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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 09:39

« La vieillesse est un naufrage »

 

Charles de GAULLE (1890-1970) – Ancien président et personne âgée

 

On sait que Jacques Chirac fut dans le temps un homme à femmes. C’était aussi un homme à élections, et il compte bien le rester malgré les dégâts que l’âge a sur lui. C’est pourquoi il a corrigé sa femme Bernadette qui prétendait apporter son soutien à Nicolas Sarkozy en faisant très officiellement d’Alain Juppé son favori pour 2017. Pas d’étonnant : « le meilleur d’entre nous » a toujours été son fils préféré. Et Jacques Chirac a toujours aimé décider des élections, même quand il n’y participait pas.

 

1974. Jacques Chaban-Delmas et Valéry Giscard d’Estaing s’affrontent à droite pour une place au 2e tour. Jacques Chirac trahit le candidat gaulliste avec son appel des 43 demandant de voter pour VGE. Convaincu qu’il a un destin présidentiel par ses gourous Pierre Juillet et Marie-France Garaud, le jeune loup devient 1er ministre avant de démissionner avec fracas en 1976. Il crée le RPR et prend la Ville de Paris, qui seront les deux bases arrières indispensables à sa grande carrière politique.

1981. Première tentative et premier échec dès le 1er tour. Pourtant, Jacques Chirac va décider de l’issue du scrutin en n’appelant pas à voter explicitement pour son ennemi intime VGE. On raconte même qu’il y aurait eu un diner d’entre-deux-tours avec François Mitterrand où aurait été élaborée la cruelle stratégie. Débarrassé de son seul rival à droite, Jacques Chirac devient alors leader de l’opposition. Il sera nommé pour la deuxième fois 1er ministre en 1986 lors de la première cohabitation.

 

1988. Usé par ses deux ans avec François Mitterrand, Jacques Chirac est laminé par ce dernier au 2e tour de l’élection présidentielle. Le socialiste a été plus malin que lui, n’hésitant pas à mentir en plein débat télévisé. Bernadette dit alors que « les français n’aiment pas son mari ». Lequel s’est sabordé tout seul en refusant toute négociation avec Jean-Marie Le Pen pour obtenir un éventuel soutien du Front national. L’antiracisme et les élections de 1983 à Dreux sont passés par là.

 

1995, enfin la victoire !

 

1995. Après une traversée du désert marquée par la trahison de son ami de 30 ans Édouard Balladur, Jacques Chirac atteint enfin son graal en étant élu président de la république. Avec une campagne très à gauche sur le thème de la fracture sociale après laquelle il ne pouvait que décevoir. Grèves de 1995, dissolution manquée de 1997, 5 ans de cohabitation : il n’a rien fait de son premier mandat, et c’est pour cela que les français le trouvèrent enfin sympathique malgré toutes ses affaires.

 

2002. Où quand le vieux lion devient le dernier recours de la France par la grâce d’une qualification surprise du FN au 2e tour. Il fallait faire barrage au racisme et à l’intolérance. Quitte à voter pour un homme usé et fatigué qui avait mené cette fois une campagne complétement à droite sur le thème de l’insécurité. Sa lassitude le poursuivra, puisque son deuxième mandat sera celui d’un roi fainéant qui n’a pas fait de réformes importantes et qui fut finalement supplanté par plus jeune que lui.

 

Ce n’est pas parce que Jacques Chirac est sorti de la politique qu’il ne compte plus peser sur les élections. Il garde son mot à dire. En 2007, il appelle publiquement à voter pour Nicolas Sarkozy malgré leur haine réciproque. En 2012, il se venge de son successeur qui ne l’a guère ménagé en appelant à voter pour François Hollande. Il le regrette encore. L’humour corrézien n’a pas que du bon. Alzheimer non plus. Les français avaient encore dû le suivre. Voilà pourquoi il veut se rattraper en 2017.

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 09:14

« François, ton humour te perdra »

 

Lionel JOSPIN (1937) – Ancien Premier ministre et perdu pour la France

 

Tout le monde ne parle que de cela depuis des jours, alors pourquoi se priver ? « Merci pour ce moment », le livre ravageur de Valérie Trierweiler, fait un carton dans les librairies. Il y a de quoi : jamais une ex première dame n’avait parlé avec autant de franchise de sa vie à l’Élysée et d’un président de la république. Et surtout pas alors qu’il est en plein mandat. On a beaucoup dit que ce succès d’édition ne valait que pour ces anecdotes de salle de bain. C’est faux : l’essentiel est ailleurs.

 

Déjà il y a François Hollande chantant du Dalida dans sa bagnole. C’est bien l’un des seuls moments où il parait sympathique tant le reste de l’ouvrage nous le décrit froid, fourbe et cynique. Le seul atout que les français daignaient encore lui prêter s’envole ainsi en quelques pages. Car on découvre un François Hollande méchant, comme transformé par le pouvoir, qui fait l’inverse de ce qu’il avait promis et qui hésite constamment sur la bonne décision à prendre. Bon là, on n’est pas surpris.

 

La grande révélation du livre reste l’expression des « sans-dents », un jeu de mots douteux qui restera sûrement comme l’un des marqueurs du quinquennat. Son humour l’a perdu. Cette formule qui moque la dentition et le manque d’ambition des pauvres laisse à penser que François Hollande n’aime peut-être pas autant les gens qu’il veut bien le dire. Ce qui est rédhibitoire pour un homme de gauche, qui prétend avoir bâti son engagement politique sur la défense des plus faibles.

 

Les sans-dents, marqueur du quinquennat

 

Dire du mal de François Hollande est vraiment devenu un sport national. Surtout chez ceux qui l’ont servi, en témoignent les récents verbatims d’Aquilino Morelle, de Cécile Duflot ou d’Arnaud Montebourg. Tout le monde dit qu’il ment, au point qu’on ne peut même pas croire le contraire de ce qu’il dit. Or un président qui ment aux siens ne peut forcément que mentir aux français. Aussi bien qu’un président qui perd sa compagne ne peut forcément que perdre et faire perdre la France.  

 

Les médias ont beaucoup critiqué ce livre, souvent avec une grande violence. Pour une fois que la solidarité entre journalises n’a pas opéré. Cela n’a pas empêché les français de se précipiter sur ce brûlot, qu’ils prennent pour un témoignage de vérité. Même s’il faut sans doute manquer de jugeote pour publier un contenu aux conséquences politiques aussi lourdes, Valérie Trierweiler leur a sûrement rendu un fier service. Elle les a réhabitués à la sincérité. Merci pour ce moment.

 

On dit que ce livre va achever de désacraliser la fonction présidentielle. Pardon, mais le travail est déjà engagé depuis longtemps. Nicolas Sarkozy y a mis du sien, en abusant allégrement de sa vie privée comme argument politique. « Avec Carla c’est du sérieux », mais être président c’est aussi sérieux. D’autres ont commencé avant lui. Entre deux interviews décalées chez Yves Mourousi, François Mitterrand batifolait à droite à gauche. On retrouve encore des enfants de lui même en Suède.

 

Il faut accepter d’être critiqué si on veut un jour être encensé. François Hollande avait promis que lui président, il ne ferait pas comme Nicolas Sarkozy et aurait un comportement en tout moment exemplaire. On l’a cru sur parole et il nous a trahis dans les actes. Par sa légèreté, en ne prenant pas au sérieux les changements qu’il faut s’imposer au quotidien quand on devient président. Par son infidélité, lui qui se permettait tous les soirs de partir sans escorte en scooter tel un adolescent attardé retrouver rue du Cirque Julie Gayet alors que la rumeur courait déjà dans le Tout-Paris. Par sa méchanceté, après avoir congédié par communiqué AFP sa compagne et l’avoir livrée aux quolibets de l’opinion publique. Du coup elle s’est vengée. C’était après tout son droit. On ne se méfie jamais assez d’une femme en colère.

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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 09:37

« Le souvenir des peines passées est agréable »

 

EURIPIDE (480 av. JC – 406 av. JC) – Poète grec et mémoire vivante

 

On dit que la meilleure campagne, c’est toujours la prochaine. En tout cas ce n’est pas toujours celle qu’on gagne, tant des victoires sont parfois aussi imméritées que certaines défaites. Après avoir analysé quelques cas d’école de campagnes réussies, poursuivons cette récréation en se remémorant les campagnes les plus marquantes des principaux partis de notre échiquier politique. Des meilleures aux pires.

 

La droite républicaine a connu beaucoup de partis. De belles victoires comme les présidentielles de 1965 et 2007 et les législatives de 1968 et 1993. De belles défaites comme les européennes de 1979 et 1999 et les régionales de 2004 et 2010. La plus représentative de ses campagnes reste celle de 1995, où fidèle à sa réputation de droite la plus conne du monde elle partit divisée pour conquérir la présidence de la république avant pourtant de l’emporter par Jacques Chirac et sa machine RPR.

La gauche modérée est représentée par le PS. Un Parti socialiste qui a tout connu depuis sa création en 1971. Une élimination honteuse au 1er tour de la présidentielle en 2002 comme l’équipe de football à la coupe du monde et la SFIO en 1969. Une victoire radieuse à celle de 1981 dont la réplique en 2002 ne fut qu’une pâle copie. Une déroute historique aux législatives de 1993 avant un succès inattendu à celles de 1997. Un parti capable du pire comme du meilleur : voilà le PS comme on l’aime.

 

Le centre a longtemps été incarné par l’UDF avant que l’UDI et le Modem ne soient créés. Les victoires les plus marquantes du centre sont pourtant le fait du MRP aux élections locales de la IVe République et des républicains indépendants de VGE à la présidentielle de 1974. Un parti qui tenait dans une cabine téléphonique, ce qui a longtemps fait espérer François Bayrou comme lors de sa belle campagne en 2007. Depuis, plus rien. Le centre enchaîne les raclées et ne représente plus l’alternative.

 

Le meilleur et le pire de chaque parti

 

Les verts ont aussi quelques bons et mauvais souvenirs de campagne. Pour les faits d’armes, il faut se référer à la présidentielle de 1995 où Noël Mamère dépassa les 5 % et aux européennes de 2009 où EELV atteignit la troisième place avec ses 16 %. À part ça, les écolos sont habitués aux petits scores à l’image des derniers scrutins. Heureusement qu’ils sont meilleurs en négociations qu’en campagnes et qu’ils ont toujours la bienveillance des socialistes pour sauver leurs sièges et leurs mandats.

 

L’extrême droite en France n’a pas toujours brillé. N’était la percée des poujadistes de l’UDCA sous la IVe République, elle n’a jamais réussi avant les législatives de 1986 où le scrutin à la proportionnelle lui fit cadeau de 35 députés. Dès lors, les présidentielles s’enchaînèrent jusqu’au coup de tonnerre de 2002. Depuis, le FN a réédité l’exploit en 2012 avec son meilleur score jamais atteint dans l’exercice et aux européennes de 2014 qui en ont fait le premier parti de France. Pas mal pour une formation qui était partie avec un score embryonnaire de 0,74 % en 1974.

 

L’extrême gauche ne compte que quelques faits de gloire au milieu de nombreuses déconvenues auxquels ses militants sont habitués. Le PCF a atteint son sommet à la présidentielle de 1969 avec la troisième place de Jacques Duclos et sombré jusqu’au score famélique de Marie-Georges Buffet en 2007. Depuis LO d’Arlette Laguiller et la LCR d’Olivier Besancenot ont fait quelques coups d’éclats, qui ont annoncé le beau résultat du Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon en 2012.

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