déjà remarqué ? Sur le logo de la major Universal, le globe terrestre est centré sur l’Amérique. De telle sorte qu’on ne voit pas le reste du monde. C’est cette vision erronée et messianique que les européens tiers-mondistes ne supportent plus. Le monde n’est plus divisé en deux parties entre l’ouest et l’est, avec les non-alignés au milieu éventuellement. Il est séparé entre deux blocs, avec les riches au nord et les pauvres au sud. Entre le businessman américain et le soifard africain, il y a un monde d’écart.

 

Le problème, c’est que la France est aussi altermondialiste que la Bolivie alors qu’elle en subit certainement bien moins les désagréments. Les idéologues de bas étage qui prônent la démondialisation et la nationalisation ne savent pas que la mondialisation n’est pas coupable des délocalisations et des licenciements. La France ne peut s’en prendre qu’à elle-même si elle perd autant en compétitivité. La mondialisation est pareille partout. Il faut s’adapter et s’inspirer des autres au lieu de faire le contraire des modèles étrangers sous prétexte d’être une exception.

 

La dernière mondialisation est certainement morte avec la crise. C’est la seule qui n’est pas née d’une guerre puisque c’est même un consensus - celui de Washington - qui lui a donné naissance. Mais c’était un marché de dupes, passé entre quelques grandes puissances du G8 sans demander son avis au reste du monde. Aujourd’hui, la Chine et le G20 imposent leur loi et rien ne dit qu’elle sera plus juste. Après l’Atlantique, le Pacifique devient le centre du monde.

 

Nouveau monde ou monde nouveau, celui qui vient est parfaitement inconnu même des grands de ce monde. Alors celui-ci se prépare de nouveau à une longue période d’autarcie et de glaciation comme celles qui succèdent aux moments d’ouverture et de dégel, car l’histoire avance par cycles. On peut prévoir son avenir si on connait bien son passé. Mais on ne peut le vivre si on ne le prépare pas. On fera donc le nouveau nouveau monde qu’on voudra.

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