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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 23:54

« 4, 8, 15, 16, 23, 42 »

 

Jorge GARCIA (1973) – Acteur américain et mexicain basané

 

 

Le 2 décembre est une date symbolique. Le 2 décembre 1804, Bonaparte est couronné empereur sous le nom de Napoléon. Le 2 décembre 1805, il remporte la bataille d’Austerlitz. Le 2 décembre 1851, son petit-neveu Louis-Napoléon Bonaparte prend le pouvoir par un coup d’Etat. Le 2 décembre 1852, il restaure l’empire sous le nom de Napoléon III. Cet anniversaire évoque pour le peuple de droite la légende bonapartiste et césariste. Pour le peuple de gauche le coup de force et la dictature, alors que Jean-François Copé prend l’UMP sur un coup de dés.

 

Il est bon de jouer de la mystique de son camp pour mobiliser les siens. Les décabristes noteront que le 2 décembre incarne la force du pouvoir exécutif d’un homme sur l’impuissance législative d’un groupe. Le 2 décembre 1955, Edgar Faure avait osé dissoudre l’assemblée alors qu’on ne le faisait plus depuis Mac-Mahon en 1877. En 1958, Charles De Gaulle en profitait et restaurait l’autorité présidentielle en se mettant au-dessus des partis. En ce 2 décembre de plus, c’est l’occasion de chercher d’autres 2 décembre qui comptent et qui content l’effet Méride.

 

Il y a le 9 novembre. Le 9 novembre 1799, le Général Bonaparte fait le coup d’Etat du 18 Brumaire et met fin à la révolution pour mener la France sur le toit de l’Europe en dix ans. Le 9 novembre 1970, le Général De Gaulle décède à son domicile de Colombey-les-Deux-Eglises et certains parleront d’un bal tragique. Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin tombe et l’Europe se réunit. Un certain Nicolas Sarkozy prétendra sans certitude être passé dans le coin.

 

Il y a le 14 juillet. Le 14 juillet 1789, le peuple de Paris prend la Bastille et proclame la république comme l’avaient fait les américains un jour d’indépendance le 4 juillet 1776. Le 14 juillet 1790, le peuple de France fête la fédération et clame sans le savoir qu’elle est une nation. Le 9 mai devrait aussi devenir une fête nationale pour tous les européens. En 1950 à cette date, Robert Schuman avait clamé que « l’Europe se ferait par des réalisations concrètes, créant une solidarité de fait ». Il fallait être visionnaire et il l’avait été si on s’en réfère à la crise actuelle.

 

Il y a le 18 juin. Le 18 juin 1742, le pape Benoit XIV béatifie Jeanne d’Arc. Le 18 juin 1815, la Grande Armée perd la bataille de Waterloo et ses derniers rêves de gloire. Le 18 juin 1940, le Général De Gaulle lance son célèbre et célébré appel et sonne la charge et la révolte contre l’ennemi. Le 18 juin 2011, Dominique de Villepin crée son parti République solidaire parce qu’il est parti de l’UMP et tente de récupérer l’héritage gaulliste. Il ne revient à personne.

 

Il y a le 8 mai. Le 8 mai 1945, la France sort d’une guerre tragique plus soulagée que vraiment victorieuse. Le 8 mai 1945, elle mate aussi la révolte de Sétif qui prépare sans le dire une nouvelle guerre dont elle sortira moins soulagée que vainement vaincue. Depuis, le début du mois de mai est devenu le jour de gloire des présidents élus. Le 10 mai 1981 pour François Mitterrand. Le 7 mai 1995 pour Jacques Chirac. Le 6 mai 2007 pour Nicolas Sarkozy. Le 6 mai 2012 pour François Hollande. Et au passage le jour de déboire pour les présidents déchus.

 

Il y a le 21 avril. Le 21 avril 1944, le droit de vote est accordé aux femmes. Le 21 avril 2002, les français jettent le leur à la poubelle en laissant Jean-Marie Le Pen accéder au 2ème tour. La droite a aussi eu son 21 avril avec la claque des élections régionales du 21 mars 2004. Dans la catégorie des jours sans, il y a aussi le 11 septembre. Le 11 septembre 1973, la CIA mène un coup d’Etat contre le régime chilien de Salvador Allende. Le 11 septembre 2001, Al Qaeda réalise un autre type d’attentat en catapultant les tours du World Trade Center. Bloody Day.

 

Tout est dans les chiffres, et rien n’est dû au hasard. Le blog que vous lisez est marqué du sceau de la numérologie. Le 27 janvier 2012, Carbone 12 le crée à 100 jours jour pour jour de l’élection du président de la république. Le 24 août 2012, il lance l’opération reconquête afin de soutenir la candidature victorieuse de Jean-François Copé à la tête de l’UMP. Le 10 décembre 2012, il lancera la campagne de refondation de l’UMP. Elle en a bien besoin.   

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 23:08

« La mort d’un homme est une tragédie.

La mort d’un million d’hommes est une statistique »

 

Joseph STALINE (1879-1953) – Dictateur soviétique et mauvais en dictée

 

  

La gauche connait sa révolution copernicienne. Le rapport Gallois l’a obligée à lancer le choc de compétitivité que l’Allemagne espérait tant pour ne pas avoir à payer notre dette. La baisse du coût du travail est devenue la pensée unique et inique tant elle est saluée par tout le monde. Le crédit d’impôt de 20 milliards d’euros aux entreprises payé par la fiscalité écolo et la baisse des dépenses rend les artisans jaloux. La TVA socialiste à 20% peine à se démarquer de la TVA sociale à 21,6% abrogée en octobre. Et si Nicolas Sarkozy avait eu finalement raison…

 

Cette ultime volte-face est une capitulation politique. Durant sa rase campagne, François Hollande avait affirmé que l’augmentation de la TVA était « inopportune, injuste, infondée et improvisée ». Voilà une déclaration inappropriée, injustifiable, mal informée et imprévisible. La gauche n’avait d’autre solution que d’augmenter la CSG pour soutenir son gaspillage organisé. Or taxer la consommation rapporte plus que de taxer le travail, puisque les français sont bien meilleurs dans l’un que dans l’autre. Alors le gouvernement a repris de volée l’idée de la droite.

 

Le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg peine à relever le niveau. Il convertit le redressement dans la justice en redressement judiciaire vus tous les dépôts de bilan et autres plans de licenciement qu’il a regardé passer depuis qu’il est aux affaires. Fralib, Doux, PSA, Sanofi : il ne peut rien y faire car il est un pompier sans eau et une valise sans poignée. Un ministre sans portefeuille : comme le ministère de l’industrie à l’époque, son administration est créée de toutes pièces sans cohérence. Or il est moins coureur de fond que coureur de jupons.

 

Sa fameuse copine Audrey Pulvar l’a quitté pour ses infidélités et elle était sa meilleure vendeuse. Mais il tient bien le choc et reste toujours aussi débordant et tonitruant. Impayable et impayé, il passe pour un poids lourd du gouvernement seulement parce qu’il en est l’élément le plus actif et qu’il cultive à la manière d’un Manuel Valls le don d’ubiquité. Il est pourtant miné, mineur et minable. Il fait de la politique surtout parce qu’il aime être dans les médias et passer à la télé. Sa couverture en marinière, c’est sa « une » de Gala à lui. Il aime mouiller la chemise.

 

Arnaud Montebourg, c’est l’homme d’acier. Pour son mental de fer, toujours prompt à envisager la révolution alors qu’il est seul et n’a même pas de régiment pour renverser l’ancien régime. Pour son côté stalinien, souvent prêt à compenser son manque d’inspiration et de génie par de bonnes vieilles recettes communistes. Pour sa guerre larvée avec Mittal, le géant mondial de l’acier qu’il veut mettre au pas en montrant de quel métal il se chauffe. Pour restaurer le rôle de l’Etat dans l’industrie, il prend des risques et ne prend pas de gants. Mais il va vite rouiller.

 

La méthode dure et ferme déjà employée sans succès par Nicolas Sarkozy a ses limites. A Gandrange ou à Florange, le discours anti-patron et la menace de sanctions ne font plus peur. Mittal promet toujours d’investir alors qu’il est criblé de dettes et que ses carnets de commande sont vides. Quand il reçoit des leçons de l’Etat, c’est un peu comme si un alcoolique conseillait un drogué ou si un estropié aidait un aveugle à marcher. L’hôpital se fout de la clinique, et les socialistes critiquent la famille Peugeot. Or ils n’ont gagné qu’à un concours de circonstances.

 

Bientôt les entreprises étrangères ne voudront plus venir en France et même le groupe russe pressenti pour racheter Florange à l’Etat pourrait se décourager. Avec la nationalisation du site mosellan, le gouvernement exproprie et extorque dans l’acquiescement général. Le signe que personne n’a jamais réellement accepté qu’un groupe indien ose racheter Arcelor. Le mot de « nationalisation » ne laisse guère de doute sur la motivation vaguement liée au patriotisme économique de cette nouvelle fulgurance montebourgeoise. Appelez-le Jean d’Arc, car il boute.

 

Mais en cette période de tour du monde et de Pot-au-Noir, les français ne tarderont pas à découvrir le pot-au-rose et à sortir des 40èmes réjouissants. La défense désespérée des usines en perdition ne fait pas une politique industrielle. Là où les Etats-Unis montent des filières qui innovent et où la Corée du Sud aide des champions qui rénovent, la France en reste toujours à son rance soutien aux secteurs du passé et tourne le dos à son avenir. Arnaud Montebourg est un ministre en plomb mais il n’est pas plus mauvais qu’un autre. A condition de trouver l’autre.

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 23:10

« Un compromis fait un bon parapluie, mais un mauvais toit »

 

Robert LOWELL (1917-1977) – Poète américain et engagé par ses promesses

 

 

Parmi les innombrables couacs du gouvernement, les malheurs de Cécile sont en bonne place. La ministre du logement Cécile Duflot a vu un bon nombre de ses décisions recalées ces derniers jours. Il y avait le projet de taxation progressive de la consommation de gaz, invalidé par le Conseil constitutionnel. Il y a la loi de programmation sur l’énergie, rejetée par le Sénat. Il y aura le décret de réquisition forcée des logements vides, digne d’un régime communiste.

 

La gauche n’a pas du tout le bon logiciel pour affronter la crise. Elle est restée bloquée sur son programme des années 1980 qui datait déjà des années 1950. Elle croit aider les classes populaires à payer moins cher la facture de gaz en transvasant l’impôt progressif, or elle favorise les classes moyennes qui seules ont les moyens d’isoler leur logement pour en améliorer les performances énergétiques. C’est la gauche bête. Elle croit bien faire or c’est de la fausse vertu.

 

On ne rappellera pas l’indécence de ses promesses de campagne pour ne pas souligner le gouffre qui les sépare de la réalité. En obligeant les communes à faire 20% de logement social et les particuliers à faire occuper leurs baraques, elle aggrave le problème qui ne se résoudra pas par la simple vente des terrains de l’Etat. Avec la trêve hivernale qui légitime par la loi l’impayé et la taxe d’habitation qui augmente, elle prend la mauvaise direction sur la voie de la solution.

 

Invisible à l’œil nu, le recul de la politique du logement est pourtant bien réel malgré la volonté affichée d’attribuer à tous les SDF une bicoque cet hiver dans les logements vides des méchants bailleurs. On en baille presque tant un tel dispositif est à 100 kilomètres de faire une politique. Le logement est avant tout un marché avec une offre et une demande. Il faut donc augmenter l’offre en incitant les propriétaires à louer alors que la loi les en dissuade tant. Il faut donc arrêter de nourrir artificiellement la hausse des prix en reversant des aides aux loyers qui vont directement dans la poche du propriétaire. Mais la gauche ne loue pas de telles initiatives.

 

C’est troublant qu’un gouvernement accorde si peu d’intérêt à la question de la précarité alors qu’il s’en arroge tant le monopole. Mais il a tout raté en favorisant la construction de HLM et de grands ensembles. Le logement collectif social a divisé la ville en deux, entre des quartiers vivants à l’aise et des quartiers populaires à l’écart. Là aussi une réflexion bête puisque la gauche a cru résoudre la crise du logement en en construisant. Or les gens ne veulent pas seulement un toit et être à l’abri. Le toit n’est qu’un moyen de se mettre à l’abri, du besoin.

 

La droite préconise une politique du logement qui voit plus loin, plus haut et plus vrai. Elle considère que le logement ne suffit pas à lui seul et qu’il faut y ajouter des zones d’emploi et des espaces de loisir. L’habitat n’est rien sans les commerces, les transports et les services publics qui les entourent. Il faut mettre de la culture pour attirer les gens. Il faut créer des zones franches pour allier et concilier propriété privée et logement social. Il faut inciter les locataires à vivre à côté et ensemble pour introduire de la mixité dans les villes. Il faut sortir du cadre.

 

La droite préconise une politique de l’habitat qui soit moins dure, moins rude et moins bête. Il faut promouvoir le bâti durable et les techniques qui récupèrent la fraîcheur du dehors en été et conservent la chaleur du dedans en hiver. La climatisation et le chauffage sont les pires ennemis de l’environnement et du portefeuille. Mais la laine de verre a un prix pour les plus pauvres qui habitent les maisons les plus vieilles. Ils n’ont pas les moyens de rénover leur cheminée non conforme à la réglementation écologiste. Eux aussi méritent une trêve hivernale.

 

C’est le signal qu’a envoyé le PCF, minorité dans la majorité, en s’alliant à l’UMP au sénat pour repousser la loi de la ministre pénalisait sans même s’en apercevoir les pauvres néo-résidents qui venaient à peine de finir de payer leurs nuits d’hôtels dans la voiture. Les riches paieront moins car ils étaleront leur électricité entre la résidence principale et leurs résidences secondaires. Mais Cécile Duflot l’ignore, en ministre d’été plus que ministre d’Etat qu’elle est.

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