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8 mai :

 

Les félicitations et l’apaisement du 6 mai n’auront pas duré longtemps. Dès le 7 mai au matin, la politique a repris ses droits et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle est politicienne. L’UMP a envoyé un candidat dans la circonscription de François Bayrou pour lui faire payer son ralliement à François Hollande. Cécile Duflot a annoncé qu’elle quitterait ses fonctions de 1ère secrétaire d’EELV, demandant poliment à bénéficier en échange d’un portefeuille ministériel. Les enchères ont commencé.

 

9 mai :

 

La politique est bel et bien toujours en campagne. Et ce sont ceux qui se targuent le moins d’en faire qui le montrent le mieux. Les verts ont beau se vanter de ne pas faire de la politique carriériste, ils n’ont pas tardé après les résultats de l’élection à penser à la bonne soupe en votant qu’ils étaient d’accord pour obtenir des postes de ministres. Comme si toutes les circonscriptions qu’ils ont déjà arrachées ne suffisaient pas…

 

10 mai :

 

La guerre est déclarée entre le FN et l’UMP. Marine Le Pen a de l’appétit depuis qu’elle a frôlé les 20% au 1er tour des élections présidentielles et a mis en place une liste noire pour faire battre des ténors de la droite tout en se disant prête à passer des accords au cas par cas pour les élections législatives. Ce à quoi Jean-François Copé a opposé une fin de non-recevoir, car l’ex-parti majoritaire a beaucoup de choses à se faire pardonner.  

 

11 mai :

 

Le Muppet show est de retour. Jean-Luc Mélenchon alias l’ours Fozzie pourrait en effet affronter Marine Le Pen alias Péguy la cochonne dans sa circonscription d’Hénin-Beaumont, rejouant ainsi le duel de la présidentielle. Cela excite déjà tout le monde, mais pas sûr que l’on retrouve de la hauteur tant les invectives et les affrontements télévisés entre les deux furent plus méchants que bêtes. C’est sérieux la politique, mais il faudra quand même sortir les gants de boxe.

 

13 mai :

 

La rumeur enflait et Ségolène Royal l’a confirmée : elle vise bien la présidence de l’assemblée nationale. On la savait un peu perchée, mais pas au point de vouloir occuper le perchoir qui est dans la politique française l’endroit idéal pour passer pour une poissonnière. Au moins elle sera présidente de quelque chose. Mais avant il faudra qu’elle soit élue députée, or elle pourrait s’écraser vu son parachutage difficile dans la circonscription de La Rochelle où le sortant socialiste ne veut pas se sortir.

 

14 mai :

 

Voilà une sortie dont il aurait pu se passer. Le désormais ex ministre du travail Xavier Bertrand a demandé à François Hollande de renoncer à prendre Jean-Marc Ayrault comme 1er ministre comme il s’apprête selon toute vraisemblance à le faire. La raison ? La condamnation du maire de Nantes datant de 1997 pour un marché arrangé concernant l’impression du journal municipal. Le nouveau président veut une république irréprochable. Mais c’est ce genre de reproches qu’il va falloir d’abord arrêter.

 

15 mai :

 

Ce n’est pas pour rien que les verts ont leurs habitudes dans ce billet de mauvaise humeur. Hier encore, Cécile Duflot a officialisé sa candidature aux élections législatives dans la 6ème circonscription de Paris en lieu et place de la sortante socialiste Danièle Hoffman-Rispal. Celle-ci avait le sourire jusque-là et pour cause : en cas de victoire, elle retrouverait son siège car la future ex patronne des verts sera nommée ministre. A moins qu’elle ne gagne pas…

 

16 mai :

 

A peine intronisé président de la république, François Hollande s’assoit déjà sur ses premières promesses. A commencer par l’ajout d’une annexe sur la croissance au traité sur la rigueur, qui pourrait se transformer en traité séparé. Mais aussi avec le non-plafonnement du prix de l’essence ou le non-relèvement du Smic. Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent et y croient, mais il est facile de promettre tout avant d’être élu pour piocher à sa guise après.

 

17 mai :

 

Comme d’habitude la composition d’un nouveau gouvernement entraîne des tonnerres de louanges sur la capacité d’un camp à mobiliser des personnes compétentes aux sensibilités diverses, même si c’est un gouvernement très socialo-socialiste. Sauf que là on se pose des questions. Comment le très à gauche Arnaud Montebourg va-t-il pouvoir supporter longtemps le très à droite Manuel Valls ? Comment l’aubryste Benoit Hamon va-t-il pouvoir cohabiter avec le hollandais Michel Sapin ? Jusqu’ici tout va bien. Et demain ?

 

18 mai :

 

Le propre de la république est de réussir des passations de pouvoir pas trop sales. Mais là, on est à la limite. Il y avait déjà François Hollande qui s’était débarrassé de Nicolas Sarkozy sans merci ni au revoir. Hier, c’est Manuel Valls qui en souhaitant ironiquement « bon vent » à Claude Guéant a dépassé les bornes. On a le sentiment que la nouvelle équipe est trop dépendante de la précédente et cherche à faire tout le contraire. Elle n’existe pas par elle-même.

 

19 mai :

 

Jusqu’ici la droite avait fait relativement preuve d’élégance dans la défaite. Jusqu’ici. Car la politique va reprendre ses droits sur le monde des Bisounours, pour le plus grand malheur du débat et de sa qualité. Ainsi Nadine Morano fut la première à dégainer… contre le jean porté par Cécile Duflot à l’Elysée ! C’est ce qui s’appelle empoisonner la discussion.

 

20 mai :

 

L’UMP est dans l’opposition. Et ça se voit. Il est en train de prendre le relais de la mauvaise foi au PS, n’ayant rien trouvé de mieux que de dénoncer la première sortie internationale de François Hollande, d’ailleurs davantage sur des arguments de forme que de fond. Et dire que le pays tout entier est censé être solidaire des positions diplomatiques du gouvernement. Etre dans l’opposition, ça ne rend décidément pas intelligent.

 

21 mai :

 

Premiers jours du nouveau gouvernement et déjà premiers couacs. La semaine dernière Vincent Peillon, hier Arnaud Montebourg. Lui aussi s’est montré trop pressé, de rencontrer les partenaires sociaux avant le 1er ministre. C’est ça l’ennui d’avoir un chef de gouvernement qui n’est pas le cador du parti. La charte de déontologie qu’ont signé tous les ministres et qui les obligent à la plus grande discipline est déjà violée, mais c’était prévisible avec un trublion comme Arnaud Montebourg. 

 

22 mai :

 

L’Europe est dans une situation désespérée : elle ne peut donc que s’améliorer. Demain a lieu une répétition générale du prochain sommet européen entre toutes les sommités qui ont mené le continent à la dérive. « Tous les sujets seront mis sur la table », comme on dit. La sortie de l’euro de la Grèce, à qui Angela Merkel s’est permis de forcer la main par un référendum. Les eurobonds, que François Hollande a repris à son compte en faisant croire que c’était son idée. On peut s’attendre à un dialogue de sourds.

 

23 mai :

 

Les dirigeants européens se réunissent en faux sommet européen pour parler des mesures qu’ils doivent prendre pour sortir le continent de la crise de la dette. Un faux sommet, quelle drôle d’idée. Surtout quand on sait ce qui va en sortir. François Hollande a promis de parler de tout. Angela Merkel a promis de ne décider de rien, disant qu’il n’y avait aucune décision à en attendre. Elle récidive, ayant déjà fait cette déclaration en août 2011. Pas très encourageant…

 

24 mai :

 

La crise de l’euro n’est pas prête de s’arrêter avec cette bande d’incapables. L’ersatz de sommet européen d’hier soir n’a rien donné. Les dirigeants sont juste d’accord pour que la Grèce ne sorte pas de l’euro, et aussi sur les conséquences désastreuses de ce maintien. Les débats ont duré cinq heures, et rien n’en est ressorti. François Hollande a promis qu’il changerait ça en mettant fin à la litanie d’exposés des motifs. Une bonne chose à faire.

 

25 mai :

 

Le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg va tenter de redresser l’usine Fralib à Gémenos. Il pourra s’apercevoir que ce n’est pas facile de garder des entreprises industrielles en France. Il verra aussi que les syndicats à qui il compte parler dans le blanc des yeux sont incroyablement divisés. Hier encore, l’inoxydable secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, sur le départ, a été mis en minorité dans un vote sur sa succession. Les ennuis commencent.

 

28 mai :

 

Luc Chatel était un petit cachottier. Il aurait caché 17 rapports qui lui étaient défavorables en ne les rendant pas publics du temps où il était ministre de l’éducation nationale. Son successeur Vincent Peillon n’a pas tardé à jouer les rapporteurs en les publiant à la vue de tous : l’inefficacité des internats d’excellence, les ratés des remplacements de professeurs, les conséquences néfastes du taux d’encadrement des élèves… La droite passe devant le tribunal de la gauche.

 

30 mai :

 

Jean-Marc Ayrault a pris ses premiers contacts avec les partenaires sociaux en vue du prochain sommet social. Syndicats, patronat, salariés, cadres : tous sont passés en file indienne les uns après les autres, comme pour montrer qu’ils ne comptaient pas mélanger leurs revendications et se mettre autour du même table dans un dialogue social. La gauche promet d’y arriver. Pour l’instant, elle promet surtout de donner un coup de pouce au Smic, ce qui ne plait qu’à certains.

 

31 mai :

 

DSK est libre. Libre de s’exprimer librement dans la presse, qu’il accuse de tous les mots et notamment d’avoir eu des mots trop durs contre lui. Il dénonce leur acharnement, mais n’est-ce pas lui qui s’est acharné en laissant trainer ses paluches dans tous les hôtels particulier de la planète. On attend que la justice fasse son œuvre et pendant ce temps, c’est la gauche qui s’agace de nouveau face au retour de cette affaire qui salit son honneur et gâche son bonheur.

 

1er juin :

 

Valérie Fourneyron a annoncé qu’aucun membre du gouvernement ne se rendrait en Ukraine pour l’euro 2012 de football. Non pas que le déplacement de Roselyne Bachelot aux hôtels trop chers d’Afrique du Sud lors du mondial 2010 aient donné peur au trop modeste nouvel exécutif. Mais il s’agit de protester contre la peine de prison de Ioulia Timochenko, ancienne chef du gouvernement et symbole de la révolution orange. Dommage que le sport soit encore otage de la politique.

 

2 juin :

 

Roméo Langlois a été libéré par les Farc. Le gouvernement assure qu’il n’y est pour rien, jouant une fois de plus dans la fausse modestie. Car il s’agit de montrer qu’il n’y a pas eu de diplomatie parallèle, comme du temps où Nicolas Sarkozy envoyait sa femme Cécilia libérer des infirmières bulgares en Libye. A force de faire tout l’inverse de l’ancien président, le nouveau va bien finir par réussir. A moins que sa fixette ne finisse par le détourner des vrais objectifs.

    

6 juin :

 

La France est-elle définitivement antisémite ? Après l’affaire Merah et le meurtre d’une petite fille juive à Toulouse, a chasse aux juifs a encore frappé cette semaine avec l’assassinat à coup de piolet d’un juif à Villeurbanne. Le ministre de l’intérieur Manuel Valls a promis de faire preuve de la plus grande fermeté, mais il n’est pas toujours évident de plaider la motivation antisémite. On a souvent tendance à trop raisonner en termes de communautés alors qu’il ne s’agit que de bêtise individuelle.

 

7 juin :

 

Le charme est tombé. Le président normal, qui prend un jet privé pour rallier Paris depuis la Corrèze et se ravise en prenant le TGV pour passer de Paris à Bruxelles, est aussi un homme pressé. Flashé à 170 km/h avec son escorte officielle qui allait à Caen pour le 68ème anniversaire du débarquement en Normandie, François Hollande semble être en train de s’apercevoir qu’il n’est pas facile de la jouer modeste tout en ayant un emploi du temps de président. A moins qu’il fasse moins de représentation.

 

8 juin :

 

La campagne législative se termine et on peut dire qu’elle aura été nulle. Insignifiante, inintéressante et inexistante. La droite s’avance avec la tête de celui qui va passer à la guillotine et la gauche se félicite de son bonheur retrouvé. François Hollande a bien sûr appelé les électeurs à lui donner une majorité pour gouverner. Les électeurs iront à la pêche s’il fait beau, et laisseront les autres décider à leur place si le PS aura une majorité relative ou absolue. Là est le seul enjeu du scrutin.

 

9 juin :

 

L’Europe a finalement lancé un plan d’aide de 40 milliards d’euros pour recapitaliser les banques espagnoles. C’est la solidarité européenne et c’est bien. Mais le chef de gouvernement espagnol Mariano Rajoy se refuse à parler de « sauvetage » et nie effrontément ce qu’il considère à la fois comme un déshonneur national et un désaveu politique. Rien ne dit que la France ne ferait pas preuve de plus de sagesse dans la même situation.

 

11 juin :

 

Le FN a la côte, et il en profite. Fort de son bon score du 1er tour des élections législatives et la vague bleu marine dans certaines circonscriptions, le parti frontiste a mis en place une liste noire pour faire battre 3 députés PS et 4 députés UMP. Dont NKM, par réciprocité puisqu’elle a toujours dit préférer le PS à l’UMP. Mais pas Claude Guéant, qui a bien travaillé pour les thèses du FN. Cette démarche cynique détestable et arbitraire montre bien le mauvais fond du parti d’extrême droite.

 

12 juin :

 

Le FN n’est pas si méchant qu’on le croit. Marine Le Pen a beau se réjouir que le front anti-front se disloque sous l’effet de la rivalité droite-gauche, ses candidats sont moins semi-déments qu’elles. Comme par exemple dans le Vaucluse, où une candidate s’est retirée pour faire gagner l’UMP face au PS. Un renvoi de l’ascenseur après le départ de Roland Chassain, qui veut faire battre Michel Vauzelle dans les Bouches-du-Rhône. Des calculs politiciens et électoralistes.

 

16 juin :

 

Cela commence à bien faire avec le FN. Ils ont trois pèlerins sur 577 en position d’être élus et ils ne se sentent plus. Marie-Maréchal Le Pen pose ses conditions pour être interviewée. Marine Le Pen fait la chasse à l’homme. Il est aussi temps que cela finisse pour la droite. Nadine Morano s’est faite piégée comme une bleue par Gérald Dahan imitant comme un pied Louis Aliot. François Fillon l’a désavouée en public en l’enjoignant de ne plus répondre au téléphone.

 

18 juin :

 

Maréchal nous voilà ! Marion-Maréchal Le Pen est élue députée de la 3ème circonscription du Vaucluse. Cela ressemble à une blague mais la petite-fille de son grand-père sera la benjamine de l’assemblée et la plus jeune parlementaire de toute l’histoire. A l’instar de Jean Sarkozy, elle a fait deux ans d’études de droit, et tout le reste de travers. Il y a certaines terres qui sont moins sérieuses que les autres quand il s’agit de voter.

 

19 juin :

 

Le gouvernement Ayrault I n’aura duré qu’un mois. Le maire de Nantes a déjà remis la démission de son équipe, et pourtant tous ses ministres ont gagné ce dimanche. Le nouvel exécutif sera en fait plus étoffé, agrémenté de quelques secrétaires d’Etat aux choux farcis et anciennes gloires comme Robert Hue. Il y a un peu tromperie sur la marchandise quand on sait que François Hollande avait annoncé une équipe resserrée. Il a finalement fait comme les autres.

 

21 juin :

 

Personne ne le dit, mais le gouvernement connait ses premiers couacs. Non seulement il ne se jette pas sur sa nouvelle majorité pour annoncer des décisions importantes, mais en plus il fait des promesses mineures qu’il ne tient même pas. Pour la troisième fois, le ministre de l’éducation nationale Vincent « Lagaffe » Peillon a été désavoué par Jean-Marc Ayrault. Cette fois sur le jour de la rentrée scolaire. Que de vétilles tempêtes dans un verre d’eau !

 

23 juin :

 

Le gouvernement socialiste vient de connaitre un mini-remaniement. Il s’est garni de quatre ministres délégués supplémentaires dont tout le monde aura oublié les noms avant même de les avoir appris. Cela porte à 38 le nombre de pensions ministérielles, soit 30% de plus par rapport à l’ancien gouvernement dont on a réduit le salaire de 30%. A part ça, Delphine Batho qui ne pouvait déjà plus supporter Christiane Taubira récupère le ministère de l’écologie. Ambiance, ambiance…

 

24 juin :

 

Nadine Morano s’est définitivement vautrée dans le ridicule en emmenant toute la droite avec elle. Non contente d’avoir perdu aux élections législatives, elle a affiché publiquement ses critiques envers le favori de la guerre des chefs, François Fillon. Surtout, elle nous a réservé une déclaration raciste dont seules les castafiores dans son genre ont le secret. Son amie tchadienne, « plus noire qu’une arabe », a dû apprécier.

 

26 juin :

 

Nous sommes en pleine crise budgétaire et la gauche a promis de restaurer l’état des finances publiques. Elle a une drôle de manière de le faire. D’abord elle fait des cadeaux électoraux à ses clients, des smicards aux familles nombreuses. Ensuite elle promet à tous les bénéficiaires de prestations qu’elle ne réduira pas les dépenses. Enfin elle constate qu’il manque 7 à 10 milliards d’euros pour boucler son budget de 2012. La voilà bien emmerdée.

 

28 juin :

 

Angela Merkel ne se fait plus d’illusion sur l’Europe. Elle n’attend rien du sommet européen de ce vendredi, et elle en a vu d’autres. C’est d’ailleurs une sale habitude qu’elle a de prévenir qu’il n’y a rien à attendre d’une réunion européenne, comme pour mieux lancer les anticipations négatives des marchés. C’était par exemple le cas le mois dernier lors du premier rendez-vous européen de François Hollande ou l’an dernier en juillet et en août avec Nicolas Sarkozy.

    

30 juin :

 

Enfin ! Le conseil européen a pris une décision et s’est résolu à lancer un plan de relance de 120 milliards d’euros. Comme en 2008, ce sont les vieilles recettes keynésiennes  qui vont devoir sauver l’Europe. La crise ne nous a rien appris. Or cette décision ne va avoir qu’une conséquence : non pas de relancer l’investissement, mais de permettre un contrôle des dépenses budgétaires des pays. Un abandon de souveraineté qui ne va pas jouer pour la popularité de l’Union européenne.

   

2 juillet :

 

Le président réussit à l’international mais le gouvernement semble bien parti pour conserver le même acabit de mesures ridicules que le précédent. Après les vraies fausses annonces de Vincent Peillon, les déclarations d’intention de Najat Vallaud-Belkacem et les leçons de morale de Manuel Valls, il a lancé une loi qui oblige désormais aux automobilistes à avoir un éthylotest constamment avec eux. Ce n’est pas cela qui empêchera de tourner le contact mais les fabricants seront bien contents.

    

5 juillet :

 

Le gouvernement veut davantage de recettes. Dommage qu’il ne pense pas à réduire les dépenses. Ayant détricoté le bilan sarkozyste des heures supplémentaires, il va devoir aller chercher la solution ailleurs que dans la punition des ménages aisés et des grandes entreprises. Mais Jean-Marc Ayrault ne veut pas entendre parler du mot « rigueur ». On a bien peur que dans ce cas, désendetter la France sans baisser les dépenses ne revienne à dormir debout.

    

8 juillet :

 

Encore un acte antisémite avec l’agression d’un juif à Toulouse. Comme après la fusillade de Mohammed Merah, tout le microcosme médiatico-politique s’est ému, le ministre de l’intérieur Manuel Valls en tête. Or personne ne voit que la mise en lumière de ses actes, taxés d’antisémitisme avant même toute preuve, donne de l’élan à ce sentiment d’un autre siècle. Les conséquences de 30 ans d’antiracisme béat et benêt. 

 

10 juillet :

 

François Hollande nous a promis la modestie et des économies, mais lui aussi lance le train de l’Etat sur un rythme de gabegie. Pour la réception d’Angela Merkel à Reims, il a réuni 150 personnes autour d’un dîner fastueux, forcément trop cher. La conférence sociale devrait aussi coûter un bras, or c’est encore une commission de plus après les réunions d’experts et les colloques du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

 

12 juillet :

 

On reproche souvent à la droite de favoriser les riches. Mais la gauche tente de remédier au problème par un mal pire encore, en ne faisant que parler d’argent. Ses premières mesures sont purement fiscales et stomacales. Après les factures rétroactives de GDF dont l’augmentation sera lissée dans le temps par les gentils socialistes, ces derniers vont se pencher sur les méchants médecins qui font des dépassements d’honoraires et coûtent cher à la sécurité sociale. On devrait parler d’autre chose. 

          

14 juillet :

 

La gouvernance moderne revient de plus en plus à un réformisme du présent. Les dirigeants se targuent de faire des réformes sur 20 ans qui mériteraient de rester sur le marbre des stèles, mais leurs successeurs s’empressent d’en faire d’autre pour les annuler complètement. Dernier exemple en date avec un nouveau Livre blanc de la défense promis par François Hollande, le dernier datant de seulement de 2008. Ce serait le quatrième : les deux premiers dataient de 1972 et 1994…

 

16 juillet :

 

Encore une plainte du FN ! Marine Le Pen attaque Madonna pour avoir affublé son front - national, bien sûr - d’une croix gammée. La star américaine est elle aussi tombée dans le piège de la critique naïve qui fait de la pub à l’extrême droite. Et le parti frontiste saute de nouveau à pieds joints sur l’occasion de faire parler de lui même si c’est dans les tribunaux. Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon en ont déjà fait les frais lors de la campagne présidentielle.

      

19 juillet :

 

La bonté socialiste a des limites. Alors que le gouvernement s’efforce depuis des mois de prouver sa modestie et son honnêteté, des couacs viennent troubler sa communication. On apprend ainsi qu’il refuse de rendre transparentes les notes de frais des députés pour ne pas tomber dans le scandale qui a touché son homologue travailliste en Grande-Bretagne. Et qu’un de ses députés se serait même payé des vacances avec. Voilà ce que l’on risque à vouloir paraitre plus beau que ce que l’on est.

 

23 juillet :

 

François Hollande a un nouveau modèle pour montrer qu’il rassemble toute la France : Jacques Chirac. Il lui a de nouveau rendu un hommage indirect malgré tout le mal qu’il a pu penser de lui en reconnaissant comme lui lors de son discours du Vel d’Hiv en 1995 la responsabilité de la France dans le génocide juif. Cela fait beaucoup de repentance surtout qu’il s’agit d’une redite. Il y en a marre que la seconde guerre mondiale soit l’horizon historique indépassable de nos dirigeants.

   

25 juillet :

 

L’Espagne est en crise sur tous les fronts. Ses forêts brûlent même si ce sont les français qui y meurent. Mais la coopération des pompiers des deux côtés des Pyrénées a eu raison des forces naturelles. Ce serait un exemple à suivre pour éteindre l’incendie de la crise financière qui enserre l’Etat, les régions et les banques. Le pays emprunte à des taux d’intérêt désespérément hauts et menace d’emmener toute l’Europe dans son désastre, Allemagne comprise. Madrid brule-t-elle ?      

 

28 juillet :

 

C’est le scandale de la demi-journée : la région Ile-de-France va délocaliser sa centrale téléphonique vers le Maroc. Soit 80 emplois sur le carreau. Comme quoi, même un socialiste comme Jean-Paul Huchon peut ne pas avoir de cœur. Mais là n’est pas le plus scandaleux. C’est le fait que le ministre du redressement productif se permette de l’inciter à revoir sa copie, tel un maître d’école avec son élève dans la pire tradition centralisatrice et jacobine française.

   

30 juillet :

 

Ségolène Royal l’a décidemment mauvaise. Le dernier commentaire qu’elle aurait assénée à propos de Najat Vallaud-Belkacem le prouve : « Elle s’appellerait Claudine Dupont, elle ne serait peut-être pas là ». C’est vrai : la ministre du droit des femmes est en train de se dégonfler comme une baudruche et on s’aperçoit qu’elle doit beaucoup plus à son nom qu’à ses compétences. Mais ce commentaire est étrange venant d’une responsable qui se targuait de défendre la diversité et la parité.

  

1er août :

 

C’était la polémique de la moitié de semaine. Le maire communiste de Gennevilliers voulait licencier trois animateurs de centre aérés qui font le ramadan sous prétexte qu’ils manqueraient de force pour assurer la sécurité des enfants. Argument grotesque qui cache péniblement la chasse aux musulmans que mènent les responsables politiques français, même de gauche. Et surtout les médias, qui feraient mieux de nous foutre la paix avec ce thème qui n’intéresse pas les français.

 

4 août :

 

Il est des marronniers auxquels on mettrait bien des marrons. C’est le milieu de l’été et donc le fameux chassé-croisé sur les autoroutes de France et de Navarre entre juillettistes et aoûtiens. Les voitures sont bloquées par le trop-plein et les points d’informations suivent en temps réel avec le bison pas futé l’évolution du trafic et des bouchons. Et quand ça coince, c’est tout le transit intestinal des vacanciers qui est difficile. C’est la rubrique gastro-entérique de l’été.

  

7 août :

 

Le pouvoir de Bachar Al-Assad ne tient plus qu’à un fil en Syrie. Son 1er ministre a déserté face à la terreur des combats et à la ferveur des rebelles. Le gibet s’approche pour le déjà ex-tyran qui ne bénéficiera malheureusement pas de la clémence qu’il n’a pas su usé avec son peuple. Pendant ce temps, la France de Hollande propose gentiment une aide médicale d’urgence. Bernard Kouchner est de retour, et il n’a décidemment pas envie de faire la guerre.

  

9 août :

 

Le conseil constitutionnel a donné son feu vert à François Hollande pour qu’il annule le traité sur la rigueur signé et ratifié par la droite et qu’il fasse passer par des voies détournées la règle d’or qu’il n’ose pas présenter en congrès à ses amis de l’extrême gauche. Mais on est en pleine hypocrisie : le gouvernement fait du bidouillage constitutionnel pour imposer le compromis à moitié vrai de la relance. Ce sera plus difficile pour la suite du mandat.

 

14 août :

 

Le mariage homosexuel risque de faire débat à la rentrée. La gauche l’a remis sur la place publique avant les vacances pour provoquer les milieux conservateurs et la réplique est arrivée. Dans son homélie, le cardinal de Paris a prié pour que les enfants aient de « vrais parents », chassant ainsi les couples homosexuels illégitimes. A moins que les médias n’aient contribué à monter en épingle cette banale citation sur laquelle ils semblaient être à l’affut.

 

19 août :

 

La fête de la rose a bien eu lieu. Arnaud Montebourg continue avec sa piètre farandole de pré-rentrée qui devance toujours les universités d’été du PS et le met inutilement en vedette. Même au gouvernement, il veut toujours semer le trouble chez ses camarades socialistes en parlant de sa propre voix. Ce sera sûrement un lourd handicap dans les moments difficiles où il faudra montrer une unité de ton dans le discours. A gauche, personne n’y a pensé.

 

21 août :

 

Les roms causent décidemment bien des soucis aux gouvernements français. Après la droite, c’est au tour de la gauche de s’empêtrer dans un nouveau pataquès sur la question de l’exclusion des squatters. Après avoir chialé sur leur sort en 2010, les socialistes sont en effet bien embêtés au moment de faire appliquer la loi. Martine Aubry s’est ainsi démarquée du gouvernement en regrettant le manque de concertation sur un démantèlement de camp près de Lille. Opportunisme inopportun.   

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