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30 janvier : 

 

La réforme des 35 heures est-elle en train de devenir un marronnier à élections ? Avant Nicolas Sarkozy hier, c’était en effet Manuel Valls qui il y a à peu près un an avait proposé leur suppression, en pleine campagne des primaires socialistes. Les élections, ça fait dire beaucoup de promesses et quelques bêtises.

 

1er février :

 

A l'occasion de ses traditionnels voeux à la presse le 31 janvier 2012, Nicolas Sarkozy s'est donné en spectacle, alternant les bons mots et les allusions complices. Une habitude, lui qui en 2008 avait déjà fait rire tout le monde sur le dos de Laurent Joffrin et confié "Avec Carla, c'est du sérieux". Autre temps, autres moeurs, le 31 janvier 1964, le général de Gaulle tenait un tout autre discours, avec sa fameuse conférence de l'Elysée.

 

3 février :

 

Le suspense dure toujours autour de la vraie fausse déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy. En président-candidat, il a laissé échapper cette dernière semaine des indices témoignant de son impatience d'en découdre. "J'ai rendez-vous avec les français, je ne me déroberai pas". En tout cas les français sont de plus en plus pressés que ce rendez-vous ait lieu, 49% d'entre eux souhaitant que le président clarifie sa situation au plus vite.

  

4 février :

 

Les spécialistes vous diront que le site internet du Front National est certainement l'un des plus moches de tout le web politique. Une fois considéré la forme, la lecture du fond nous y rappelle que la franchouillardise reste bien le thème privilégié du FN, même si cela a tendance à être édulcoré dans les médias traditionnels. Avec une forte personnalisation autour de la candidate Marine Le Pen, une vieille habitude dans la famille, le père Jean-Marie ayant fait toute sa carrière avec des affiches... qui affichaient la couleur.

 

6 février :

 

La signature mercredi dernier de la charte sur le mal-logement par la plupart des candidats jusqu’ici déclarés n’était pas une première. En 2007 déjà, Nicolas Hulot avait fait signer par tous les candidats une charte du même type avec son Pacte écologique, par lequel ils s’engageaient à prendre des mesures en faveur de l’environnement. Pas inutile car cela déboucherait sur le Grenelle de l’environnement, mais un peu malhonnête quand même de forcer ainsi la main.

 

7 février :

 

Angela Merkel va apporter son soutien à Nicolas Sarkozy. Normal pour François Hollande, il s'agit de deux partis de droite qui siègent ensemble au Parlement européen au sein du PPE. Mais cela a choqué certains qu'un dirigeant d'un autre pays européen, surtout l'Allemagne, prenne position dans ce débat franco-français, y voyant un désaveu pour le candidat socialiste. Pourtant, ce duo Merkozy n'est pas une première. En 1995, Helmut Kohl avait déjà apporté son soutien à Edouard Balladur contre Jacques Chirac avec une fameuse rencontre à Chamonix. En 2007, le chef du gouvernement espagnol Zapatero venait même à un meeting de Ségolène Royal.

 

8 février : 

 

L'outre-mer vient de faire son entrée dans la campagne présidentielle. Ce week end, Nicolas Sarkozy avait déjà adressé un message d'excuses pour ne pas s'être rendu dans les îles de Polynésie durant son quinquennat, ce qui est peut être heureux pour les deniers publics. Hier, Marine Le Pen se faisait chahuter à la Réunion et le député de la Martinique Serge Létchimy secouait le Palais-Bourbon en remettant le nazisme au goût du jour. Voila de quoi satisfaire tous les orateurs du PS, qui ont passé les primaires à saluer "nos compatriotes des outres-mers".

 

9 février : 

 

Sale temps pour Nicolas Sarkozy. Avec la mise en examen hier d'Eric Woerth dans le cadre de l'affaire Bettencourt, le doute s'installe plus que jamais sur la légalité du financement de sa campagne de 2007. Pourtant, avoir plein d'affaires contre soi n'est pas forcément un désavantage pour être réélu président de la république. En 2002, Jacques Chirac l'avait bien été alors qu'il en avait accumulé de belles : le financement illégal du RPR, les frais de bouche de l'Elysée, les emplois fictifs à la mairie de Paris... Pas pris, pas vu.

 

11 février : 

 

La gauche qui gagne les élections présidentielles en 2012 ? Coluche l'avait prévu... dès les années 1970. Dans son sketch "Misère", et sur le ton de la blague, il nous prévenait en effet du retour de la gauche qui nous déporterait tous au goulag. Il fallait être visionnaire.

 

12 février : 

 

C'est la réponse du berger à la bergère. Suite à l'interview de Nicolas Sarkozy dans Le Figaro Magazine où il présente "ses valeurs pour la France", François Bayrou qui les trouve un peu trop à droite a réagi et promis une campagne "valeurs contre valeurs". Une posture dite humaniste certes facile à porter, mais qui va bien au candidat centriste dont la campagne s'étiole un peu. Mais cela prouve que le président a repris le contrôle de l'agenda, François Hollande lui-même ayant aussi réagi.

 

14 février : 

 

Le PS a porté sa plainte hier auprès de la commission des comptes de campagne concernant les comptes de campagne du président de la république, qui justement ne sont pas comptés tant qu'il ne se déclare pas candidat. Et qu'il fait de la politique avec l'argent des contribuables. Un soucis que l'on comprend, quand on sait les risques d'annulation d'élections qui courent. L'an dernier déjà, c'était l'élection de Jean-Paul Huchon au conseil régional d'Ile-de-France qui avait failli être annulée à cause de l'utilisation non autorisée d'une campagne de promotion qui vantait le bilan de l'élu socialiste à quelques mois du scrutin.

 

15 février : 

 

"Oui, je suis candidat". Voilà ce que devrait dire ce soir Nicolas Sarkozy au JT de TF1, officialisant enfin son entrée en campagne. Une manière de se déclarer qu'il emprunte à François Mitterrand, qui avait fait de même en 1988 quoique plus tard, et qui correspond à la volonté du président actuel de montrer qu'il est jusqu'au bout. Ce ci en attendant une sorte de lettre aux français, dans laquelle il expliquera son programme, comme déjà... un certain François Mitterrand en 1988.

 

16 février : 

 

La déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy a été l'occasion de plusieurs clins d'oeil à l'histoire des élections présidentielles. On remarquera que son slogan"La France forte", s'il s'oppose à la France floue et à la gauche molle censées être incarnées par François Hollande, fait référence au slogan d'entre-deux-tours de Valéry Giscard d'Estaing, "Il faut une France forte". Et son affiche avec la mer en arrière-plan, si elle file la métaphore du capitaine de navire, rappelle aussi celle de François Mitterrand et du "socialisme, une idée qui fait son chemin".

 

19 février : 

 

Cela a fait un peu de bruit pour rien, mais Eva Joly a changé de couleur de lunettes. Du rouge elle est passée au vert, et de suite tout ce qu'elle dit s'est trouvé transfiguré. Un relooking qui fait penser à celui de Jacques Chirac lorsqu'il délaissât ses lunettes, ce qu'aurait aussi du faire Valéry Giscard d'Estaing lors du débat d'entre-deux-tours des élections de 1981... Mais parler ainsi, c'est voir la politique par le petit bout de la lorgnette.

 

20 février : 

 

Nous parlions il y a déjà un petit moment de discours interchangeables en comparant les discours de Nicolas Sarkozy en 2007 et de François Hollande en 2012. Nouvelle confirmation hier avec l'entrée en scène de Nicolas Sarkozy, affirmant "Je suis venu vous parler de la France", soit exactement la même phrase que François Hollande lors de son discours du Bourget. C'est pas bien de regarder sur la copie du voisin.

 

22 février : 

 

On l'aura compris, après le président protecteur, Nicolas Sarkozy a réaxé sa campagne sur le candidat du peuple contre les élites et les "corps intermédiaires". "J'ai besoin de vous", ne cesse-t-il de nous susurrer lors de ses meetings. Dommage que la rumeur Véolia ne mette sa sincérité en doute. Et dommage que Carbone 12 ait de la mémoire, qui a retrouvé dans ses tiroirs un "Je ne vous trahirai pas" crié en 2007 qui sonne bien faux aujourd'hui à l'heure des bilans.

 

23 février : 

 

Petite datation au carbone 12, pour remonter dans notre mémoire. On se souvient tous du fameux "Casse-toi pauvre con" de Nicolas Sarkozy. Un peu moins de la réaction de Jacques Chirac à la sortie de la messe à Bormes-les-Mimosas. Traité de "connard" par un fidèle, il lui répondit par un "Enchanté, moi c'est Jacques Chirac". Autres temps, autres moeurs.

 

24 février : 

  

Les petits candidats se sont hier fait remarquer pour leur usage des finesses de la langue française. D'un côté Philippe Poutou qui néologise en accusant Nicolas Sarkozy de "nous baratiner", mais on avait déjà pu observer que le garçon était un faux méchant et un vrai naïf. Et de l'autre Eva Joly qui prouve à ses détracteurs qu'elle maîtrise bien notre langue en "emmerdant" Corinne Lepage qui a cru être plus verte qu'elle. On en apprend tous les jours.

 

 

26 février :

 

C'est parti pour le Salon de l'Agriculture. Un semaine où les candidats vont caresser le cul des vaches et les paysans dans le sens du poil. L'occasion aussi de se remémorer certains des meilleurs moments des éditions précédentes, que ce soit avec le président Sarkozy ou avec l'ex-président Chirac.

  

29 février :

 

Les mésaventures du couple Arnaud Montebourg-Audrey Pulvar nous font penser que les couples entre hommes politiques et femmes journalistes sont de plus en plus fréquents, comme si la connivence était allée trop loin. On pense aux couples Jean-Louis Borloo-Béatrice Schöenberg, Bernard Kouchner-Christine Ockrent, François Baroin-Marie Drucker (séparé depuis). La future première dame pourrait même être une de ces reporters, en la personne de Valérie Trierweiler, compagne de François Hollande. 

 

1er mars : 

 

"N'ayez pas peur". En déplacement hier en Grande-Bretagne chez le leader du Labour Ed Miliband, François Hollande a tenu à rassurer la City en prévenant qu'il n'était "pas dangereux". Deux remarques. D'une part la gauche a toujours peur de la réaction des marchés. Rappelons que le 11 mai 1981, lendemain de la victoire de François Mitterrand, la Bourse de Paris avait chuté de plus de 20%. D'autre part la gauche européenne est bien malade et il est temps pour elle de se remettre un peu à gagner. Hollande est d'accord pour commencer.

 

2 mars : 

 

On se demande si la sécurité des candidats est assurée. Après l'enfarinade de François Hollande, c'est au tour de Nicolas Sarkozy d'être chahuté. C'était hier à Bayonne. Il avait déjà été agrippé l'été dernier lors d'une visite officielle à Agen. A croire que certains lui en veulent tellement qu'ils sont prêts à recourir à l'agression. Ce sont les risques du métier. 

 

4 mars : 

  

Le printemps arrive, c'est François Hollande qui le dit. Hier à Dijon, il a fait référence aux parfums de victoire qui viennent avec les beaux jours. Et a de nouveau moqué l'hyper-président Sarkozy en promettant qu'avec lui il y aurait un gouvernement. Qu'on se le dise. Pendant ce temps, toujours par meetings interposés, ce dernier reparlait d'immigration à Bordeaux, quelques mois après avoir parlé de fraude sociale dans les mêmes lieux en plein automne. C'est l'hiver. 

 

6 mars : 

 

Ce soir, Nicolas Sarkozy joue gros dans l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2, après une semaine plus que difficile. D'autant qu'il sera confronté à Laurent Fabius, bon débatteur et sur lequel le PS mise beaucoup. Mais on a déjà vu qu'Alain Juppé n'était pas parvenu à faire flancher François Hollande. Or, Laurent Fabius n'a pas que des bons souvenirs dans les débats, comme son affrontement face à Jacques Chirac en 1986.

 

7 mars : 

 

François Hollande a parlé de "mettre au pas" le monde de la finance. La rhétorique est militaire, on a compris qu'il ne ferait pas de cadeaux aux spéculateurs et aux actionnaires. Dommage que le terme soit inspiré du vocabulaire hitlérien, le dictateur ayant mené dans les années 30 un grand projet de "mise au pas" (Gleichschaltung) de l'Allemagne pour la préparer à la guerre et rompre avec tant d'années d'indiscipline.

 

9 mars : 

 

Depuis plus d'un an déjà, Nicolas Sarkozy joue sur l'argument de son expérience du pouvoir pour prendre le dessus sur François Hollande, qui lui n'a jamais été ni même ministre. C'est pourquoi ce dernier a tenu à réfuter cet argument au nom de la nécéssaire alternance en démocratie. Cela fait un peu penser à cette scène du film "Hibernatus" dans laquelle Louis de Funès, Sarkozy avant l'heure, refuse de quitter la direction de son entreprise en se demandant qui pourra signer les chèques à sa place. Vue la manie dépensière de la France, on ne se fait pas de souci pour ça.

 

10 mars : 

 

Alors que les "Shame on you" s'abattent de nouveau sur Dominique Strauss-Kahn et que la journée de la femme en a terminé, il est temps d'avoir un peu de mémoire. Pour se rappeler que malgré les belles intentions, le PS n'a pas forcément fait le ménage devant sa porte. On se permettra de rappeler le silence assourdissant de François Hollande l'été dernier sur l'affaire Tristane Banon, qui faisait écho à son silence en tant que 1er secrétaire déjà à l'époque des faits. Il s'en était lavé les mains.

 

11 mars :

 

Après les discours interchangeables et les discours en interaction, on attend de la part des deux favoris Mimolette (un bon fromage de Hollande) et Talonnette (l'atout-maître de Sarkozy) qu'ils entrent vraiment en conflit direct. Car jusqu'ici ils ont soigneusement évité de se citer durant leurs meeting, rappelant le duel surréaliste entre Lionel Jospin et Jacques Chirac en 2002 où les deux candidats tiraient à boulets rouges sans jamais dire sur qui. Peut-être que les hostilités vont commencer ce dimanche.

 

12 mars : 

 

C'était censé être la campagne de la crise, or mis à part quelques salves en janvier, on n'en a jamais aussi peu parlé. On peut comprendre que les français n'aient pas envie qu'on leur rabâche à longueur de journée que le pays va mal et que leur porte-monnaie va de plu en plus se vider. Mais tout de même, qu'aurons-nous à raconter à nos petits-enfants quand on leur parlera de la fameuse crise de 2008, comparable à celle de 1929 ? Juste que la campagne de 2012 ne fut pas à la hauteur des enjeux.

 

13 mars : 

 

Sans surprise, Marine Le Pen a annoncé ce matin qu'elle avait ses 500 signatures. Beaucoup de bruit pour rien, donc. On se rappellera que les années d'avant son père Jean-Marie avait déjà joué la même comédie, allant même jusqu'à se faire filmer en train de harceler les maires au téléphone. En tout cas, cette fin de semaine risque d'être passionnante d'ici la clôture des dépôts de candidature vendredi à 18 heures, avec quelques possibles retraits chez Dominique de Villepin ou Eva Joly.

 

14 mars : 

 

Après tant de ralliements des petits candidats de la droite à Nicolas Sarkozy, il fallait bien qu'il y en ait un à gauche qui rejoigne François Hollande. Depuis hier et grâce à Jean-Pierre Chevènement, c'est fait. Oh on ne peut pas dire que ce soit une surprise... Le président du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) s'est allié à "l'homme le mieux à même de rassembler". C'était déjà l'argument mis en valeur par le PS lorsqu'il s'était retiré le 1er février. 

 

16 mars : 

 

Après deux sondages contradictoires, le dernier en date réalisé par l'IFOP donne Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité à 28%. Ce qui signifie que l'écart s'est largement resserré depuis janvier, soit grâce à la remontée du président ou à cause du repli du socialiste. Mais au 2ème tour, ce dernier l'emporterait avec 54% des voix. Sarkozy est donc parvenu à remobiliser son camp. Il lui faut à présent chercher des reports de voix, notamment chez les centristes.

 

17 mars : 

 

Le débat entre François Hollande et Jean-François Copé dans l'émission "Des paroles et des actes" fut de l'avis unanime un moment de qualité dans cette campagne, où le secrétaire général de l'UMP a même mis en difficulté le candidat socialiste. Or c'est un duel qui pourrait peut-être se reproduire dans les prochaines années, et notamment en 2017. Si François Hollande était élu cette année, il y aurait en effet de fortes chances que son challenger dans cinq ans soit le maire de Meaux, qui a déjà réservé sa place pour les prochaines élections.

 

18 mars : 

 

A l'invitation de la FCPE, six candidats à l'élection présidentielle étaient invités hier à faire connaitre leurs propositions sur l'éducation. Eva Joly en a profité pour critiquer l'élitisme à la française. Ce qui dans sa bouche sonne comme une leçon donnée de l'étranger, même si on sait que l'ex Miss Norvège est naturalisée française depuis plus de 35 ans. Mais cela avait déjà joué le rôle de repoussoir lorsqu'elle avait critiqué le défilé du 14 juillet, tradition certes désuète mais à laquelle les français sont attachés. De là à en faire la capitaine d'un drakkar dans la tempête...

 

19 mars : 

 

Nicolas Sarkozy a présenté hier des propositions pour lutter contre le chômage des seniors lors de l'émission "Capital" sur M6. Il a annoncé un allègement des charges pour les entreprises qui embaucheraient en CDI ou en CDD de plus de six mois des salariés de plus de 55 ans, partant du principe que ce serait plus attractif. Or, la recette a déjà servi dans la réforme des retraites. Et on ne peut pas dire qu'elle ait changé les choses.

 

21 mars : 

 

Avant la tuerie de Toulouse, il y avait eu en pleine campagne présidentielle en 2002 un massacre à Carpentras qui avait fait polémique. En plein débat sur l'insécurité, gauche et droite s'étaient crêpés le chignon au lieu d'observer le recueillement nécessaire dans le seul but de faire trébucher l'adversaire. Chose que veut éviter Nicolas Sarkozy cette année. Il en a tout intérêt, les déclarations de François Bayrou n'ayant pas manqué de le mettre en cause sur son discours diviseur.    

 

22 mars :

 

Une partie des dirigeants du NPA vient de se désolidariser du candidat du parti, Philippe Poutou, pour déclarer son soutien au bien plus charismatique Jean-Luc Mélenchon. Seul problème, il ne joue pas dans leur équipe, ce qui revient à se marquer un but contre son camp. Un peu à l'image des propos désobligeants de Jean-Christophe Lagarde sur Hervé Morin, le candidat du Nouveau Centre qu'il était censé défendre. Que de mutineries !

 

24 mars : 

 

Jean-Luc Mélenchon a fait un grand bon en avant cette semaine. Après le meeting fastueux de la Bastille, il est devenu le troisième homme des sondages, avec 14% des intentions de vote. Voila qui devrait énerver sa grande rivale Marine Le Pen, dont le score fond comme neige au soleil de semaine en semaine. Mais qu'on se rassure, les deux extrémistes repartiront bons amis, mais de toute façon ils l'étaient déjà...

 

26 mars : 

 

On se demandait à qui profiterait le crime, et on ne va pas tarder à avoir la réponse. Entre un Nicolas Sarkozy bien dans son rôle de président et un François Hollande juste discret ce qu'il faut, entre un François Bayrou accusateur et un Jean-Luc Mélenchon silencieux, Marine Le Pen pourrait bien venir tirer les marrons du feu, sans même avoir besoin d'y mettre de l'huile dessus. L'amalgame entre l'islam et l'islamisme est facile, et l'immigration est un thème qui lui convient bien mieux que l'économie. A confirmer dans les sondages.

 

27 mars : 

 

Cela faisait un moment que ça chauffait, mais DSK a enfin été mis en examen. Pour proxénétisme en bande organisée, ce qui est une manière un peu pudique de qualifier sa passion pour les relations tarifées avec des belles femmes. Mais décidément, après le Sofitel et le Carlton, les hôtels sont devenus un lieu maudit pour l'ex directeur général du FMI. Et peut-être aussi pour le PS, qui reste muet comme une carpe. Nul doute que la droite saura pièger François Hollande sur ce thème. Ironiquement, celui qui devait faire gagner la gauche en 2012 pourrait bien la faire perdre.

 

28 mars : 

 

Les candidats rédigent-ils personnellement leurs programmes ? On se le demande quand on voit les trous de mémoire qu'ils peuvent avoir. A l'image de celui de François Bayrou, qui a réfuté que l'augmentation des bourses scolaires pour les enfants de classes moyennes soit dans son programme alors qu'un collaborateur avait certainement du la mentionner par erreur. Une gaffe qui rappelle celle du candidat républicain Rick Perry lors des primaires de son parti aux Etats-Unis.

 

29 mars : 

 

Nicolas Sarkozy est en train de réussir son improbable retour, en partie parce qu'il a réussi à remobiliser son camp qui semblait se désespérer en janvier de son hésitation à se lancer dans la campagne voire de ses projets de reconversion. Mais ils ont bien écouté l'appel du président : "Aidez-moi", formule directement empruntés à De Gaulle et devenue un gimmick de ses discours. Formule qui rappelle également le "J'ai besoin de vous" de 2007.

 

30 mars : 

 

François Hollande était hier en meeting à Mont-de-Marsan, dans les Landes. Ce sont les terres d'Henri Emmanuelli, mais aussi celles de Latché où François Mitterrand avait sa résidence d'été. Et il fut d'ailleurs beaucoup question de François Mitterrand, alors que la gauche commence à douter de pouvoir lui trouver un successeur en 2012. On se croirait en 2002, où Lionel Jospin qui était d'abord en tête dans les sondages a ensuite accumulé les erreurs lorsque la situation s'est retournée.

 

31 mars : 

 

Michel Rocard a été victime hier d'un malaise lors d'un congrès auquel il participait en Suède. L'ancien 1er ministre avait déjà été victime d'un accident cardio-vasculaire cérébral en Inde en 2008, duquel il s'était bien sorti car il a pu depuis codiriger la commission sur le Grand emprunt avec Alain Juppé. Des ennuis de santé qui font un peu penser à la fin tragique de Gaston Defferre, décédé en 1986 suite à une mauvaise chute due à un malaise.

 

2 avril : 

 

François Bayrou aime les dimanches, même s'il y est un peu forcé. Pas le temps pour lui d'aller à la messe, car c'est le seul moment de la semaine où les deux favoris font la pause et où on entend les autres candidats. Alors il accuse, que ce soit le système de financement des campagnes ou l'influence de Jean-Luc Mélenchon sur François Hollande et de Marine Le Pen sur Nicolas Sarkozy. Dommage qu'il ne parle qu'un jour sur sept et qu'une fois tous les cinq ans.

 

3 avril : 

 

Nicolas Sarkozy continue son offensive. Hier à Nancy il s'en est pris aux engagements politiques de la CFDT locale sur le dossier de Florange, ce qui a fait dire à François Hollande qu'il était "méprisant". N'y voir aucune référence à un néologisme à la mode. Surtout il a appelé à ne pas arrêter les réformes, sinon "ça nous tuerait". Un argument facile pour demander à ce qu'on ne change rien, et surtout pas de président.

 

4 avril : 

 

Que serait une élection présidentielle sans ses petits candidats d'extrême gauche ? Une soupe bien fade, surtout quand on entend Jacques Cheminade nous reparler de la conquête de l'espace ou Philippe Poutou nous "baratiner", retenant bien ainsi l'exemple des gros candidats qui inventent des nouveaux mots. Eux viennent comme ils sont, et c'est ça qu'on aime. Même s'ils ont un peu tendance à nous ressortir la théorie du complot.

 

5 avril : 

 

Le chiffre a fait mal mais il faut bien faire avec : 32% des électeurs auraient prévu de s'abstenir au 1er tour. La faute à une campagne qui ne passionne pas car elle se perd dans des sujets de diversion. Les programmes n'attaquent pas les vrais sujets mais prennent des lignes de fuite, à l'image des propositions de François Hollande pour lutter contre ladette, qui se contentent de faire le constat qu'il faut de la croissance sans apporter les solutions pour y arriver.

 

6 avril : 

 

Alors que François Hollande et Nicolas Sarkozy parlent d'organiser un grand meeting en plein air le 15 avril prochain respectivement au Parc de Vincennes et sur la Place de la Concorde, Jean-Luc Mélenchon lui les fait en vrai. Après la Bastille et une tripotée de meetings à guichets fermés, il a hier encore rempli et même fait déborder la Place du Capitole à Toulouse. Le peuple de gauche s'est trouvé un nouveau héros, même si on lui souhaite de bien en profiter d'ici le 22 avril car les lendemains seront plus difficiles.

 

8 avril : 

 

Il y aura bien deux débats avant le 1er tour, avec à chaque fois cinq candidats. Il sera intéressant de voir la composition des groupes, qui pourrait avantager l'un des deux favoris ou permettre à un outsider de se faire remarquer. C'est une première en France, là où aux Etats-Unis on finit par en vomir tellement il yen a de débats. C'est la victoire morale de Nicolas Dupont-Aignan, qui a beaucoup milité pour qu'ils aient lieu. Pas sûr néanmoins que le spectacle soit au rendez-vous, quand on se souvient de la soupe informe des débats des primaires socialistes.

 

11 avril : 

 

Il y a la campagne officielle et il y a la campagne officieuse. Loin de l'égalité du temps de parole des médias ou de la campagne d'affichage assurée par les personnels municipaux, le rôle des militants risque d'être important ces prochains jours pour convaincre les indécis. De manière constructive quand il s'agira de distribuer des tracts aux badauds déjà en vacances. De manière plus destructrice quand il faudra faire de l'affichage sauvage et détruire celui du voisin.

 

12 avril : 

 

Eva Joly n'est ni la gauche molle de François Hollande ni la gauche folle de Jean-Luc Mélenchon. Elle est la gauche raisonnable. On aurait plutôt dit la gauche pas drôle, pour celle qui a enfin perdu ses bleus à l'âme et retrouvé ses lunettes vertes. Elle imagine tellement bien sa défaite qu'elle rêve déjà d'un maroquin, au ministère de la justice. Pourvu que Hollande le mou ait la main ferme pour trancher dans le vif.

 

14 avril : 

 

François Hollande a promis qu'il ne ferait pas d'ouverture dans son futur gouvernement. Les pluralistes gueuleront, mais les partisans de l'efficacité seront soulagés de voir que cette invention de Michel Rocard, reprise par Nicolas Sarkozy pour diviser la gauche et le centre, ne sera pas une nouvelle fois instrumentalisée. Mais c'est se priver de draguer François Bayrou pour en faire un 1er ministre...

 

16 avril : 

 

Nicolas Sarkozy n'a plus que la méthode Coué. Son meeting de dimanche a un peu remonté le moral de troupes défaillantes au moment le plus important. Mais il sait que son beau retour en grâce s'est arrêté en cours de route. Il a fait deux erreurs : faire preuve de trop d'arrogance et résumer son catalogue de propositions au lieu de continuer à en faire d'autres. Maintenant il mise tout sur le débat, mais il pourrait être très déçu.  

 

17 avril :

 

La campagne officielle s'achève vendredi à minuit et chacun devra avoir dit son dernier mot. Les meetings sont interdits et les sondages ostracisés. Ils le sont tellement que c'est à l'étranger que l'on s'amuse à publier avant l'heure fatidique (dimanche, 20 heures) le résultat final. Le CSA aura beau lutter autant qu'il veut, les règlements ne peuvent pas tout et n'existent que pour être contournés.

 

18 avril : 

 

Jamais le Smic n'avait autant attiré l'attention. Après Jean-Luc Mélenchon qui voulait le rehausser à 1700 euros, François Hollande a promis de "lui donner un petit coup de pouce". Mais on ne pense pas assez aux conséquences en termes de hausse des prix et de déficit de la balance commerciale de cette mesure. La proposition d'un salaire maximum du candidat du Front de gauche et bien plus attractive sur ce point.

 

19 avril : 

 

On commence de plus en plus à draguer François Bayrou. Pourtant, jamais son poids électoral n'a été aussi pauvre, et il pourrait bien passer ce dimanche sous la barre des 10%. Le centriste ne devrait certainement pas prendre parti - comme en 2007 - au contraire de Jean-Luc Mélenchon qui a déjà annoncé qu'il se rallierait à François Hollande pour barrer la route à Nicolas Sarkozy. Une erreur stratégique ?

 

21 avril :

 

Il y a dix ans c’était le 21 avril et le plus grand séisme de l’histoire politique française contemporaine depuis le 10 mai 1981. Jean-Marie Le Pen terminait deuxième du 1er tour, éliminant du même coup Lionel Jospin, et se qualifiait pour la finale. Aucun sondage ne l’avait prévu, ce qui donne matière à réflexion avant d’éventuelles surprises demain soir à 20 heures.

 

23 avril :

 

Nicolas Sarkozy semble salement en difficulté dans ces désélections présidentielles. C’est pourquoi il brandit son arme ultime, la tenue de trois débats pour voir si son adversaire François Hollande a vraiment du courage. Celui-ci a bien sûr refusé et dénoncé comme un caprice cette idée déjà soulevée par Valéry Giscard d’Estaing en 1981 pour retourner la tendance et reprise cette semaine par Alain Duhamel. Les radios et les chaines d’info seraient contentes, mais celui qui court en tête prend toujours ses jambes à son cou quand on lui demande ainsi de s’exposer.

 

24 avril :

 

On a beaucoup critiqué la campagne catastrophique d’Eva Joly dans ces colonnes. Mais force est de reconnaitre qu’avec 2,31% des suffrages, l’omelette norvégienne dont on comprenait de moins en moins ses dires aura fait mieux que Dominique Voynet il y a cinq ans (1,57%) alors que sa campagne semblait autrement mieux réussie. Mais il est vrai que les verts brillent rarement aux élections présidentielles.

 

26 avril :

 

La chasse au FN est ouverte. Mais qu’on ne s’y trompe pas : l’UMP et le PS ne reconnaissent pas qu’ils essaient de convaincre le parti frontiste, qui de toute façon ne prendra pas partie. Ils déclarent vouloir persuader ses 6,4 millions d’électeurs, victimes « de la souffrance » selon Nicolas Sarkozy ou « partis vers des vents mauvais » selon François Hollande. Ce que l’on devine en tout cas, c’est que la fin de campagne prend des airs de plus en plus nauséabonds.

 

27 avril :

 

François Bayrou avait promis au soir de son élimination « de prendre ses responsabilités ». Autrement dit de choisir entre les deux finalistes. Mais il ne pourra pas. S’il choisissait Nicolas Sarkozy, il saborderait sa fin de carrière après avoir tant dénoncé sa personnalité et ses valeurs. S’il choisissait François Hollande, il se marginaliserait définitivement de la refondation de la droite après avoir tant dénoncé son programme et son parti. Résultat : ses amis du Modem ont déjà déclaré leur choix et comme d’habitude il aura peu pesé dans le débat par excès d’attentisme.

 

28 avril :

 

Les élections présidentielles sont jouées. Nicolas Sarkozy est sûr de perdre, et ça ne lui réussit pas. Car en général on ne vote pas pour un candidat qui risque d’être battu, pour ne pas se mettre à dos la majorité. C’est pour cela qu’on peut émettre des doutes sur la possibilité que des électeurs frontistes ou centristes le rejoignent au 2ème tour. Sans compter qu’il pourrait bien perdre certains de ses électeurs d’ici là, démobilisés et découragés par le virage que prend sa campagne.

 

29 avril :

 

Les élections présidentielles sont jouées. François Hollande est sûr de gagner, et ça lui réussit. Il n’a fait que des bons choix cette semaine en refusant de draguer les électeurs du FN et en tenant sa conférence de presse qui lui donne presque une allure présidentielle. Il a la dynamique pour lui et joue la guerre de position, ne prenant aucun risque pour ne pas dilapider son avance. Il vaincra sans péril mais il se moque de triompher sans gloire.

 

30 avril :

 

Martine Aubry a annoncé hier qu’elle ne briguerait pas de nouveau mandat à la tête du PS. La gagnante du congrès de Reims dit laisser un PS en état de marche. A son arrivée « il faisait pitié », à son départ « le travail a été fait ». C’était facile pour un parti d’opposition, mais son prédécesseur n’était pas arrivé à faire régner la discipline. Maintenant elle va s’en retourner sur Lille, à moins qu’une place ne l’attende à Matignon malgré toutes les horreurs qu’elle aura pu dire sur le futur président.

 

1er mai :

 

François Hollande ne fera pas de meeting le 1er mai. Ceci pour au moins quatre raisons. Une : il préfère laisser défiler ses amis du PS avec les syndicats. Deux : il a largement assez d’avance et doit en dire le moins possible pour ne pas dire de connerie. Trois : il n’a plus assez d’argent dans ses comptes de campagne. Quatre : il faut qu’il retrouve sa voix pour le débat, parce qu’elle commençait à devenir dangereusement éraillée.

 

2 mai :

 

On s’y attendait un peu, mais Marine Le Pen a annoncé qu’elle voterait blanc à titre personnel au 2ème tour. N’ayant donc pas donné de consigne de vote pour ses électeurs du 1er tour, certains à droite comme Gérard Longuet ont cru bon de continuer à la draguer en déclarant qu’elle était devenue fréquentable, surtout depuis dix jours. Pourtant ses électeurs n’ont pas attendu qu’elle s’exprime pour s’apprêter à faire la même chose qu’elle.

 

3 mai :

 

Petite analyse du comportement des deux débatteurs. Un peu stressé au début, François Hollande est peu à peu rentré dans le bain en prenant de la hauteur et en jouant les professeurs. Nicolas Sarkozy a lui repris ses mimiques à la Louis de Funès pour bien montrer sa présence. Le président a dominé l’économie par son expérience de la fonction et dénoncé l’indécision de l’adversaire. Le socialiste a surpris sur l’immigration et assumé sa stature présidentielle.

 

4 mai :

 

Les jeux sont faits. Les sondages donnent François Hollande vainqueur du débat. Certes par défaut car Nicolas Sarkozy ne l’a pas gagné, mais vainqueur quand même. Ce dernier s’avoue presque vaincu, en appelant tel Valéry Giscard d’Estaing en 1981 à ne pas se livrer aux fantaisies des lubies socialistes. Ceci après avoir appelé à la rescousse hier pendant tout le débat l’exemple des pays qui marchent avec l’Allemagne, comme en 2007, et le contre-exemple de l’Espagne, sans avancer son propre projet.

 

6 mai : 

 

François Hollande sera le 7ème président de la république en 54 ans de Vème République, le 2ème seulement de gauche. Ironie de l'histoire, il porte le même prénom que son prédecesseur chez les socialistes et provient de la même Corrèze que Jacques Chirac, qui aura une fois de plus pesé sur l'élection en lui apportant son soutien oral. Nicolas Sarkozy aura été quant à lui le président le moins longtemps en exercice, quinquennat oblige.

 

7 mai :

 

La campagne présidentielle s’achève à peine que commence déjà la campagne législative. La gauche espère confirmer la victoire d’hier soir mais la droite agite déjà le spectre d’une gauche ayant tous les pouvoirs. Elle réclame donc l’assemblée nationale, sans dire qu’en fin de compte c’est le seul qui compte puisque c’est celui qui permet de faire les lois. Mais l’extrême droite, à 18% dans les sondages comme aux présidentielles, pourrait l’en empêcher avec de nombreuses triangulaires.

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