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30 janvier :

 

Il y a certains bons mots qui sont de mauvais goût... Pour justifier la présence de sa fille Marine à un bal de supposés néonazis dans le cadre des commémorations du jour de la libération du camp d'Auschwitz, Jean-Marie Le Pen n'a pas trouvé mieux à dire que : "C'était Strauss, sans Kahn". Un coutumier du fait, lui qui s'était déjà amusé autour du calembour "Durafour crématoire"...

 

2 février :

 

C'est ce qui s'appelle avoir la gueule enfarinée... François Hollande a hier été victime d'une agression à la farine par une femme mal-logée qui voulait protester contre sa situation. Les entarteurs innovent. Un épisode qui met sérieusement en doute la qualité de la sécurité des candidats, mais aussi leur capacité à communier avec le public, demandez à Nicolas Sarkozy...

 

3 février :

 

Cécile Duflot est certainement l'une de politiques les plus doués sur Twitter, réseau social qui consiste à décrire ce que l'on fait avec des messages de moins de 140 caractères. Sauf quand elle se met à traiter un journaliste de connard, mais il faut dire qu'il l'avait bien cherché, la traitant de "tête à claque" au "regard bovin". Le "Casse-toi pauvre con" a fait des émules, mais les petites phrases deviennent de plus en plus petites.

 

4 février :

 

L'URSS de Staline organisait souvent pour les besoins de sa propagande à destination des visiteurs étrangers de fausses mises en scène d'ouvriers heureux de travailler dans leurs usines. Stakhanoviste à sa manière, Nicolas Sarkozy est lui-même accusé d'avoir fait jouer des figurants lors de sa visite dans une usine de l'Essonne. Et ce ne serait pas apparemment pas la première fois que le président a recours à des performances d'acteurs. On verra si le 6 mai il aura le beau rôle ou s'il fera de la figuration.

 

6 février :

 

Décidément, Claude Guéant en rajoute. En déclarant ce week end que « toutes les civilisations ne se valent pas », il a de nouveau provoqué une levée de boucliers à gauche, où on l’a accusé de racisme et de draguer dans les eaux du FN. Même si la gauche n’est pas toujours exempte de tout reproche, il faut dire que le ministre de l’Intérieur nous a trop habitués à des propos nauséabonds pour qu’on ne le soupçonne pas d’avoir quelques arrière-pensées électoralistes.

 

7 février : 

 

Tout le monde a été ému par l'émeute dans un stade de foot égyptien qui a fait 74 morts et qui aurait été organisée par le pouvoir militaire. Fort heureusement, on n'en est pas encore là en France. Ce sont donc nos hommes politiques qui essaient de rajouter du tragique. Au soir du France-Irlande qui en 2009 donnait une piteuse qualification à notre équipe, Roselyne Bachelot déclarait : "Mes sentiments sont mitigés entre un lâche soulagement et une grande inquiétude". Pour mémoire, voici la célèbre de phrase de Léon Blum après les accords de Munich de 1938 qui donnaient en pâture la Tchécoslovaquie à Hitler : "Je me sens partagé entre un sentiment de lâche soulagement et la honte".

 

8 février : 

 

La polémique autour de Claude Guéant n'en finit pas. En accusant le ministre de l'Intérieur de flirter avec la nazisme, le député Serge Létchimy a provoqué le départ des membres du gouvernement et des députés de la majorité des bancs de l'assemblée. Ce qui donne l'occasion de se remémorer certains bons moments : Michel Rocard taclant "les factieux de l'opposition", Lionel Jospin fustigeant "les antidreyfusards", Dominique de Villepin attaquant "la lâcheté" de François Hollande, ou plus récemment François Baroin dénonçant les "effractions" du PS. A force de banaliser les mots qui ont du sens, on finit par banaliser les réalités qu'ils représentent.

 

9 février : 

 

Le voyage de Marine Le Pen à la Réunion aura été mouvementé, se terminant par une rocambolesque course-poursuite entre des manifestants anti-extrême droite et la voiture de la candidate. Mais il arrive souvent que les candidats à l'élection présidentielle soient chahutés. En 1974, François Mitterrand était agressé par des militants manifestant contre l'extension d'un camp militaire au Larzac. En 2002, Jacques Chirac se prenait des crachats lors de sa visite en banlieue à Mantes-la-Jolie.

 

11 février : 

 

Carton rouge aujourd'hui aux tenants de la gouvernance par anticipation. Que ce soit Nicolas Sarkozy, qui met sur la table des propositions de loi qui ne pourraient entrer en vigueur qu'après les élections. Manière un peu grossière de nous forcer la main. Ou François Hollande, qui répond "on verra" à toutes les questions polémiques sur lesquelles on lui demande de trancher, la dernière sur la réforme des 500 signatures. Manière un peu grossière de ne pas mettre sa main à couper.

 

13 février : 

 

Quand François Fillon dit que la campagne pourrait se jouer dans les trois dernières semaines, il n'a pas entièrement tort. Il y a en effet beaucoup d'indécis qui font leur choix dans les derniers moments. Et même dans les trois derniers jours. Rappelez-vous en 2002, un reportage de TF1 du 18 avril sur un papi agressé surfe sur la vague du débat sur l'insécurité, et Le Pen accède au 2ème tour. En 2009, les verts signent un score historique aux élections européennes après que France 2 eut diffusé deux jours avant le scrutin le film "Home" de Yann Arthus-Bertrand sur les conséquences du réchauffement climatique.

 

14 février : 

 

Encore un cas d'absentéisme des députés à l'assemblée nationale. Hier, c'était les députés UMP qui faisaient l'école buissonière à l'occasion du premier examen de la loi qui doit mettre en place la TVA sociale, projet-phare de la campagne sarkozyste. Au mieux une manière subtile de montrer leur désaccord avec le projet présidentiel, au pire un manque coupable de rigueur. Or ce n'est pas la 1ère fois que le parti majoritaire se fait prendre en défaut sur un terrain où il est pourtant censé gagner tous les votes, souvenez-vous de l'épisode tragi-comique des socialistes cachés derrière les rideaux lors de l'examen du projet de loi Hadopi. Pas très sérieux à quatre mois des élections législatives.

 

15 février : 

 

Personne ne l'a noté, mais le retrait de la candidature de Christine Boutin hier réduit encore la part de femmes présentes à cette élection. Ainsi il ne reste plus que Marine Le Pen, Eva Joly, Corinne Lepage et Nathalie Arthaud. Pas mal certes, car quatre femmes candidates, c'est autant qu'en 2002 et 2007, et bien plus qu'il y a une trentaine d'années. Mais c'est encore certainement un peu faible pour les partisans de la parité, sachant qu'en plus à la fin c'est toujours un homme qui gagne.

 

16 février : 

 

C'était le dérapage de trop pour le député UMP Christian Vanneste. Après avoir remis en doute la déportation d'homosexuels durant la 2ème guerre mondiale, celui-ci s'est vu retirer son investiture aux élections législatives et exclure de son parti. Procédés un peu staliniens, mais l'homme est un coutumier du fait, ayant déjà dérapé en d'autres occasions et notamment lors du débat sur le mariage gay en janvier dernier. 

 

17 février : 

   

Il fallait s'en douter, mais la publication de l'affiche de campagne de Nicolas Sarkozy a fait des heureux sur le net. On peut en effet y trouver une pluie de parodies plus ou moins incisives, mais toujours drôles. Il faut dire que la classe politique leur facilite le travail, notamment avec cette analogie du capitaine de navire et du Costa Concordia qui est en train de transformer la campagne en une véritable croisière.

 

19 février :

 

Le voyeurisme ce n'est pas bien, mais parfois c'est marrant. A l'image de la photo qui fait le buzz en ce moment, celle de François Hollande avec la braguette légèrement ouverte. Tout le monde a sauté sur l'occasion. Pauvres de nous.

 

21 février : 

 

On s'y attendait : Dominique Strauss-Kahn vient d'être placé en garde à vue pour proxénétisme et abus de biens sociaux dans l'affaire du Carlton de Lille. Un affaire de plus qui elle pourrait vraiment le mettre en danger. Et l'on attend toujours les réactions des principaux dirigeants du PS, qui avaient bien botté en touche lors des affaires Tristane Banon et du Sofitel de Manhattan. Là encore, la fameuse présomption d'innocence sera la porte de sortie idéale. 

 

22 février : 

 

Coup de gueule aujourd'hui sur le gouvernement au fil de l'eau. Il y a des élections, alors faisons voter la TVA sociale ! Il faut séduire l'électorat centriste, alors proposons d'instaurer une dose de proportionnelle aux législatives, et pourquoi à celles qui ont lieu dans trois mois ! La règle des 500 signatures ne convient pas à tout le monde, alors tentons à tout prix de changer cette règle du jeu, plutôt que de se remettre en question soi-même ! Et pourtant, tout le monde parlera d'intérêt général, d'homme d'Etat et de vision à long terme de l'avenir de la France.  

 

23 février :

 

Petite gueulante sur les excuses de Nicolas Sarkozy à propos de la fameuse soirée du Fouquet's du 6 mai 2007. C'est quand même un peu facile de faire son mea culpa juste parce que dans deux mois il y a des élections présidentielles, et surtout en regrettant les conséquences médiatiques de ce dîner et non l'acte en lui-même. Des excuses maladroites et bafouillées qui rappellent celles de Lionel Jospin en 2002 sur l'âge de Jacques Chirac, avec son fameux "ça n'est pas moi". 

 

24 février : 

 

Enfin du sport dans cette campagne. Le duel promettait de faire des étincelles entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, ce fut un vrai combat de catch, un "pugilat" comme dirait François Hollande. Et pourtant, le combat n'a pas eu lieu, Marine Le Pen ayant refuser le débat, chose à laquelle était plutôt habituée normalement à subir la famille Le Pen. En tout cas, cela a rappelé les grandes heures de la boxe politique à la télévision, mais pas sûr qu'on y gagne en qualité.

 

26 février : 

 

Le ton monte et les nerfs craquent. A l'image de ce débat entre Henri Guaino et le socialiste Jérôme Guedj. Le second n'arrête pas de parler, mais ce n'est pas une raison pour s'emporter autant pour le premier.

 

27 février : 

 

Les suites du faux débat Mélenchon-Le Pen. Après le forfait de Marine et les fanfaronades de Jean-Luc, c'est Jean-Marie le père qui en a remis une couche. Il a promis d'enlever le caleçon du jeune révolutionnaire en lui lançant le défi d'un autre débat. Il faut quand même qu'il se méfie car il prend de l'âge. Et qu'il laisse la classe politique actuelle se débrouiller toute seule pour faire voler le débat au ras des pâquerettes, elle n'a pas besoin de lui.

 

29 février : 

 

Ca y est, TF1 est entré en campagne. Comme en 2002, la première chaîne a décidé de peser de tout son poids dans la campagne en mettant l'accent sur certaines informations. A l'image de ce reportage diffusé hier soir au JT de 20 heures sur les fraudes sociales, sujet de prédilection de Nicolas Sarkozy, qui rappelle furieusement le reportage sur l'agression de Papy Voise à deux jours du 1er tour en 2002. La ficelle est tout de même un peu grosse.

 

3 mars : 

 

Pour ceux qui en doutaient encore, Claude Guéant vient d'envoyer un message subliminal pour le confirmer : il chasse bien sur les terres du FN. Il conteste le droit pour les étrangers de voter aux élections locales. C'est son droit. Mais le faire en prenant l'argument de la bouffe halal, comme Marine Le Pen il y a 15 jours, c'est du foutage de gueule.

 

6 mars : 

 

Ils n'y connaissent rien au foot, mais ils en parlent quand même. Nos hommes politiques ont décidé de taper la baballe, à l'image de François Hollande qui a justifié sa mesure de taxer à 75% les plus riches en critiquant la feuille de paye de l'entraineur du PSG. On n'est pas loin des bêtises dites par nos ministres des sports, qui se sont aventurés bien imprudemment à plusieurs reprises sur un terrain qu'ils ne connaissaient pas.

 

7 mars : 

  

Marre de la polémique ridicule sur le halal. On peut dire que Marine Le Pen a bien réussi son coup, avec la complicité criminelle du monde médiatique. Mais en critiquant la politique qui s'occupe d'affaires religieuses, les responsables de cultes qui se sont offusqués des derniers propos de François Fillon ne sont-ils pas en train de prendre en otage le débat politique au service de leur religion ?

 

9 mars : 

 

C'est le risque de toute campagne, mais on devrait voir se multiplier la récupération abusive des chiffres sur le bilan du gouvernement. Après l'interprétation très stricte des socialistes sur les statistiques de l'insécurité, la publication des excellents résultats en matière se sécurité routière n'a pas manqué d'être mise en valeur par la droite. Sans compter les libérations opportunes, comme celle la semaine dernière de la journaliste du Figaro en Syrie, faisant penser à celle durant l'entre-deux-tours des élections de 1988 des otages au Liban.

 

10 mars : 

 

Alors que l'UMP prépare sa grande nouba au meeting de Villepinte avec musique de film, tambours et trompettes, il est peut-être temps de pousser une gueulante contre la nouvelle mode des rencontres politiques : les chauffeurs de salle. En effet, pour faire monter l'ambiance et renforcer l'adhésion au discours du candidat, il est bon de faire du bruit et de brailler à chacune de ses phrases-choc. Mais cela en devient agaçant tant c'est artificiel. Même pour l'orateur, qui ne peut plus en caser une.

 

11 mars : 

 

On savait depuis les primaires que les socialistes étaient tombés amoureux du système politique américain, mais là ils commencent à en faire un peu trop. Pour mieux imiter la campagne victorieuse de Barack Obama en 2008, ils se mettent maintenant à faire faire du porte-à-porte à leurs têtes d'affiche. Exemple avec Ségolène Royal, caméra de télévision à la main, ou on a atteint des sommets de ridicules dans ce que la télé-réalité a fiat de pire. Voila voila...

 

12 mars : 

 

Comme on le répète souvent sur ce blog, "Autres temps, autres moeurs"... Tout le monde a entendu les excuses publiques de Nicolas Sarkozy à propos de la fameuse soirée au Fouquet's, que ce soit en bafouillant au journal de France 2 ou en grommelant la semaine dernière dans "Des paroles et des actes". C'est vrai que c'était loin du Panthéon de Mitterrand. Loin aussi de Jacques Chirac paradant dans Paris en Citröen CX en 1995.

 

13 mars : 

 

Petit coup de gueule aujourd'hui contre les éléments de langage. Suite au meeting de Villepinte, tout le monde a salué "le courage et la ténacité" de Nicolas Sarkozy, que ce soit Bernadette Chirac ou François Fillon. Mais au mot près. Ce qui fait qu'on finit par entendre toujours la même chose. Un discours déjà développé dans les commentaires des ministres sur les diverses interventions télévisées du président et par le slogan gaulliste "Le courage donne la force" mis en avant par l'UMP.

 

14 mars : 

 

Carbone 12 est en pétard aujourd'hui contre les commentaires niais sur les 500 signatures. Marine Le Pen les a enfin obtenu, affirmant que "des millions de citoyens reprenaient espoir". Ouf ! Et dire qu'on a failli changer la règle exprès pour elle, alors même qu'un guignol comme Jacques Cheminade (gaulliste de gauche) les a obtenu les doigts dans le nez. A ceux qui se demandent s'il ne faut pas passer à des parrainages citoyens, on dira que le meilleur filtre reste la règle des 5%, seuil de remboursement des dépenses de campagne, qui gagnerait à être modulée pour être plus incitative.

 

16 mars : 

 

Le dépôt des 500 signatures s'achève aujourd'hui à 18 heures et il était temps. Place enfin au sport, après les jérémiades des candidats incapables d'assumer leur manque d'appuis politiques. Mais il faudra quand même pour la prochaine fois penser à faire évoluer la règle : quand on voit qu'un type comme Jacques Cheminade peut se présenter et pas Dominique de Villepin, ou que Jean-Luc Mélenchon dépose plus de 1000 signatures pour amuser la galerie, on se dit que la campagne est bien parti pour nous faire marrer. C'est sérieux la politique.

 

18 mars : 

 

Ce n'est pas toujours le plus honnête qui gagne. Même si l'on perçoit bien le fin tacticien qui se cache derrière son allure bonhomme, François Hollande semble avoir pris le parti de faire des propositions et de mener un débat projet contre projet, à l'image de son intervention sur le journal de 20 heures de TF1. Au contraire, Nicolas Sarkozy s'est lancé en meeting à Lyon dans des invectives contre le candidat socialiste en le traitant de nouveau de menteur, toujours dans le but de le pousser à la faute. Et pourtant c'est peut-être comme cela qu'il se donne toutes les chances de gagner. 

 

19 mars : 

 

Petit carton jaune contre la déclaration surprenante de Ségolène Royal sur Nicolas Sarkozy, qui l'a accusé de vouloir être réélu pour continuer à bénéficier de l'immunité présidentielle et éviter d'être mis en examen pour les "affaires de corruption" qui auraient émaillé son quinquennat. Apparemment, la présomption d'innocence ne vaut que pour les violeurs et pas pour les voleurs, à moins qu'elle ne soit liée à la couleur politique.

 

21 mars : 

 

La France est en train de suivre en direct l'arrestation du jeune djihadiste de 25 ans qui aurait commis les derniers meurtres dans le sud ouest. Les exploits de la télévision en temps réel sont sans égal, même si on s'emmerde un peu à cause de l'absence d'images intéressantes, ce qui pose problème à la télé. Un épisode mis en scène qui rappelle l'intervention de Nicolas Sarkozy en 1993 lors de la prise d'otage de Human Bomb, tout aussi mélo-dramatiquement grotesque. 

 

22 mars :

 

Le petit intermède de Toulouse a permis de reprendre du souffle dans la campagne mais pas de rompre avec la connerie. On n'insistera pas par décence sur les tentatives de récupération politique des divers partis, car tous l'ont fait. Par contre, on peut gueuler contre la tendance à la république compassionnelle qu'a imposé au cours de son quinquennat Nicolas Sarkozy. A l'image de cette déclaration d'avant-hier, où en voulant trop s'apitoyer sur la "petite fille" il se perd dans les liens de famille.

 

24 mars : 

 

On se demande où elle va chercher toutes ses idées provocantes... Elle le fait sûrement exprès, mais Eva Joly accumule les bourdes et les interventions peu inspirées. La dernière en date, celle où elle propose de légaliser le cannabis pour lutter contre le trafic d'armes et la délinquance en banlieue. Levée de boucliers à droite, on s'offusque de plus en plus facilement. Mais alors qu'elle plonge de plus en plus dans les sondages, il serait peut-être temps pour elle de se recentrer sur lécologie, c'est ce qu'attendent les français et ses électeurs.

 

26 mars : 

 

C'est définitif : Eva Joly a décidé qu'elle ne parlerait pas d'écologie dans cette campagne. Etrange pour la candidate d'un parti vert, mais était-elle la plus compétente pour parler d'environnement ? Pendant ce temps, elle dégaine à tout va contre les traditions gauloises et les responsables. Elle a demandé hier la démission des patrons de la police et du renseignement intérieur, en raison des dysfonctionnements lors de l'affaire Merah. Mais n'est-ce pas sa campagne qui est un immense dysfonctionnment ?

 

27 mars : 

 

Cela faisait longtemps que la droite franchouillarde et vaguement xénophobe n'avait pas dérapé. Claude Guéant s'était astreint à une discipline spartiate la semaine dernière pour ne pas stigmatiser l'Islam suite à la tuerie de Toulouse. Mais Nicolas Sarkozy a craqué. Hier, il a qualifié les soldats tués à Montauban de "musulmans d'apparence", nouvelle version du "bruit et des odeurs" de Jacques Chirac. Mais il se défendra de toute mauvaise intention : "Moi, raciste ?".

 

28 mars : 

 

Bien parler en politique c'est important. Et pourtant... Nicolas Sarkozy est président de la république, mais cela ne l'empêche pas d'être dysléxique et de parler le français comme une vache espagnole. Dernier néologisme de son invention : la "méprisance", à la croisée entre le mépris et la médisance. On avait fait bien plus de tapage médiatique lorsque Séhgolène Royal avait sorti le mot "bravitude", mais à l'époque il fallait qu'elle perde.

 

29 mars : 

 

Les sentiments c'est bien, mais en ce moment la politique en fait trop. Après la tuerie de Toulouse où les candidats ont joué les pleureuses, voila Eva Joly qui se confie sur l'échec de sa campagne. C'était hier en meeting à Bordeaux, où elle s'est comparé à tous ses concurrents, et ce n'était pas flatteur. Mais on voit bien qu'elle n'est pas du métier : on n'attend pas d'un candidat qu'il argumente sur ses faiblesses, mais sur son programme et sur du mensonge. La prochaine fois, les verts devront mieux choisir.

 

30 mars : 

 

Hier à Montpellier, six candidats ont exprimé sur l'invitation des membres de la profession agricole leur vision pour l'agriculture française. Beaucoup de bonnes intentions et quelques solutions, mais le problème est ailleurs. Comme pour la culture, le logement ou l'environnement, ce sujet n'est traité qu'en apparence dans une manifestation de campagne isolée. La preuve : la plupart en ont profité pour enchaîner ensuite avec un meeting dans la région.

 

31 mars : 

 

La tuerie de Toulouse est incontestablement le tournant de la campagne. Et même s'ils s'en défendent, la gauche et la droite l'ont bien instrumentalisée. Hier, le président PS du sénat Jean-Pierre Bel s'offusquait que les patrons des renseignements et de la police ne puissent être auditionnés par la noble assemblée au nom du devoir de réserve, critiquant la forfaiture du gouvernement. De son côté, Nicolas Sarkozy roulait des mécaniques en lançant un vaste coup de filet sur l'islam radical de France, opération qui ne tombe pas par hasard.

 

2 avril : 

 

C'est la mauvaise loi des séries à gauche. Après les malaises de Michel Rocard et Julien Dray, c'est au tour d'Eva Joly de se casser la binette. Résultat : un coup à la tête et un séjour au fameux hôpital Cochin. Et surtout un coup au moral, mais la candidate va se forcer à reprendre sa campagne cauchemardesque. Elle a plutôt intérêt : l'article 7 de la constitution prévoit qu'en cas d'empêchement de l'un des candidats, le scrutin doit être reporté. Ce qui ferait les affaires de Nicolas Sarkozy.

 

3 avril : 

 

C'est quand même une campagne décevante. On s'attendait à un grand débat sur les problèmes économiques de la France liés à la crise et même davantage, finalement on a droit à une "campagne frivole". On y parle de viande halal, de taxer les riches pour soulager la rancoeur des pauvres, et on expulse les imams prosélytes. Hier encore Claude Guéant a renvoyé chez elle une nouvelle fournée, ce qui fait penser qu'il est dommage qu'un homme aussi peu responsable ait autant de pouvoir.

 

4 avril :

 

La stratégie de Nicolas Sarkozy est simple et géniale : au lieu de nous livrer son programme tout d'un coup et trop tôt comme a fait l'erreur de le faire François Hollande dès janvier avec ses 60 engagements, il égrène une à une des idées qui font l'agenda et qui font parler. C'est comme cela qu'il a réussi à asphyxier le socialiste, et c'est pour cela que la présentation de son programme jeudi sera très light. Mais on s'interroge sur les conséquences en termes de démocratie et de bonne gouvernance, et on comprend beaucoup de choses sur le quinquennat qui vient de s'écouler.

 

5 avril : 

 

"Qu'est-ce qu'elle a ma gueule". Eva Joly s'est sentie obligée de reprendre un classique de la chanson française (interprété par un belge) pour reprendre sa campagne comme si de rien n'était après sa chute de dimanche. Lunettes noires et non plus vertes ou rouges, il fallait bien cacher les bleus. On remerciera le parti EELV pour l'excuse fumeuse du soleil sortie pour excuser cet accoutrement. Cette campagne est un échec avant même de s'être terminée.

 

6 avril : 

   

C'est bien connu une femme ça ne dit que des conneries. Sans tomber dans les clichés machos, il faut quand même avouer que Nathalie Arthaud a fait fort hier lors d'un forum sur la femme organisé à Sciences Po en jugeant que les patrons qui ne respecteraient pas l'égalité de salaires hommes/femmes devaient aller en prison. Mais à l'extrême gauche, on a toujours un peu la nostalgie du goulag.

 

8 avril :

 

Nicolas Dupont-Aignan a raison : décidément cette campagne, "ça ne vole pas haut". Après la viande halal, Nicolas Sarkozy a décidé de s'intéresser à un autre sujet d'envergure avec le permis de conduire. Eh oui c'est cher, mais on n'a pas rien sans rien. Mais le président a encore voulu fouiner dans des affaires qui n'auraient du regarder que son sous-secrétaire d'Etat aux transports. Or même François Hollande commence à se pencher sur le sujet, c'est pour dire.

 

11 avril : 

 

Les verts sont en plein flagrant délire de rase campagne. Non contents de se préparer à prendre une douille le soir du 22 avril, ils commencent à flinguer méchamment sur des outsiders pour mieux se ressasser qu'ils n'en font pas partie. A l'image de Daniel Cohn-Bendit qui trouve que la vie n'est pas aussi simple qu'un discours de Mélenchon. Ou d'Eva Joly qui s'en prend à la fortune familiale de Marine Le Pen. C'est pas bien de s'en prendre à la vie privée et de fouiller dans les tiroirs. 

 

12 avril :

 

François Hollande raconte bien les histoires, mais c'est surtout Nicolas Sarkozy qui nous fait marrer. Dernière histoire drôle en date, celle du "voyage imaginaire" à Fukushima. Le président est courageux, comme il dit, mais pas quand même téméraire au point d'aller au coeur des radiations. Par contre c'est un menteur récidiviste, lui qui avait déjà affirmé contre toute évidence être présent à Berlin le jour de la chute du mur.

 

13 avril : 

 

Eva Joly continue d'accuser et de flinguer dans tous les sens. Après Jean-Marie Le Pen, elle s'en est cette fois prise à Nicolas Sarkozy sur l'affaire Bettencourt. C'est vrai que l'on peut douter que la campagne de 2007 du président sortant ait été honnêtement financée vu le faisceau de preuves qui s'abat sur lui. Mais face à des attaques aussi basses, c'est vrai que la candidate verte ne maîtrise pas mieux qu'un "mépris cinglant".

 

15 avril : 

 

A force de diffamer, Eva Joly s'est prise une avalanche de procès, un comble pour une ancienne juge d'instruction. Marine Le Pen a porté plainte contre elle, mais la famille est habituée à se défendre devant les juges. Le père Jean-Marie a déjà attaqué plein de fois le microcosme médiatique et le parlement européen où il est élu. Il n'a pas gagné à tous les coups. 

 

17 avril :

 

Les petits candidats servent toujours à quelque chose dans une élection présidentielle. Si, si... Au moins à dénoncer les problèmes et à critiquer les favoris. Pour le reste, c'est moins flagrant. Car ils sont à l'image de cette campagne décevante : très forts en diagnostics mais peu doués en solutions. Jacques Cheminade avait annoncé avant tout le monde la crise financière mais sera le dernier à dire comment on la résout. Nicolas Dupont-Aignan dénonce la crise de la France mais est aussi désarmé que les adversaires qu'il critique au moment de s'en sortir.

 

18 avril : 

 

L'ancien Haut-Commissaire aux solidarités actives (!!!) Martin Hirsch et la présidente de Cap 21 Corinne Lepage ont apporté leur soutien à François Hollande. C'est tout de même un peu facile de changer aussi facilement de camp, surtout à quatre jours d'un 1er tour. Heureusement que ces soutiens d'anonymes ont à peu près autant d'impact sur les électeurs que les professions de foi envoyées par courrier.

 

19 avril : 

 

Voilà une polémique inutile dont on se serait bien passé. Le CSA tremble pour dimanche car les médias belgo-suisses et Libération ont promis de révéler les résultats du 1er tour en avant-première grâce au dépouillement des premiers bureaux de vote test à 18 heures. Une preuve de plus que ce ne sont pas des règlements rigides qui règlent les problèmes mais bien une connaissance fine de la réalité.

 

21 avril :

 

Demain il faut penser à aller voter, c’est sûr… Mais de grâce que les donneurs de leçons qui ont un toit et un salaire n’en donnent pas aux « vilains abstentionnistes » qui n’honoreraient pas la mémoire de ceux qui se sont battus sans verser une goutte de sang pour le droit de vote. Ils ne savent pas que les abstentionnistes chôment le dimanche car ils chôment déjà les autres jours de la semaine, exclus jusqu’au bout d’une société dont la politique est le cadet de leurs soucis.

 

23 avril :

 

C’était prévu et cela a emmerdé tout le monde. Les petits malins - la noble Agence France Presse en tête - qui se sont amusés à diffuser les résultats du 1er tour avant l’heure officielle ont commis bien pire qu’une illégalité. Ils ont déshonoré leur métier de journaliste en se rendant complices des twittos qui se sont fait passer des résultats souvent approximatifs et des candidats qui les ont commenté avant l’heure. Que les sanctions tombent, car elles sont méritées.

 

24 avril :

 

Marine Le Pen a été la troisième femme et la surprise du 1er tour (17,90%), alors maintenant c’est la course à l’échalote. Surtout chez Nicolas Sarkozy, qui n’a plus que l’immigration à la bouche et va proposer un 1er mai sur le vrai travail. Pas sympa pour les chômeurs. Encore un choix erroné, même si la réaction de la gauche qui se réclame du mérite et de l’effort alors qu’elle a avant tout ces dernières années prôné l’assistanat et la paresse ne trompera personne.

 

26 avril :

 

Nicolas Sarkozy avait déjà tenté le coup en janvier, mais même François Hollande qui se veut si vertueux l’a rejoint. Les deux prétendants ont promis monts et merveilles à la communauté arménienne basée en France, et notamment de condamner la négation de leur génocide par la Turquie durant la 1ère guerre mondiale alors qu’ils savent bien que le conseil constitutionnel a déjà retoqué la proposition. Mais nous sommes au temps des promesses, et demain ça rase gratis.

 

27 avril :

 

Nicolas Sarkozy est réellement prêt à tout pour rester accroché à son pouvoir. Y compris à brasser tous les sujets de l’extrême droite et à reprendre à son compte leurs propositions. Comme la présomption de légitime défense pour les policiers suite au fait divers de Seine-Saint-Denis, mais l’homme a toujours réagit au quart de tour durant sa présidence. Julien Dray faisait bien de le rappeler à l’ordre en lui demandant de se concentrer sur les vrais débats plutôt que d’en réclamer trois.

 

28 avril :

 

Ces derniers jours ont été marqués sous le signe d’une campagne rétrograde. Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly ont qualifié Nicolas Sarkozy de « pétainiste », reprenant une critique traditionnelle de la gauche quand il s’agit de diaboliser la droite. Ce dernier a répliqué en dénonçant le « procès stalinien » qui lui était fait, nous faisant reculer de plusieurs années en arrière dans l’histoire. On n’a presque pas envie de le plaindre.

 

29 avril :

 

Et revoilà DSK. L’ancien directeur général du FMI a refait parlé de lui, mais pas pour les raisons que l’on pensait. Tout le monde s’attendait à ce qu’il apporte un soutien franc et massif à François Hollande, l’homme qui lui a pris sa place. Au lieu de cela, il a relancé la théorie du complot sur sa mésaventure sexuelle avec Nafissatou Diallo, accusant directement le clan Sarkozy d’avoir encouragé la femme de ménage a porter plainte. Encore une accusation sans preuve, une de plus.

 

30 avril :

 

C’est officiel : DSK est indésirable dans la campagne. Un an après l’avoir défendu avec une évidente mauvaise foi, les hiérarques du PS ont retourné leur veste et ne veulent plus entendre parler de l’ex directeur général du FMI, à l’image de Ségolène Royal qui après le Sofitel, Tristane Banon et le Carlton semble définitivement le considérer comme coupable au mépris de toute présomption d’innocence. Même ses amis comme Pierre Moscovici le renient, preuve que les mouches ont changé d’âne.

 

1er mai :

 

Cela fait dix jours que Nicolas Sarkozy mène une rase campagne en tentant de gratter les voix du FN, et on sait que cela ne plaît pas à tout le monde dans son camp. Mais certains en prennent prétexte pour se démarquer de leur candidat qui s’apprête à perdre et ménager leur avenir. Dernier en date, le pourtant honorable 1er ministre François Fillon, qui a fait la leçon à son président en l’appelant à respecter davantage les syndicats. Beaucoup de pagaille et peu de discipline.

 

2 mai :

 

C’est un reproche parmi d’autres que l’on fera au bilan de Nicolas Sarkozy : il aura beaucoup divisé. Les riches contre les pauvres, les travailleurs contre les assistés, les français contre les étrangers… Il ne faut pas s’étonner que cette campagne ait mis en scène dès lors deux France, l’une de droite ayant pris fait et cause pour sa personne et l’autre de gauche cherchant à tout prix à le dégager. Les pancartes des défilés syndicaux d’hier en sont le dernier exemple.

 

3 mai :

 

Le combat aura tourné court à cause du format. Les deux débatteurs ne pouvant s’interrompre continuellement au risque de passer pour des mal élevés, chacun à renvoyé à la figure de l’autre des chiffres souvent faux et repris ses allégations pour les démentir. Jusqu’à l’accusation de mensonge de Nicolas Sarkozy à l’encontre du « petit calomniateur ». On regrettera aussi que le président ait constamment parlé en second, obligé du coup de jouer la défensive.

 

4 mai :

 

Il reste encore du débat de mercredi l’ombre d’un doute. De plusieurs même. Car Nicolas Sarkozy aura été imprécis sur le taux de prélèvements obligatoires, hors sujet sur l’immigration légale et acculé sur le lien entre musulmans et étrangers. François Hollande n’a pas laissé non plus que des certitudes. Il a été contredit sur le nucléaire, mis en doute sur son expérience et mis en grande difficulté sur la question des centres de rétention pour les immigrés. Les débats ont ceci de fâcheux qu’ils révèlent les faiblesses des futurs rois.

 

6 mai : 

 

Les résultats définitifs de l'élection seront connus demain à 20h00. Si les belges et les geeks le veulent bien... Car s'ils font comme au 1er tour en faisant circuler des résultats avant le moment fatidique, il se pourrait que tout le monde le connaisse en regardant la gueule réjouie ou résignée du voisin. Ce serait bien qu'ils nous laissent profiter de ce moment historique tranquilles.

 

7 mai :

 

L’issue finale du scrutin fut finalement bien plus serrée que prévue. Or en regardant les reports de voix, on peut regretter que Nicolas Sarkozy n’ait pas choisi de draguer plutôt les électeurs centristes que les électeurs frontistes. Ces derniers se seraient de toute façon reportés sur lui tandis que les premiers ont suivi à 40% l’appel de François Bayrou. Une erreur au soir du 1er tour mais aussi du remaniement de novembre 2010 où le président n’avait pas nommé Jean-Louis Borloo 1er ministre.

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