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29 février : 

 

On a déjà parlé de la campagne par meetings interposés entre François Hollande et Nicolas Sarkozy : l'un accuse, l'autre récuse. Il y a aussi une campagne par séquences intercalées : l'un parle, l'autre écoute.

 

Après l'offensive de fin de semaine du président, c'est au tour du candidat socialiste de reprendre la main : propositions-choc dans "Paroles de candidats", visite au salon de l'agriculture, interview ce matin sur RTL...

 

La semaine prochaine on inverse les rôles, et ainsi de suite jusqu'à la fin de la précampagne. Il n'y a que les autres candidats qui n'ont pas droit à leur part du gâteau. Mais est-ce que c'est vraiment important ?      

 

La polémique : Audrey Pulvar s'est faite insultée par des militants FN, et Marine Le Pen a encore saisi la balle au bond pour réclamer des excuses pour les injure qu'elle dit subir tous les jours. Les Le Pen, des pros de la récup.

 

1er mars : 

 

On connaissait déjà le président hyper-actif, mais pas encore le président rétro-actif. C'est fait, depuis le rejet hier par le conseil constitutionnel de la loi condamnant la négation des génocides, et notamment le fameux génocide arménien. 

  

L'auguste conseil a jugé que ce n'était pas au législateur d'écrire l'histoire, mais nous sommes au temps de la loi bavarde. Elle s'occupe d'à peu près tout, surtout de ce qui ne la regarde pas. 

 

Quant au président, il est rétro à plus d'un titre : il fait voter des lois rétroactives et il n'arrête pas de faire des marche-arrières alors que s'approche le drapeau à damiers. Bientôt, il n'aura plus personne à surveiller dans ses rétros.      

   

Le chiffre du jour : 9,4%, c'est le chiffre du chômage pour le dernier trimestre de 2011. Pas particulièrement bon, mais bon, la situation est particulière.

  

3 mars : 

 

Mais que cherche Nicolas Sarkozy ? Sûrement à faire craquer François Hollande. Il sait qu'il doit lui faire commettre une erreur. Et il ne reculera devant rien

 

Suite aux incidents de Bayonne, il a accusé les socialistes de s'être joints aux indépendantistes basques pour le chahuter. Après le coup de l'épuration, ça commence à faire beaucoup. On est plus que jamais en rase campagne.     

   

Le sondage du jour : L'écart se creuse de nouveau. Hollande 29%, Sarkozy 25,5%. Le Pen 18%, Bayrou 12,5%. Au 2ème tour, Hollande gagnerait avec 56,5%. Ca parait encore un peu gros.

 

5 mars : 

 

C'est la théorie du complot, mais elle est quand même un peu crédible. Les dirigeants conservateurs auraient décidé de boycotter François Hollande. Pas seulement à la demande de Nicolas Sarkozy, mais aussi pour lui faire payer sa volonté de revenir sur le MES.

  

Voilà qui nous rappelle des temps bien révolus, ceux du concert européen du XIXème siècle où les gouvernements conservateurs s'alliaient pour repousser les révolutions et les printemps des peuples. Ou ceux encore où les Etats-Unis et l'URSS tiraient les ficelles de la politique française. On est en plein film de James Bond.   

   

A suivre ce soir : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon dans la même émission. Ce sera de nouveau le cas ce soir sur TF1 dans "Paroles de candidats". Mais cette fois ils ne débattront pas, passant l'un après l'autre. Vraiment, cette émission est soporifique jusqu'au bout des ongles.

 

6 mars :

 

C'est le coup de l'arroseur arrosé. En s'étant trop déporté à droite, Nicolas Sarkozy a quasiment fait une sortie de route sur la voie de sa réélection. A l'image de ce sondage qui dit que 51% des français seraient favorables au mariage homosexuel.

 

Mais plus encore, après l'attaque manquée de Claude Guéant contre le halal et le casher, c'est Marine Le pen qui a contre-attaqué en demandant "où était passé le Karcher ?", manière habile de laisser le président face à son bilan en matière de sécurité. 

 

Le chiffre du jour : 57%, ce serait la proportion de français ayant déjà fait leur choix pour le 1er tour. Cela commence à faire.

 

 

7 mars : 

 

Les sondages ne bougent pas. Nicolas Sarkozy n'arrive pas à refaire son retard et paie sûrement son trop grand virage à droite. Les derniers chiffres le donnent derrière François Hollande aussi bien au 1er (28 contre 30%) qu'au 2ème tour (44 contre 56%). 

  

C'est pourquoi hier soir dans "Des paroles et des actes" il a rappelé que les français n'aimaient pas qu'on leur impose leur choix. Et mené un débat pugnace face à Laurent Fabius, le renvoyant à ses déclarations désobligeantes sur François Hollande. 

    

Le candidat en forme : Jean-Luc Mélenchon, pour la première fois crédité d'un score à deux chiffres dans les sondages. C'est toute la gauche de la gauche qui revit.

 

9 mars : 

 

François Bayrou ne sera peut-être jamais président de la république ni même qualifié pour le 2ème tour, mais pendant ce temps il engrange. Hier encore ce sont 18 sénateurs centristes qui lui ont apporté leur soutien, préférant l'ancien centre du béarnais au nouveau centre de Hervé Morin, soutien officiel de Nicolas Sarkozy.

  

Et il ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Dans "Des paroles et des actes", il a fait un appel du pied à Dominique de Villepin, celui-ci l'a soigneusement renvoyé dans ses 22. Prochaine étape : une offre publique de dialogue avec le PS comme en 2009. Pas sûr que François Hollande ait envie de monter à son balcon...  

   

Les déjà candidats : L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Pour la journée de la femme, Nathalie Arthaud à été la première à porter ses 500 signatures au Conseil constitutionnel, suivi de près par Jacques Cheminade, Monsieur 0,28% en 1995, et assurément future grande curiosité de la campagne.

  

10 mars :

 

L'un des événements du week end, à part le meeting de Villepinte de Nicolas Sarkozy, pourrait être la déclaration de soutien de Jean-Louis Borloo au président crépusculaire. Il semble en effet que le leader du parti radical sera présent dimanche en Seine-Saint-Denis, et ce ne sera pas comme Gérard Depardieu pour y faire de la figuration. 

 

Mais difficile d'en être encore sûr. C'est que Jean-Louis Borloo aime se faire désirer. Rappelons qu'en 2007, il avait aussi attendu la mi-mars avant de déclarer son soutien au seul candidat crédible de la majorité. Mais peut-être est-ce du à son indécision légendaire, qui l'a fait tanguer puis flancher au moment de se déclarer candidat aux élections présidentielles.

   

La semaine prochaine : Appel aux signatures, tous les candidats devront en avoir déposé 500 au Conseil constitutionnel d'ici au 16 mars. Et d'ici là, on saura si la tragi-comédie de Marine Le Pen était vraiment sincère.

 

11 mars : 

 

François Bayrou tente d'exister dans la campagne au milieu du SarkHollande qu'il a si bien nommé. Hier encore il s'est présenté comme le seul recours au 1er tour face au candidat de la division et au 2ème tour face au candidat de l'illusion.

 

Mais c'est lui qui s'en berce. Il est parti de trop loin après cinq ans d'anonymat et de silence médiatique, et sa campagne peine à émerger. Il n'est que le quatrième homme et il voit même Jean-Luc Mélenchon revenir sur ses talons.

 

Surtout, il est inaudible et a à peu près aussi peu de propositions concrètes d'envergure à proposer que les deux favoris qu'il dénonce. Un peu plus et on aurait presque l'impression qu'il peine parfois à articuler quand il parle.

 

Le ralliement : Les radicaux de Jean-Louis Borloo ont décidé d'apporter leur soutien "vigilant" au candidat Sarkozy. Mais leur chef ne sera pas à Villepinte et Rama Yade a refusé de participer à cette remise des armes. La rancune est mauvaise conseillère.

 

12 mars : 

 

Après la France forte, on attendait un discours sur l'Europe. Mais ce fut l'Europe faible. Hier à Villepinte et devant plus de 70000 personnes selon les organisateurs, Nicolas Sarkozy a proposé de faire un peu la police dans les flux migratoires de l'Europe en déclarant vouloir revenir sur les accords de Schengen

 

Avec la fameuse politique de la chaise vide, qu'il a si souvent utilisé durant son mandat pour mettre la pression sur ses partenaires. Il a de plus promis un Buy European Act sur le modèle américain pour éviter que ce soit toujours le vieux continent qui se fasse plumer dans le commerce international.

 

Mais malgré les démonstrations de force et les farandoles de drapeaux tricolores tourbillonnant dans tous les sens, on n'est toujours pas sorti de cette campagne étriquée où le président sortant navigue toujours aussi à droite et peine toujours autant à prendre de la hauteur. 

   

La critique : Apportée ce matin par François Bayrou sur RTL chez Jean-Michel Apathie. Les deux favoris font une campagne avec des thèmes de diversion et ne traitent pas les vrais sujets que sont la crise et la dette. Non, sans blague ?

 

13 mars : 

 

Le meeting de Villepinte, qui comme il a eu lieu à la mi-mars devait sûrement être le début de campagne qu'avait initialement imaginé l'UMP, a eu des effets inespérés. Véritable show à l'américaine, il permet à Nicolas Sarkozy pour la première fois dans cette campagne de virer en tête au 1er tour comme le montre un sondage IFOP (28,5 contre 27% pour François Hollande).

 

Les courbes se croisent mais le revirement de situation n'est pas encore acquis. Cette remontée signifie en effet que l'électorat de droite est en train de se remobiliser. Mais pour réduire l'écart du 2ème tour qui reste toujours conséquent (54,5 contre 46,5%), il faudra bénéficier des reports de voix des centristes, ce qui n'est pas gagné.   

   

La proposition-choc : Nicolas Sarkozy continue à divulguer son programme goutte par goutte pour mieux occuper les médias. Hier dans "Paroles de candidats", c'était de faire payer des impôts aux exilés fiscaux ayant gardé la nationalité française, un écho aux 75% d'imposition de François Hollande.

 

14 mars : 

 

La journée d'hier a permis de montrer où pouvait nous mener une démocratie des sondages. Le matin, un sondage IFOP donne Nicolas Sarkozy en tête au 1er tour pour la première fois de la campagne avec 28,5% contre 27% à François Hollande. Le soir, un sondage TNS Sofres donne le candidat socialiste largement devant le président sortant (30 contre 26%).

 

Sans aller dans la critique systématique, on dira que ces deux sondages contradictoires montrent que les méthodes d'enquêtes laissent tout de même un peu de place au hasard. Et que, pour reprendre une formule de la campagne, ils "mentent matin et soir". 

  

Le chiffre du jour : Apparemment, le déficit de la France en 2011 n'aurait pas été de 5,7% mais bien de 5,4%. Peuchère ! Rappelons tout de même que le pays commencera à réduire sa dette le jour où elle atteindra un déficit de 0%.

 

15 mars : 

 

François Bayrou tente comme il le peut d'exister dans cette campagne. Après le Ségo-Sarko en 2007, le voilà pris au piège du SarkHollande, qui sera certainement le sarcophage de ses ambitions présidentielles. 

 

Mais pendant ce temps, le président du Modem y croit toujours, même s'il fait du surplace dans les sondages. A l'image du livre qu'il sort, "La France solidaire", un contrepoint opportun à "la France forte" du candidat-président Nicolas Sarkozy. 

 

Le candidat du jour : Nicolas Dupont-Aignan, qui ne s'est pas contenté de déposer 500 signatures mais bien 708. Et il en est fier. C'est toujours ça de gagné dans les urnes.

 

16 mars : 

 

François Hollande était l'invité hier soir de l'émission "Des paroles et des actes" pour la deuxième fois dans cette précampagne après celle du 26 janvier, où il avait affronté Alain Juppé. Au programme, un catalogue de mesures fiscales aussi incompréhensibles que celles du président, ce qui est un tour de force. 

 

Pour ceux qui se seraient endormis, le candidat socialiste maintient en fait son projet de taxer les riches à 75% de leurs revenus mais il assure que l'ISF sera plafonné à 85%. Nous voilà rassurés. Même quand ils parlent de sujets sérieux, les candidats de cette rase campagne n'arrivent décidément pas à être à la hauteur des enjeux. 

 

On retiendra plutôt cet âpre duel face à Jean-François Copé, qui a fustigé l'anguille fuyante qui répond à chacun ce qu'il lui plaît d'entendre. Incontestablement, il a pris date pour de futures échéances, surtout après sa belle performance de samedi soir face aux questions perfides d'Audrey Pulvar dans l'émission "On n'est pas couchés". 

 

Le candidat qui ne le sera pas : Dominique de Villepin ne réussira pas à réunir les 500 signatures, "sauf miracle républicain". On se demande si vu les mauvais scores qui s'annonçaient pour lui, cela n'est pas la meilleure solution.   

 

17 mars :

 

Nous sommes aujourd'hui à 50 jours du 6 mai et il est temps de faire le point. Le dépôt des 500 signatures s'est clôt hier et il devrait y avoir 10 candidats : Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen, François Bayrou, Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, Nicolas Dupont-Aignan et Jacques Cheminade. Voire Corinne Lepage.

 

On est loin des records de 2002 mais la gauche part encore divisée alors que la droite, ragaillardie par la remontée du président, a regroupé ses troupes. C'est pourquoi ce dernier s'est hier exclamé en déplacement à Meaux : "Oui, on va gagner".

 

Mais aujourd'hui c'est une deuxième campagne qui commence, avec l'égalité du temps de parole imposée par le CSA qui devrait ralentir le rythme des deux favoris. Et c'est là que l'on va voir, dans les sujets traités par les journalistes lors de leurs débats improvisés, s'ils parlent vraiment de tous les candidats...

 

L'agression verbale : Délivrée en toute décontraction par Marine Le Pen contre la gauche et la droite, qu'elle réunit sans distinction dans "la dictature du malheur". Une belle manière de retourner le stigmate.

 

18 mars : 

 

La semaine qui s'achève a marqué un tournant dans cette rase campagne. Nicolas Sarkozy est en effet parvenu à retourner la situation en sa faveur, passant pour la première fois en tête dans les sondages de 1er tour.

 

A moins que ce ne soit François Hollande qui ait faibli. Chahuté jeudi dans "Des paroles et des actes", il perd des points à cause de la bonne campagne de Jean-Luc Mélenchon et de la désormais traditionnelle division de la gauche. S'il devrait en appeler au vote utile, ces voix lui sont de toute façon acquises pour le 2ème tour.

 

Alors pourquoi les socialistes sont inquiets, alors qu'ils savaient pertinemment que leur candidat ne gagnerait jamais avec l'écart annoncé ? Sûrement parce que le président, non content d'avoir réveillé son camp, est en train de faire basculer les indécis de son côté, ceux-là même qui dans les précédents sondages votaient Hollande sans trop de conviction. La campagne fuyante du socialiste et l'hyperprésence de l'hyperprésident sont en train de les faire virer de bord.

 

Le changement de cap : C'est le début de la campagne officielle et la fin de la surexposition médiatique des favoris. C'est pour cela que vous aurez peut-être vu fleurir dans vos campagnes des affiches de Nicolas Sarkozy et François Hollande, qui viennent prendre opportunément le relais.

 

19 mars : 

 

Comme un symbole c'est sur la Place de la Bastille, lieu idéal pour parler de révolutions, que Jean-Luc Mélenchon a tenu hier son grand meeting en plein air pour en appeler à une "insurrection citoyenne" et à une VIème République. Le succès fut au rendez-vous : 120000 manifestants selon les organisateurs, la police faisait grève. 

 

Ce tour de force montre que le candidat du Front de gauche est véritablement la révélation de cette campagne. Surtout, il est devenu le poil à gratter du Parti socialiste, grignotant des voix à François Hollande dans les sondages, qui est obligé d'en appeler au vote utile. Et de faire des propositions allant dans son sens pour le 2ème tour.  

 

 

La fin du suspense : Le conseil constitutionnel dévoile aujourd'hui la grille de départ définitive de ces élections présidentielles. Avec dix candidats, elle est nettement moins fournie que les projections que l'on pouvait se faire il y a six mois, laissant entendre qu'il y en aurait presque le double.

 

 

 

20 mars :  

 

Les candidats ont décidé de prendre une pause dans cette campagne après les tueries en série dans la région toulousaine. L'ennemi public n°1 et la république compatissante ont fait leur retour, ce qui n'est bon signe pour personne.  

 

La France a peur et les hommes politiques ont ressorti leurs mines apeurées, rivalisant des paroles les plus dures contre le racisme et l'antisémitisme. Mais on ne se plaindra pas, ils sont au moins d'accord pour une fois sur un point.  

  

Le seul à parler : François Bayrou est le seul candidat à avoir vraiment apporté une opinion sur cette affaire, même si elle est difficilement défendable. Difficile en effet de faire le lien entre l'acte solitaire d'un criminel et les "divisions" suscitées par le chef de l'Etat.

 

21 mars : 

 

La tuerie de Toulouse a remis au goût du jour la rubrique des faits divers et mis en retrait l'actualité de la campagne. Ce qui montre bien que l'agenda médiatique est une question de place. Et que les gens ne s'intéressent qu'à quelques sujets restreints : la politique, le crime, le sexe, l'argent, le sport... Guère plus. 

  

Pendant ce temps, les petits candidats continuent leur campagne car ils veulent saisir cette chance inespérée d'avoir enfin droit à la parole. Avec des arguments de plus ou moins bonne foi : Jean-Luc Mélenchon parle "d'acte de résistance" tandis que François Bayrou parle "d'acte de tolérance". Sans succès, car on parle toujours autant des deux favoris.   

  

La possible libération : Florence Cassez pourrait être libérée de prison par le Mexique. Voila encore une bonne nouvelle pour Nicolas Sarkozy, qui a le vent en poupe après deux mois de vent de face. Sa côte de popularité vient d'ailleurs de remonter à 40% d'opinions favorables.

 

22 mars : 

 

Le tueur d'enfants Mohamed Merah est sur le point de se faire arrêter. Il aura bien moins cavalé que Jean-Pierre Treiber ou Xavier Dupont de Ligonnès, ce qui a fait dire à un Nicolas Sarkozy triomphateur qu'on ne met pas "la république à genoux". Il croyait y arriver, le prétentieux... 

   

Mais on n'est pas au bout de nos surprises avec cette affaire. L'identité islamiste du tueur a déjà fait monter au créneau le Front National, soulagé qu'il n'ait pas été néo-nazi, et l'UMP, qui par l'intermédiaire de Claude Guéant et de Jean-François Copé a fait la leçon à la gauche sur son laxisme face à l'Islam, déjà prêt à jouer les boucs émissaires. 

 

La polémique : Dominique de Villepin nous aurait menti. Apparemment il aurait réussi à réunir les 500 signatures, et pourtant il ne s'est pas présenté. Normal vu le score que lui promettaient les sondages. Il aura été anti-candidat jusqu'au bout.

 

24 mars : 

 

L'affaire Mohamed Merah s'est terminée avec la mort de ce dernier, mais on se pose déjà des questions. Pourquoi les services de renseignement intérieur ne l'ont-ils pas arrêté sur le champ avant même qu'il n'agisse, sans preuve et au mépris de toute présomption d'innocence ? Pourquoi les hommes du RAID ont-ils été aussi lents ? Qui a le mieux récupéré politiquement l'affaire ?  

 

Mieux vaut se taire que de poser des questions aussi stupides. Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy s'est empressé d'apporter des réponses, et comme d'habitude c'est du n'importe quoi. Il propose de sanctionner les internautes qui consultent trop souvent des sites faisant l'apologie du terrorisme et les touristes qui vont trop souvent en stage en Afghanistan pour s'endoctriner. Des mesures parcellaires, inapplicables et liberticides.  

 

La déclaration du jour : C'est celle de l'ex première dame Bernadette Chirac, conseillère générale de Corrèze, qui estime que son président François Hollande n'a pas "le gabarit" pour être président de la république. Comme quoi, il n'aurait pas du se mettre au régime...

 

25 mars : 

  

La campagne a repris et les deux favoris ont repris leurs refrains préférés. François Hollande a hier critiqué les mesures hâtives du président pour lutter contre le terrorisme en lui reprochant de ne pas savoir gouverner et d'avoir un bilan médiocre en matière de sécurité. On est d'accord. 

  

Nicolas Sarkozy a contre-attaqué en se moquant du socialiste qui "esquive, évite, hésite et finasse". Là encore, on en attrape un torticolis à force d'acquiescer. Décidément, cette campagne est incroyablement prévisible. Mais on est sûr que d'ici le 22 avril les deux prétendants devront provoquer la surprise, car le disque est rayé. 

 

La visite agitée : Pour Marine Le Pen, chahutée par des militants du Front de Gauche lors d'une visite à Meaux. Elle en a profité pour montrer où était l'intolérance, mais personne n'est dupe.

 

26 mars : 

 

La campagne officielle a commencé avec une semaine de retard, mais on a enfin entendu parler des autres candidats. A commencer par François Bayrou, qui tenait hier son grand meeting - rendez-vous compte, 6000 personnes - au Zénith et a enfoncé le clou sur la tuerie de Toulouse en affirmant que la république avait "des questions à se poser". 

 

Certes, les partis centristes sont des partis de cadres plutôt que des partis de masse. Mais devant la faible affluence, force est de reconnaitre que le béarnais a perdu en influence. Et si l'on parle autant des deux favoris, c'est peut-être que le futur président de la république est l'un d'eux et qu'il est essentiel de se pencher un minimum sur leurs propositions.  

 

L'aphorisme du jour : De Nicolas Dupont-Aignan, véridique :"Une nation c'est comme une bicyclette. Le cycliste doit bien pédaler pour trouver son équilibre. Et pour pédaler, il doit choisir une direction". 

 

27 mars :

 

Le chômage progresse, mais de moins en moins. C'est avec ce constat rassurant qu'est arrivé hier Xavier Bertrand, les mains dans les poches et en toute bonne conscience. Le "ralentissement de la progression" du nombre de demandeurs d'emplois (+0,2%) montre en tout cas les difficultés récurrentes de l'économie française à créer de l'embauche. 

 

Le ministre ne peut rien y faire et s'en vante presque. En tout cas, la gauche n'a pas hésité à critiquer ce bilan, rayant par la voix de Benoit Hamon le "naufrage du chômage". Un nouveau boulet, en quelque sorte. Si seulement on était sûr que le PS puisse faire mieux...  

   

L'anniversaire : En rase campagne fête aujourd'hui ses deux mois d'existence. La campagne a déjà été rase, mais la dernière ligne droite est plein de promesses de polémiques au ras des pâquerettes ou de discours au ras du sol.

  

28 mars :

 

 

Et pendant ce temps, Jean-Luc Mélenchon continue sa marche en avant. Hier, son meeting à Lille aurait attiré 23000 personnes. De quoi faire pâlir d'envie François Bayrou, qui n'a réuni que 6000 courageux sympathisants lors de son grand meeting du Zénith. Résultat : Mélenchon devient crédible pour être le troisième homme et réussit superbement sa campagne. Il n'a plus qu'à caser un ou deux autres meetings comme cela d'ici le 22 avril et l'affaire sera dans le sac.

 

Il se prend même à rêver d'être "la locomotive de la gauche" et non plus "la voiture-balai du Parti socialiste", rêvant de terminer devant François Hollande au 1er tour. On n'en est pas encore là, mais le tribun est en train de réduire à néant les voix des autres trotskistes, mais aussi de rogner le pactole du socialiste, qui en plus de cela semble avoir définitivement arrêté de faire campagne depuis la tuerie de Toulouse. 

   

Le teasing : Nicolas Sarkozy ménage le suspense et annonce pour la semaine prochaine qu'il va déballer tout son programme d'un coup. Un véritable "quitte ou double". Et on saura vite s'il peut créer la surprise.

  

29 mars :

 

Le temps se gâte pour François Hollande. Le voilà avec le vent de face et les sondages en baisse. Le dernier en date du CSA, qui ne le crédite plus que de 26% au 1er tour contre 30% à Nicolas Sarkozy. Il gagnerait quand même au 2ème tour, mais seulement avec 53% des voix. L'écart se resserre, et la barrière psychologique du 51-49 s'approche. 

 

Incontestablement sa campagne marque le pas depuis quelques semaines. Son attentisme confirme les pires critiques de ses camarades de parti, et Jean-Luc Mélenchon est en train par son charisme de lui faire de l'ombre et de lui bouffer toutes ses voix. Mais pour le rassurer, on notera qu'en 1981, Valéry Giscard d'Estaing était arrivé en tête du 1er tour avec 28,32% devant François Mitterrand avec 25,85%, Jacques Chirac avec 18,00% et Georges Marchais avec 15,35%. 

   

Le scandale : La rémunération "différée" de 16 milliards d'euros du patron de Publicis Maurice Lévy, qui a remis au goût du jour le thème de campagne de François Hollande sur la taxation à 75% des millionnaires. Mal venu alors que l'on n'est toujours pas sorti de la crise.

 

30 mars : 

 

Dans une campagne, les équipes des candidats ont toujours les yeux rivés sur les sondages. Ceux de cette semaine ont été très instructifs. Ils ont montré que François Hollande se liquéfie alors que Jean-Luc Mélenchon devient l'improbable troisième homme. Il a gagné son combat face à Marine Le Pen pour savoir qui gueulerait le plus fort. 

 

Quant à Nicolas Sarkozy, il boit du petit lait. Il n'a pas son Mélenchon, et François Bayrou est peu à peu en train de descendre sous les 10%. De plus, les reports de voix avec le centriste commencent à s'organiser pour le 2ème tour. C'est pourquoi il demande à ses troupes de ne pas dire du mal de lui. Or le problème, n'est-ce pas que ce qu'il dit, c'est mal ?

    

Le chiffre du jour : 5,2%, c'est le niveau du déficit public en France en 2011. Une très bonne nouvelle pour le président, car c'est moins que le niveau au départ attendu de 5,7%. Mais une très mauvaise nouvelle pour la dette, car c'est déjà trop par rapport au niveau requis de 0% nécessaire pour commencer à arrêter de s'endetter.

 

31 mars : 

 

Comme à chaque élection, les sondages sont un très bon baromètre pour évaluer les forces en présence dans la campagne. Le problème, c'est qu'ils sont contradictoires d'un institut à l'autre. Certains donnent Hollande devant Sarkozy, d'autres l'inverse. Certains donnent Mélenchon 3ème homme, d'autres Le Pen ou Bayrou. 

  

Or la meilleure manière de lire les sondages, c'est d'évaluer l'évolution entre deux sondages réalisés par un même institut à deux moments différents, chaque crèmerie ayant sa cuisine interne propre. Et à ce petit jeu, la leçon de la semaine est que Hollande va être obligé de contenter à la fois Bayrou et Mélenchon pour récupérer des voix en vue du 2ème tour.

    

La demande : Formulée par Nicolas Dupont-Aignan de réaliser des débats entre tous les candidats comme cela se fait aux Etats-Unis. Refusée bien entendu par les gros candidats, accusés pour le coup de manquer de courage. Mais peut-être que ce serait plus simple à organiser s'il y avait moins de monde au portillon...

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