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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 23:01

« La route est droite, mais la pente est raide »

 

Jean-Pierre RAFFARIN (1948) – Ancien 1er ministre et aphoriste euphorisant

 

 

Le centre revit et se prend à rêver. Il a un nouveau parti avec l’UDI. Il a un nouveau challenge avec la chute de l’UMP. Il a un nouveau leader avec Jean-Louis Borloo. L’ancien ministre a déjà commencé à occuper le terrain. Il a amusé la galerie avec son sketch sur Jean-Marc Ayrault, ce zéro qui n’est pas un héros. Il a occupé les médias avec la création officielle en grande pompe de ce sigle à trois lettres de plus, que certains seront libres de considérer comme de trop. Il a promis que cette nouvelle formation sauverait la France, rien que ça.

 

L’UDI est un OPNI, comprendre un objet politique non identifié. Ce n’est pas un vrai parti, puisque ses membres continuent d’appartenir à leurs formations d’origine des radicaux ou du Nouveau Centre. Ce n’est pas qu’un groupe parlementaire, puisque ses créateurs sont allés un peu plus loin que la simple idée qui avait prévalu de rassembler les derniers députés de la famille centriste. C’est un peu tout à la fois : un groupe de réflexion, un club de notables, une machine électorale, un désert à militants et un prétexte à subventions. Hélas c’est là qu’est l’os !

 

L’UDI aimerait jouer dans la cour des grands et contester le leadership de la droite et du centre droit à une UMP qu’on croit en déclin. A tort. La tendance centrifuge du mastodonte de l’ex majorité a seulement pris une pause. Elle reprendra bien assez tôt, avant que la guerre des droites n’ait lieu. L’UDI aimerait aussi éradiquer la suprématie du centre au Modem ou du moins ce qu’il en reste. François Bayrou n’a même pas peur. Il sait ce qu’il faut endurer pour faire vivre et durer un parti et a d’entrée compris que les arrivistes avaient mal ficelé leur affaire. L’UDI a de l’ambition et voudrait bien réussir. Elle n’est vraiment pas du tout sûre d’y arriver.

 

Jean-Louis Borloo n’en est pas à un revirement d’opinion près. Celui qu’on a connu fidèle ministre de droite de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy s’est rebellé le jour où François Fillon lui a pris sa place de 1er ministre qu’il convoitait en 2010. Depuis, il a gelé sa cotisation à l’UMP et même failli se présenter aux élections présidentielles de 2012. Failli. Tout Borloo est là. Il voudrait bien franchir le Rubicon, mais sans aller jusqu’à l’autre côté de la rive. C’est un navigateur flâneur, peu intéressé par la polémique politicienne et la conflictualité conceptuelle.

 

Il est sans voix. Certains annoncent une guerre à trois entre les espoirs de la génération 2000 Jean-François Copé, François Fillon et Jean-Louis Borloo. Or celui-ci s’est déjà mis hors course en allant concourir avec les centristes qui n’auront même pas envie de se chamailler avec lui. Cet homme au demeurant très tolérant, ouvert et jovial n’est pas un porte-parole ou un tribun de la plèbe. Il écoute plus qu’il ne parle et ne porte le radicalisme que sur le nom de son parti. Il n’a aucun sujet de prédilection et n’aura pas aussi souvent le micro des médias qu’en ce moment dans les années qui viennent. Pour être une épine dans le pied de l’UMP, il aurait fallu qu’il ait un tempérament plus entreprenant alors qu’il n’a toujours été qu’un homme de coups.

 

Il est sans voie. Radical le jour et centriste la nuit, cela importe peu puisque les français ne font pas la différence entre ces mouvements sans idéologie ni programme. Ils ne scrutent pas l’échelle de Richter du centre. En animal politique en semi-liberté, Jean-Louis Borloo est parti en éclaireur dans cette aventure sans savoir où elle le mènerait. Il va vite être mis au courant. En 2002, l’UMP avait imité l’exemple du PP espagnol pour être un parti de droite rassembleur et populaire. En 2012, l’UDI suit le modèle de l’UDC ibère pour être un groupe démocratique et uni. C’est une erreur car le système français est par nature multipartisan. C’est là qu’on voit que Jean-Louis Borloo s’est engagé sans phare ni lumière sur une route qu’il ne connaissait pas.

 

Il n’y aura pas de deuxième, de troisième ou de quatrième force. Seulement un homme incapable de mener une ambition à son terme, maire de Valenciennes remarqué et ministre du logement responsable du désastre de la maison à 100000€. Si l’homme est à l’image de sa coiffure, alors on peut dire que Jean-Louis Borloo est quelqu’un désordonné voire bordélique. Borloodique même. Son hygiène personnelle n’est pas au-dessus de tout soupçon et sa propre propreté est en dessous de tout tant il arbore mal les cheveux gras en bataille. Il n’est pas méchant et est même très sympathique. Mais ce n’est pas quelqu’un d’hypersophistiqué.

 

Les mauvaises langues se délient et supputent qu’il boit, pour l’associer gratuitement à Gérard Schivardi. Certes l’alcool désinhibe la pudeur, mais elle nuit quand même gravement aux capacités cérébrales. Il ne faut pas être trop dur avec Jean-Louis Borloo. Tout le monde a le droit de s’égarer un peu sur les chemins de traverse, or il sera comme d’habitude d’une aide utile à défaut d’être précieuse quand le temps des élections sera venu. En 2007, il avait déjà fait durer inutilement le suspense avant de déclarer sans surprise son soutien à Nicolas Sarkozy. Il ne faut donc pas insulter l’avenir comme cela vient d’être fait à longueur d’article, car il pourrait ressembler étrangement au passé. Ou pas. Comme Jean-Louis Borloo, qui pourrait très bien y aller et être candidat pour sa nouvelle danseuse centriste… ou pas.

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 23:08

« Le temps du monde fini commence »

 

Paul VALERY (1871-1945) – Ecrivain français et pas particulièrement optimiste

 

 

Allô le monde ! La situation internationale est désespérée et désespérante. Elle ne peut que s’améliorer. Le monde comme il va n’a plus de leader. Les Etats-Unis ne jouent plus les gendarmes et leur puissance est devenue impuissante. L’ONU ne police rien et son conseil de sécurité laisse faire la pagaille. La Chine et la Russie font bloc et menacent de leur veto toute intervention en Syrie. La France n’est guère à la hauteur dans ce concert sans chef d’orchestre. François Hollande n’a su que réclamer des droits aux homosexuels qu’il ne crée pas lui-même.

 

Tout le monde est farouchement partisan de la paix dans le monde. Il faut juste savoir la faire. Faites l’amour, pas la guerre. Ou aucun des deux. Jamais il n’y a eu autant de conflits que depuis la fin de la guerre froide. Il n’y a plus de grandes guerres, seulement des petites guérillas périphériques et localisées que les médias en mal d’images spectaculaires couvrent assidument. Les Etats font la guerre et les guerres font les Etats, mais la violence n’est plus leur monopole. Les terroristes s’y mettent aussi, et sèment la terreur avec la croisade moderne du Djihad islamique. Il faudrait interdire aux religions de faire de la politique militante et militaire.

 

Les tensions au Moyen-Orient l’illustrent plus que tout. Israël ne veut pas de la création de la Palestine alors qu’elle lui a pris sa place. L’Etat juif colonise les enclaves arabes éparpillées aux quatre coins de la région pour qu’elles n’aient jamais accès à l’eau et à Jérusalem. L’Iran menace avec la bombe et Benyamin Netanyahou le prend au sérieux et devient agressif. La violence ne résout rien, mais la moindre goutte d’eau peut mettre le feu aux poudres dans cette région. Or ni les Etats-Unis ni l’Europe n’ont la solution ou l’envie d’arriver à une solution.

 

Les révolutions au Maghreb ont eu des effets tout autour. La Syrie est en guerre civile et nuit à la stabilité du fragile Liban. Sans compter que les calvinistes séfarades s’en prennent aux intégristes taoïstes, eux-mêmes en guerre contre les alaouites sunnites dans la quatrième intifada menée par les chiites luthériens contre les mormons kurdes. Allez comprendre quelque chose là-dedans ! L’Afrique devient aussi une poudrière avec Aqmi qui sévit au Mali et les rebelles qui contrôlent la Mauritanie. Elle n’avait pas besoin de ça. Outre les dictatures de toujours en RDC et au Zimbabwe, des pays comme le Gabon et le Soudan peinent à accéder à la démocratie.

 

Les tensions entre voisins font désordre et des dégâts. Les deux Corées menacent à tout moment de s’étriper et ce ne sont pas la Chine et le Japon qui montrent l’exemple. En vertu du consensus de Pékin, la Chine laisse prospérer économiquement les pays en développement qui revendiquent le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Or elle contrôle tout. Ce n’est plus le cas des Etats-Unis. Le chaos au Pakistan et en Afghanistan le prouve, pour revenir au monde arabo-musulman (arabo ?). Sinon, Oussama Ben Laden ne serait pas resté caché si longtemps.

 

L’Afghanistan est un nouveau Viet Nam pour l’armée américaine. Ou tout simplement un nouvel Afghanistan, puisque les anglais et les soviétiques s’y étaient déjà cassées les dents par le passé. Les GI’s vont se retirer et le pays n’aura été ni pacifié, ni civilisé, ni démocratisé. Cela prouve que la guerre devient inefficace dans les petites contrées tant les peuples ont les moyens de se défendre quand ils sont bien organisés, même contre les grandes puissances. Pendant ce temps, les français n’ont même pas eu la force d’attendre : ils se retireront à la fin de l’année.

 

Isabelle ne répond plus. Il aurait fallu agir plus avant, mais c’était pour l’année dernière et les délais sont passés. A croire qu’il n’y a plus que la France et l’Irak qui se laissent envahir. Le monde paie dix ans d’erreurs stratégiques après la fausse guerre contre le fondamentalisme musulman. Il est victime de l’absence de diplomatie dégourdie, qui résout les problèmes après avoir eu le courage de s’y attaquer. Les révolutions de palais ont surpassé la diplomatie du ping pong qui faisait jadis s’entendre même les pires ennemis car les sujets étaient d’importance.

 

Ils ne le sont pas moins aujourd’hui. Ce sont juste les acteurs qui sont trois tons en dessous. On peut regretter amèrement que le ticket Sarkozy-Juppé n’ait pas été reconduit pour mener la politique étrangère de la France, tant ses succès en Géorgie et en Libye avaient pu marquer les esprits. Car à part que Bachar Al-Assad ne mériterait pas d’être sur terre, Laurent Fabius n’a pas dit grand-chose. Il n’a pas de vision pour le monde et le laisse aller et foncer à toute vitesse dans le précipice, ce fossé qu’on redoutait tant du temps où on croyait que la terre était plate. Il manque un patron, une stratégie et une volonté. Qui saura les incarner ?

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 22:03

« Oh ça Blaireau, je m’y engage »

 

Pierre MONDY (1925-2012) – Acteur français et bien mal engagé

  

 

D’après vous, la France est-elle aujourd’hui dans une meilleure situation qu’il y a un an ? Ou pensez-vous aussi plutôt que le pays n’a pas progressé d’un centimètre depuis les belles promesses du candidat socialiste ? François Hollande était arrivé avec un bien beau programme aux élections présidentielles. Ses 60 engagements, il les a déclinés comme autant de fausses promesses lors de son numéro de « Moi je, Moi Je » un soir de débat télévisé. A notre tour de le décliner au regard de son bilan, pour montrer la flagrance de son niveau d’impréparation.

 

Sa première proposition était de « redresser la France ». A l’engagement n°3, il clamait qu’il « favoriserait la production et l’emploi en France ». Certainement du comique involontaire tant il a fait le contraire depuis le début de son mandat en tuant la compétitivité des entreprises. A l’engagement n°9, il certifiait qu’il « rétablirait l’équilibre budgétaire en fin de mandat ». Qu’on le pardonne s’il ne sait pas compter, mais ses prévisions de croissance sont aberrantes et atterrantes. A l’engagement n°11, il jurait qu’il « proposerait un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance à nos partenaires européens ». Chou blanc. Caramba, encore raté.

 

Il croit que les choses iront mieux en 2013. Pour cela, il faudrait que Flamby flambe un peu plus et cesse de se contenter d’être le concierge de la France. Il faudrait mener de vraies réformes de structure pour encourager le travail et réduire les dépenses. Qu’on ne compte pas sur Mollande pour le faire. Annoncé en nouveau Roosevelt, c’est bien le père Queuille que les français ont élu en mai. Il a prévu de ne rien faire. Et il ne fera rien. Tartuffe est un imposteur.

 

Sa deuxième proposition était de « rétablir la justice ». A l’engagement n°14, il imaginait que « la contribution de chacun serait rendue plus équitable ». Mais sa grande réforme fiscale ne remet rien à plat si ce n’est la France, matraquée par tant d’impôts. A l’engagement n°20, il claironnait qu’il « sécuriserait l’accès aux soins de tous les français ». Si l’on en juge par l’accès aux maternités, l’échec est cuisant. A l’engagement n°24, il croyait qu’il « lutterait contre la précarité ». Au moins il ne l’a fait croire à personne, car sous son règne seules les classes moyennes prospèrent.

 

Il annonce un changement de cap. Si tôt dans le mandat, c’est presque une démission. Le président - ça fait mal au clavier de l’écrire - pourrait certainement user de son discernement s’il n’était pas tant prisonnier de ses slogans de campagne. Mais avec la taxe à 75% sur les riches et la guerre au monde de la finance, il s’est condamné à faire la cour à Jean-Luc Mélenchon au lieu d’être un peu moins patapouf. Il n’aime pas le courage, et le courage ne l’aime pas.

 

Sa troisième proposition était de « redonner espoir aux nouvelles générations ». A l’engagement n°33, il disait qu’il « proposerait un contrat de génération ». Belle idée de garder les vieux pour qu’ils apprennent leur métier aux jeunes recrues, mais sur le papier à musique seulement. A l’engagement n°36, il garantissait qu’il « créerait en cinq ans 60000 postes supplémentaires dans l’éducation ». Avec nos sous, sous-entendu. A l’engagement n°41, il sifflait qu’il « engagerait la réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% ». Les objectifs chiffrés sont toujours risqués et celui-ci devrait le poursuivre jusqu’à la fin de son quinquennat tant ses ministres ont déjà insinué qu’ils y avaient plus ou moins renoncé.

 

Il croit toujours qu’il s’adaptera. Or les français se sont fait couillonner par les attrapes de la farce tranquille. L’opposition nourrit un tir groupé de commentaires assassins contre son inaptitude après avoir fait pire au pouvoir. La démocratie c’est triste : le futur c’est toujours le prochain et guère mieux. Voilà comment sont les choses et voilà comment je les ai racontées.

 

Sa quatrième proposition était de « vouloir une république exemplaire et une France qui fasse entendre sa voix ». A l’engagement n°50, il affirmait qu’il « accorderait le droit de vote aux élections locales aux étrangers ». C’est irresponsable, mais il n’a pas l’air pressé de le faire. A l’engagement n°52, il mentait qu’il « mettrait en œuvre une nouvelle sécurité de proximité ». Comme le commerce du même nom, et les voyous font payer le service après-vente à la police. A l’engagement n°54, il promettait qu’il « engagerait une nouvelle étape de la décentralisation ». Eh bien on n’est pas arrivé, les gars. Le changement c’est maintenant, mais c’est si navrant.

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