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8 mai :

 

La gauche est à peine élue que les ennuis commencent. Angela Merkel s’est dite prête à accueillir François Hollande « à bras ouverts ». Mais elle a également dit qu’elle ne céderait pas un pouce sur le pacte budgétaire. Une bien curieuse manière de souhaiter la bienvenue. Dans son goût légendaire du compromis, François Hollande devrait sûrement s’asseoir sur sa première promesse électorale en ne revenant pas sur ce pacte et en proposant d’en joindre un autre, en annexe.

 

9 mai :

 

Nicolas Sarkozy a dit « au revoir » aux militants et sympathisants ce dimanche, comme Valéry Giscard d’Estaing de manière plus théâtrale en 1981. Mais il n’a pas dit clairement adieu, comme s’il voulait laisser la porte ouverte à un possible come back. Pendant ce temps, il sera le commandeur et l’ombre tutélaire, constamment en réserve de la république.

 

10 mai :

 

On avait failli oublier après une rase campagne où l’on n’a parlé que de viande halal et de vrai travail que la crise continuait en Europe. Les élections législatives qui se sont tenues en Grèce ce dimanche l’ont cruellement rappelé. Avec des scores record pour les extrêmes et aucun camp capable de former un gouvernement, le pays s’est en plus offert une crise institutionnelle pour avoir refusé l’austérité. La sortie de la zone euro n’est plus un scénario fou.

 

11 mai :

 

Les sondages pour les élections législatives donnent la gauche aisément en tête avec 45,5% contre 32,5% à la droite et 16% à l’extrême droite. Même si ces chiffres ne sont pas immédiatement convertibles en députés, on voit bien que la cohabitation semble impossible. Jean-François Copé l’a bien compris. Il se prépare même à une « surveillance » de François Hollande, le rôle typique de l’opposition et des agences de notation.    

 

13 mai :

 

Angela Merkel veut calmer le jeu. Après avoir attaqué en public au Bundestag l’illusion de François Hollande d’obtenir d’elle une inflexion sur la rigueur, elle est nettement revenue sur ses propos en avouant qu’un compromis serait possible. Cela finit par être une habitude avec elle : elle est toujours contre au début mais elle finit toujours par se laisser convaincre. Un peu comme notre nouveau président, donc ils devraient bien s’entendre.

 

14 mai :

 

Décidément, Jean-Luc Mélenchon ne doute de rien. Après s’être auto-parachuté dans la circonscription de Marine Le Pen, la révélation de la campagne présidentielle a confirmé qu’il n’était pas rassasié et voulait aussi jouer un rôle dans la campagne législative en revendiquant des circonscriptions pour le Front de Gauche là où le FN est fort. Sa demande est simple : que le PS se retire au nom du désistement républicain pour faire gagner la gauche. Pas gêné !

 

15 mai : 

    

A croire que le PS retombe en excès de confiance. Bercé par les sondages qui donnent la gauche devant la droite (mais le PS derrière l’UMP) aux élections législatives, le pas encore parti majoritaire donne des circonscriptions à tour de bras à ses alliés : aux verts, au Front de Gauche, pourquoi pas à François Bayrou… A croire qu’il a oublié la leçon de 2002 ou que Martine Aubry veut empoisonner le mandat de François Hollande en le forçant à gouverner avec ces partis. Or cinq ans, c’est assez pour se chamailler.

 

16 mai :  

 

François Hollande s’est rendu hier à Berlin pour dire que « tout sera mis sur la table » pour favoriser la croissance, y compris les eurobonds. En gros l’Europe n’a toujours pas d’idée d’où elle veut aller. Encore moins Angela Merkel, qui accumule les défaites électorales comme son ancien acolyte du Merkozy et voit monter le SPD qui a embrassé les propositions du PS sur la relance et contre la rigueur.

 

17 mai :

 

Il y a 34 ministres (pas de secrétaires d’Etat) ce qui est correct, mais peu d’anciens ministres. La gauche étant absente des affaires depuis dix ans, il a même fallu s’en remettre à Laurent Fabius aux affaires étrangères pour apporter un peu d’expérience. Or le président et le 1er ministre n’ont eux-mêmes jamais exercé de responsabilités ministérielles. De là à appeler Martine Aubry, il n’y a qu’un pas que François Hollande n’a pas franchi.

 

18 mai :

 

Le premier ministre à dégainer une mesure est celui de l’éducation nationale Vincent Peillon. La semaine de 5 jours sera rétablie à l’école primaire, au grand dam des enfants et au grand bonheur des parents qui considèrent l’école comme une garderie. La première à critiquer cette mesure fut… Ségolène Royal ! A-t-elle envie par jalousie de pourrir dès le départ le bonheur et le mandat de son ancien compagnon ?

 

19 mai :

 

Ce sont les premiers couacs de la présidence normale. Jeudi, Vincent Peillon s’enflammait en annonçant le retour de la semaine de cinq jours à l’école primaire. Une critique de Ségolène Royal plus tard, le gouvernement assurait qu’il y aurait bien une concertation avec les acteurs du monde éducatif avant de mettre en place la mesure. Et pendant ce temps, Delphine Batho quittait enfin son logement social à 1500 euros.

 

20 mai :

 

Il n’y aura pas d’accord entre le PS et le Front de gauche aux élections législatives. Cela aurait permis d’éviter des triangulaires et d’être plus fort contre le FN. Cela aurait surtout donné quelques sièges à la formation communiste, qui se reprend à rêver après les 11,10% de Jean-Luc Mélenchon aux dernières élections présidentielles. Pendant ce temps, Martine Aubry n’avait pas vraiment envie de faciliter la tâche à François Hollande pour donner une majorité au changement.

 

21 mai :

 

Le scandale DSK continue. La justice vient d’ouvrir une enquête contre l’ancien directeur général du FMI pour tentative de viol avec violence sur une prostituée dans l’affaire du Carlton de Lille. Sans honte, ses avocats qui ont choisi un bon client ont cru bon de dénoncer l’acharnement des juges contre le socialiste. Cette affaire qui n’en finit plus montre qu’un retour en politique lui est de plus en plus impossible, même s’il s’en est toujours sorti dans ses affaires (la MNEF, Nafissatou Diallo, Tristane Banon).

 

22 mai :

 

Marine Le Pen a créé la surprise en déclarant qu’elle était prête à appeler à voter pour des candidats UMP - ouh la - et même PS - ouh la la - au 2ème tour des élections législatives dans les circonscriptions où le candidat FN serait éliminé. La condition : que le candidat soit caractérisé par son « honnêteté personnelle ». Pas sûr que ceux qui obtiendront ces soutiens officiels du FN en seront contents.

 

23 mai :

 

Le gouvernement a décidé de faire les choses dans l’ordre. Avant qu’Arnaud Montebourg ne se précipite, il va organiser un sommet social pour rencontrer les syndicats et les forces vives de la nation. Il sera question des retraites, du travail, des prestations sociales : que des sujets pour se fâcher. Les socialistes auront tôt fait de vanter cette capacité de dialogue en l’opposant à l’unilatéralisme de leurs prédécesseurs. Pourtant, le dernier sommet social date… du 18 janvier, sous Nicolas Ier.

 

24 mai :

 

François Bayrou semble parti pour voler vers une nouvelle victoire. Déjà battu aux élections municipales à Pau en 2008, humilié avec son parti aux élections européennes de 2009, marginalisé aux élections présidentielles de 2012, il devrait même perdre son siège de député aux élections législatives. La triangulaire avec l’UMP va lui causer du tort, et il paiera cher son ralliement courageux à François Hollande.

 

25 mai :

 

François Hollande a hier effectué une visite-éclair surprise en Afghanistan. Ce n’était pas Noël mais le moment était important : il est venu leur confirmer qu’il n’y aura plus aucune troupe combattante après la fin de l’année 2012. Mais la France ne partira pas pour autant : elle laissera une aide logistique, avec du matériel et des techniciens. Et rien ne dit que ceux-là ne se feront pas non plus canarder par les talibans.

 

27 mai :

 

Le ministre de l’éducation nationale Vincent Peillon rencontrait les responsables des parents d’élèves, notamment de la FCPE, pour faire un point sur les dossiers. Il a été accueilli avec bienveillance, et ses promesses sur l’augmentation des postes et de la révision des rythmes scolaires ont amplifié ce mouvement. Mais on est au début du quinquennat. Très prochainement, les sujets qui fâchent seront évoqués et l’éducation nationale trouvera des prétextes pour sa grève annuelle.

 

30 mai :

 

François Hollande passait sur France 2 au JT de David Pujadas, grand vainqueur de l’année politique au détriment de celui de Laurence Ferrari sur TF1. Il a posé sa stature de président, contrastant pour certains avec les tics et les tacs de son prédécesseur. Il a surtout voulu montrer qu’il serait « un président de l’action et non un président de transition », sachant ce qu’il veut et préparé à le mettre en place et à mettre en œuvre toutes se promesses. On attend de voir.

 

31 mai :

 

François Hollande veut montrer qu’il est un homme qui tient ses promesses. Il a donc annoncé que l’allocation de rentrée scolaire serait donc bien revalorisée de 25% pour les 3 millions de familles qui en bénéficient. Ce sont les grandes surfaces et les marchands de cartables qui vont être contents, car ce sont bien eux et eux seuls qui profiteront de ce coup de pouce puisque cet argent ne fera que passer par la poche des familles sans y rester bien longtemps.

  

1er juin :

 

Et Dominique de Villepin est encore là. Après avoir renoncé coup sur coup à se présenter aux élections présidentielles et aux élections législatives, l’ancien 1er ministre dont on se demande s’il est encore en politique a déclaré ne pas exclure un retour à l’UMP. Après tout, Nicolas Sarkozy n’est plus là, et il ne pouvait pas le voir. Prêt à enterrer son mouvement « République solidaire », peut-être a-t-il envie de se porter candidat à la présidence du premier parti de la droite ? Encore un.

 

2 juin :

 

François Hollande a reçu Vladimir Poutine. Choc des personnalités tant leurs caractères sont aux antipodes l’un de l’autre. Pourtant ils ont parlé du même thème, cette Syrie qui taille en pièces sa population. Il n’est pas sûr qu’ils aient le même avis sur la question. Le président français a annoncé cette semaine vouloir intervenir sous mandat de l’ONU pour chasser Bachar Al-Assad. Le président russe a ces derniers temps nuancé son soutien au dictateur. Mais il change rarement d’avis.

   

5 juin :

 

Le grand rendez-vous du gouvernement avec les partenaires sociaux a été baptisé par François Hollande la conférence d’Iéna. Parce qu’elle aura lieu au Palais d’Iéna à Paris. Surtout parce qu’il est toujours bon de donner des surnoms à ses rendez-vous : cela leur donne une dimension historique que le rythme effréné des médias a souvent tendance à gommer. C’est pour cela qu’on se souvient autant des accords de Matignon, du traité de l’Elysée ou des accords de Grenelle.

 

7 juin :

 

La réforme des retraites est actée. Le gouvernement socialiste revient à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt et qui ont 41,5 années de cotisations, pour les bonnes mères de familles et pour les chômeurs qui n’ont pas toujours pu cotiser. 110000 bénéficiaires au total, ce n’est pas tant que cela, mais le symbole montre que l’allongement de la durée de travail en France n’est pas à l’ordre du jour.

 

8 juin :

 

Pour la première fois depuis 1999, le chômage de la France est remonté au-dessus de la barre symbolique des 10%. La faute à la crise, sûrement. A l’incapacité de l’économie française à créer durablement de l’emploi, plus certainement. C’est en tout cas le symbole criant de l’échec de la présidence de Nicolas Sarkozy, qui en 2007 avait l’ambition de ramener le chômage au taux de plein emploi à 5%.

 

9 juin :

 

Le sort s’acharne. En 2007, un accident de scooter avec une voiture de police manquait de peu d’embraser les banlieues comme en 2005. En 2012, un nouvel accident de scooter avec un véhicule de police vient rappeler les difficultés que la France a à normaliser ses banlieues. Délinquance, exclusion, pauvreté : ce thème aurait dû être une priorité des élections présidentielles. Mais la banlieue n’était pas en campagne.

 

11 juin :

 

On n’aurait pas dû avoir si peur pour eux. Les nouveaux ministres socialistes qui jouent leur poste dans ces élections présidentielles s’en sont pour la plupart très bien sortis ce dimanche. Même Stéphane Le Foll a réalisé un exploit dans l’ancienne circonscription de François Fillon. Les anciens ministres ne se débrouillent pas mal non plus, profitant de leur notoriété pour rallier les suffrages. A l’image justement de François Fillon, très proche de la victoire dans sa nouvelle circonscription.

 

13 juin :

 

Nouvelle mesure symbolique mais néanmoins heureuse du gouvernement en faveur de la république irréprochable. Désormais, le salaire annuel des patrons d’entreprises publiques sera plafonné à 450000 euros. C’est encore un zéro de trop, mais c’est le salaire que gagne un footballeur en 15 jours. Cela pourrait donner des idées à certains conseils d’administration d’entreprises privées. A moins que cela ait un effet de repoussoir en ne laissant plus que les tocards postuler à se dévouer pour le service public.

 

15 juin :

 

Vincent Peillon a encore frappé. A côté. Un mois après sa bourde sur la semaine de 5 jours, les rythmes scolaires lui ont encore joué des tours avec les deux semaines de vacances de la Toussaint. Là encore annoncées dans un enthousiasme trop débordant, et là encore canalisées par le 1er ministre Jean-Marc Ayrault. La concertation sera de mise là encore, et on se demande quand ce gouvernement va prendre de vraies décisions. Et quand ses ministres vont se discipliner dans leur prise de parole et arrêter l’amateurisme.

 

18 juin :

 

C’est la fin d’une époque. Le verdict de la soirée électorale a surtout attiré l’attention par le nom des battus. Les vedettes des élections présidentielles de 2007 sortent de la route, que ce soit Ségolène Royal ou François Bayrou. Les sarkozystes historiques connaissent la déroute, que ce soit Claude Guéant ou Nadine Morano. Et les glorieux anciens sont en banqueroute, que ce soir Jack Lang ou Michèle Alliot-Marie. Déroutant.

 

19 juin :

 

La parité a fait un saut de géant avec ces élections législatives. De 17%, la part de femmes à l’assemblée nationale a grimpé à 27%, soit 155 unités. Le volontarisme du PS paie, avec la volonté de placer des femmes dans des circonscriptions gagnables. Mais il reste encore beaucoup à faire. Il y a 422 hommes et ils gardent de loin la majorité absolue. L’UMP détient peut-être la clé, après n’avoir présenté que 30% de femmes à ce scrutin.

 

21 juin :

 

Les centristes se rebiffent. Jean-Louis Borloo sera président d’un groupe centriste à l’assemblée regroupant les députés de son parti radical et de l’alliance centriste de Jean Arthuis. Voilà qui va lui donner un rôle pour le débat de la guerre des chefs. C’est néanmoins une preuve d’ingratitude à l’égard de l’UMP, qui lui a réservé des circonscriptions et qui pensait compter ses députés en retour dans son groupe. Mais vu qu’ils voteront ensemble contre tout…

 

22 juin :

 

A la surprise générale, Claude Bartolone a été élu président de l’assemblée nationale. On attendait tous Elizabeth Guigou pour qu’elle soit la première femme à occuper cette fonction à peu près honorifique, mais le premier à s’être déclaré a gagné. Autre surprise, l’élection de l’inconnu Bruno Le Roux à la présidence du groupe PS à l’assemblée, le signe de l’arrivée de la nouvelle génération et peut-être le futur Benoit Hamon, sorti de nulle part en 2008 et nommé porte-parole du parti après le congrès de Reims.

 

24 juin :

 

On pensait que les magazines popol d’opinion auraient bien du mal à vendre du papier après le départ en catimini de leur ancienne cible préférée, Nicolas Sarkozy. Ils se portent bien. Marianne continue ses titres aguicheurs en s’attaquant à François Hollande et à ses deux femmes, preuve que le titre en veut plus à la fonction de président qu’au gugusse qui l’occupe. Même l’autrefois respectable Le Point s’y met, en se gaussant des fausses promesses de la gauche.

  

25 juin :

 

François Hollande n’aura pas d’état de grâce. Sa côte de popularité est déjà descendue à 59% et il devrait retenir la leçon. Nicolas Sarkozy a passé tout son mandat à soigner sa côte de popularité au ras du sol au lieu d’agir et d’appliquer son programme. Plutôt que de l’attentisme, on ne saurait trop conseiller au président socialiste de mettre en œuvre ses idées au lieu de sonder celles du peuple. Il sera au moins jugé sur ses opinions.

 

28 juin :                      

 

La guerre des chefs est en sourdine mais elle prend les allures d’une guerre de position. Laurent Wauquiez a relancé les hostilités en déclarant son soutien à François Fillon. Cela signifie déjà qu’il ne sera pas candidat, et qu’il prépare sûrement l’avenir en espérant une défaite de l’ancien 1er ministre. Et cela montre aussi que la droite sociale et humaine va s’unir contre la droite populaire et dure qu’est censé représenter Jean-François Copé à la suite de Nicolas Sarkozy. Les masques tombent.

           

30 juin :

 

La gauche va prendre des décisions pour assainir les finances de la France. Elle va réduire de 7% les dépenses des ministères et surtout de 2,5% les effectifs des administrations. Voilà qui ne va pas jouer pour sa popularité. Or elle aurait pu s’en passer et se concentrer sur l’essentiel. Pour réduire la dette de la France, il faudra faire des choix dans les dépenses de prestations sociales, qui sont les plus massives. Le plus dur ne sera pas de choisir, mais d’éliminer.

 

2 juillet :

 

Jean-Marc Ayrault va bientôt prononcer son discours de politique générale à l’assemblée nationale. Il en effet temps de commencer à mettre en place les grandes réformes structurelles intérieures promises durant la campagne électorale. Mais François Hollande a déjà commencé à agir. En négociant habilement avec Mario Monti pour convaincre Angela Merkel, il a réussi à lancer son plan de relance pour l’Europe. Et on verra que la croissance ne vient pas si facilement.

   

5 juillet :

 

Le gouvernement prépare le « redressement dans la justice ». Face à la dette, il prône le désendettement et cela passera par plus d’impôts. 7,2 milliards d’euros très exactement, mais ce sont les riches qui trinqueront les premiers avec une augmentation de l’ISF. Mais ce n’est que justice, même si on sait que c’est loin d’être suffisant. De l’autre côté, le prix du gaz n’augmentera pas pour les petites gens. C’est GDF qui va être content.

 

8 juillet :

 

Nicolas Sarkozy avait démarré son mandat en promettant qu’il n’y aurait pas de repentance vis-à-vis du passé colonial de la France. François Hollande commence le sien en disant qu’il faudra reconnaitre les fautes et parler avec l’Algérie. L’ancien département français fête les 50 ans de son indépendance et cherche à le faire savoir. François Hollande a promis de s’y rendre avant la fin de l’année : ce sont les harkis et les pieds noirs qui se sentiront incompris.

 

12 juillet :

 

« La France en mouvement » : voici le nouveau slogan des éléments de langage de François Hollande après « le redressement dans la justice ». Il rappelle un peu les slogans d’extrême droite sur la force en mouvement, étant d’ailleurs l’inverse parfait du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers. Pendant ce temps, les socialistes mettent leur parti à l’arrêt avec une motion commune entre Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault qui se prépare pour endormir tout le monde. Le PS n’a plus de divisions.

 

14 juillet :

 

François Hollande a remis au goût du jour l’interview présidentielle du 14 juillet, instaurée par François Mitterrand et abandonnée par Nicolas Sarkozy. Petite innovation tout de même, puisqu’elle s’est tenue à l’Hôtel de la marine et non à l’Elysée. Pour le reste, on est resté au ras des pâquerettes puisque le sujet phare aura été les tweets de @valtrier, alias Valérie Tweetweiler. « Une affaire privée », selon le président. Beaucoup de monde a quand même été mis au courant.

   

16 juillet :

 

Lionel Jospin présidera une commission sur la moralisation de la vie politique. Les grands mots sont lâchés. En 2007, Nicolas Sarkozy avait aussi recyclé un piteux ancien en nommant Edouard Balladur à la tête d’une commission sur le rééquilibrage des institutions. Ce comité Théodule devrait réfléchir à la fin du cumul des mandats. Elle a surtout réussi à braconner Roselyne Bachelot, preuve que l’ouverture sert toujours à semer la zizanie chez l’adversaire. 

 

19 juillet :

 

La guerre civile continue en Syrie. Le problème semble inextricable tant que la Russie continue à menacer avec son veto au conseil de sécurité de l’ONU. La répression est toujours aussi dure et la révolte toujours aussi vive. Mais Bachar Al-Assad commence à être lâché par les siens et en a perdu quelques-uns, comme son ministre de la défense. Au moins la France pourra être remercié pour son engagement, car le nouveau chef d’Etat tunisien a lui tenu des propos bien plus sibyllins à Paris…

  

23 juillet :

 

François Hollande a relancé le débat sur l’euthanasie. Sans prononcer le mot, mais on n’en attendait pas plus de la part du président-qui-ne-s’engage-sur-rien. Il s’est avancé concernant les « cas exceptionnels » en disant possible une aide pour abréger leur fin de vie. Il n’est pas très légaliste : la loi est pour tout le monde où elle n’est pour personne mais il est difficile de définir à l’avance des critères pour ces cas exceptionnels. C’est toute la difficulté du parler mou.

  

25 juillet :

 

Pendant ce temps, la guerre continue en Syrie. Les Etats-Unis commencent à prendre le problème au sérieux mais la Russie est toujours aussi ferme dans sa mollesse à condamner le dictateur Bachar Al-Assad. Pendant ce temps, la France se retire du dossier et se fait voler la vedette. Désormais, le seul moyen d’en finir avec le régime est que l’armée lui retire son soutien et prépare comme en Egypte sa victoire aux élections démocratiques. Mais c’est jouer à pile ou face.

 

27 juillet :

 

La crise a attendu la fin des élections pour se manifester de nouveau. Après Doux et PSA, c’est au tour d’Air France et d’Alcatel Lucent d’annoncer des suppressions de postes. La compagnie aérienne se permet même le scandale de payer 60000 euros ses pilotes pour qu’ils aillent travailler pour sa filiale low cost. Voilà qui devrait faire dire des bêtises à Arnaud Montebourg, qui en tant que ministre du redressement productif a surtout joué les redresseurs de torts.

 

30 juillet :

 

Nicolas Sarkozy est de retour. Il n’était jamais véritablement parti. Comme il en a l’habitude, il parle en off aux journalistes pour flinguer son successeur. Après avoir traité François Hollande de « nul » durant la campagne, il le traite à présent de « mou » dans le dossier libyen en rappelant que « lui au moins avait agi ». Dans le vide comme souvent. Mais c’est toujours mieux que le Flamby des bois qui a un peu lâché l’affaire.

  

1er août :

 

Le parcours de François Fillon vers la présidence de l’UMP sera semé d’embûches. Il devra se méfier de ses adversaires, à commencer par Jean-François Copé. Mais il devra aussi se méfier de lui-même et de son scooter. En ayant voulu imiter François Hollande, il s’est cassé la binette et la cheville. Capri, c’est fini. Mes plus que ses vacances, c’est son début de campagne qu’il a compromis : il devra faire ses premiers déplacements en béquilles. De qui vient le croc-en-jambe ?

  

4 août :

 

Le grand mal qui touche le logement est la spéculation sur les prix de l’immobilier qui exclut de nombreuses personnes en France de l’accès à un chez-soi. Pas de problème, le gouvernement socialiste en fait son affaire. La ministre de la ville Cécile Duflot va pondre une loi taxant avec un taux confiscatoire les propriétaires laissant leurs logements vides pour faire monter artificiellement les prix. Le seul effet sera de décourager l’investissement dans de nouveaux logements.

  

7 août :

 

Les accidents de la route sont repartis à la hausse pour la première fois depuis 6 mois : +3,6% en juillet. Les vacances y sont pour quelque chose même si la mortalité touche plus particulièrement les piétons et les cyclistes qui ont eu l’imprudence de se faire dépasser de trop près par les poids lourds. Ceci montre que les français se relâchent immanquablement entre deux campagnes de sensibilisation et qu’ils ne retiennent aucune leçon. On fonce droit dans le mur.

 

9 août :

 

La récession pourrait faire son retour. Deux trimestres de croissance négative, voilà la définition de ce mal qui guette la France à cause des politiques d’austérité et de l’endettement des pays du sud de l’Europe qui empêche le pays d’exporter. Tout le monde veut la relance mais elle est impossible si personne ne peut acheter. La sortie passe par une plus grande compétitivité hors de l’Union européenne. Ou comme le disent certains, par une sortie de la Grèce de l’euro.

  

14 août :

 

Laurent Fabius est en tournée au Moyen-Orient. Il tente de convaincre un à un les voisins de la Syrie de l’aider à renverser le régime de Bachar Al-Assad. Pas toujours avec la sobriété diplomatique requise, mais il faut montrer un volontarisme au moins aussi grand que celui de Nicolas Sarkozy après sa sortie médiatique. Surtout, la question des réfugiés au Liban permettra de donner au conflit une dimension internationale qui va annuler l’argumentation russe.

 

19 août :

 

Revoilà Jean-Luc Mélenchon. Le sexagénaire révolté est allé de sa petite critique à l’encontre de François Hollande en jugeant ses 100 premiers jours de mandat « creux ». Un commentaire pas si éloigné du terme de « mou » que tout le monde pense tout bas sans le dire tout haut. L’occasion de se rappeler que le Front de gauche n’a jamais donné son véritable appui au gouvernement socialiste et qu’il pourrait être un acteur important de l’opposition si la droite ne l’était pas.

    

21 août :

 

C’est un secret de polichinelle : Jean-François Copé devrait se déclarer candidat à la présidence de l’UMP en fin de semaine. Le moment n’est pas choisi par hasard. Il vient assez tard pour lui permettre de se payer le luxe de démissionner de son poste de secrétaire général. Il intervient sur un week end, quand l’actualité est creuse et que les médias raffolent des news politiques. Ce sera surtout pendant l’université d’été du PS, histoire de montrer qui est son véritable adversaire.

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