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2 avril :   

 

Le duel à distance continue entre les deux favoris, mais on sent que le socialiste fatigue. Alors qu'il ne devrait pas tarder à être pris d'une extinction de voix à force d'avoir voulu forcer dessus, François Hollande continue de miser sur la non-offensive pour préserver ce qu'il lui reste d'avance. Mais le temps commence à lui paraitre long.

 

Alors que ce samedi Nicolas Sarkozy l'a de nouveau attaqué en proposant une banque de la jeunesse pour contrer son contrat de génération, il était aux antipodes à Mayotte  a déclaré ne pas vouloir "être chef de tout", pour trancher avec le président qui n'est "responsable de rien". Pas très engageant, quand même. 

   

Le ralliement : Celui de Rama Yade, qui s'est faite pas mal désirée mais qui a finit par rejoindre Nicolas Sarkozy, qu'elle avait quitté vexée en 2010. "Alliée mais pas ralliée", elle aussi a quand même suivi le sens du vent et retourné sa veste.

 

3 avril : 

 

La rumeur enfle et pourrait faire l'effet d'une bombe au même titre que la tuerie de Toulouse. En contact avec les socialistes, Angela Merkel aurait accepté de revenir sur sa position et d'inclure au traité sur la rigueur une annexe sur la croissance, exactement ce que souhaitait François Hollande dans son programme. Ce serait un désaveu pour Nicolas Sarkozy. 

  

Mais on comprend bien que la chancelière allemande, qui est à peu près aussi indécise et instable que le candidat socialiste, préfère ménager l'avenir. Elle a lu les sondages, et elle a vu qu'elle a de fortes chances de traiter avec quelqu'un qui sera moins tactile que le président actuel. Reste un mystère à éclaircir : comment ce nouveau couple franco-allemand compte-t-il créer de la croissance à l'heure de la crise et de la rigueur ailleurs que dans les textes ?

   

Le rétablissement : Eva Joly est sortie de l'hôpital et va reprendre sa campagne. Merci pour elle. Même s'il elle s'est prise un gros bleu, ce qui est dommage quand on est vert, elle a au moins fait parler d'elle dans cette campagne. On se contente comme on peut.

 

4 avril : 

 

Pour ceux qui croyaient encore que dix candidats dans une campagne présidentielle c'était sympa, voilà une preuve de plus pour leur prouver que décidément trop c'est trop. C'est en effet à cause de ce nombre pléthorique de postulants que l'on n'aura pas droit à un débat télévisé avec tout le monde, qui au lieu d'être un moment de démocratie serait alors soit une cacophonie soit une suite d'interviews croisés, chacun ayant 9 minutes pour parler sur une heure et demie d'émission. 

 

Il ne faut pas nier néanmoins que l'idée de ce débat soumise par France 2 a surtout capoté du fait du refus des deux favoris à se retrouver l'un et l'autre sur le même plateau avant le 1er tour. Or cela aurait donné de l'audience aux autres candidats, et ils n'en ont pas envie. De là à cautionner les pleurnichages de François Bayrou et Nicolas Dupont-Aignan, qui mettent toute la faute sur l'absence de débat pour excuser la platitude de leur campagne, n'allons pas trop loin.

   

L'homme du mois : Jean-Luc Mélenchon aura bien été l'homme du mois de mars, une sorte de Jean-Pierre Chevènement en 2002 tant il est vrai qu'il s'est révélé d'un coup aux français. Mais comme l'a dit Jean-Marie Le Pen, c'est en avril que Baudruchon devra être bon.

 

5 avril : 

 

En meeting hier à Rennes, François Hollande a profité du départ de Nicolas Sarkozy à la Réunion pour relancer sa campagne. D'où son offensive contre le président, accusé de préparer l'austérité et un programme qui serait "son bilan en pire". Encore une histoire de boulet.

 

Pour le reste, de belles retrouvailles avec Ségolène Royal qui montrent que la politique est aussi une affaire de famille. Mais surtout avant la présentation d'un agenda du changement pour les 100 premiers jours de son futur mandat, où il détaille tout. Pendant ce temps, le président se marrait de voir que son rival lui reprend ses idées géniales...

 

La polémique en bois : Celle lancée par Julien Joly, le fils de la candidate écolo, contre Jean-Michel Apathie, l'accusant d'on ne sait quoi et on ne sait pourquoi. Le journaliste a répondu, et on se pose toujours la question à quoi. 

 

6 avril :

 

On a enfin senti hier une bribe de sérieux dans le débat de la campagne avec la passe d'armes entre les deux favoris autour de leurs programmes économiques. Nicolas Sarkozy a en effet présenté ses 32 propositions où il prône une réduction des dépenses plutôt qu'un "matraquage fiscal" ou un "festival de nouvelles dépenses" comme il le reproche à son adversaire.

 

La droite a applaudi des deux mains, saluant avec Nathalie Kosciusko-Morizet comme il est désormais de tradition le "courage" du président. La gauche un peu moins, François Hollande dénonçant l'austérité et Pierre Moscovici "une gesticulation de plus". Force est de reconnaitre que paradoxalement, on a raison des deux côtés. 

 

Le rappel du passé : Nicolas Sarkozy écrira une lettre aux français pour expliquer son projet en cas de réélection. Comme un certain François Mitterrand en 1988, mais lui n'avait eu besoin que de ça pour être largement réélu.

 

8 avril :

 

Nous sommes à quinze jours du 1er tour et à un mois du 2ème tour. Les deux seuls prétendants sérieux à la victoire finale prennent un air grave et préoccupé et tentent de jouer au président. L'actuel et bientôt précédent joue les sages et met en valeur son expérience. Le challenger et pré-sident tant sa victoire semble acquise fait des leçons de morale et apprend les siennes pour son futur job.

 

D'un côté Nicolas Sarkozy en apelle aux électeurs du FN et du Modem pour sauver sa place, mais c'est un adepte du grand écart. De l'autre François Hollande fait la tournée des popottes et teste sa popularité en banlieue, où on ne peut plus voir Sarko en peinture. C'est du tout cuit. Et on en vient à se demander si ces deux favoris ne sont pas en fait la grosse blague de ces élections.

 

Le voyage au long cours : Après Nicolas Sarkozy et François Hollande, c'est au tour de François Bayrou d'aller faire un tour à la Réunion. Il a vu du pays, mais ce n'est pas sûr qu'il ait réussi à relancer sa campagne dont l'encéphalogramme est désormais plat.

 

10 avril : 

 

C'est la dernière ligne droite et aussi le début de la campagne officielle. Le CSA va veiller comme un chien de garde à la srticte égalité du temps de parole, et les conneries de Jacques Cheminade auront droit à autant de crédit que celles de Nicolas Sarkozy. Même si l'on a du mal à croire qu'on va pendant quinze jours autant nous parler de Philippe Poutou que de François Hollande.

 

Les clips de campagnes vont tourner en boucle à la télé et les affiches et autres professions de foi vont envahir notre quotidien. Or ce sera déjà la fin pour la plupart des prétendants, l'élimination étant proche. Il ne reste plus que dix jours de campagne, et on se demande bien ce qu'on va bien pouvoir faire après...  

 

Le piège : Tendu par Nicolas Sarkozy à François Hollande avec son idée d'un deuxième débat d'entre-deux-tours, son ultime chance d'inverser la tendance. Bien entendu le candidat socialiste est trop malin pour accepter de la lui laisser.

 

11 avril : 

 

Cette fois c'est sûr, Nicolas Sarkozy et François Hollande se rentrent vraiment dans le lard. Le président a hier chargé contre le socialiste qui va en banlieue sans aucune solution dans sa besace. Celui qui avant était gros a raillé celui qui avant était président et qui sent "monter la vague". 

 

On n'est pas encore au soir du 1er tour mais on lance déjà les coups bas. Désormais l'un dénoncera la mollesse de l'autre tandis que l'autre fustigera l'arrogance de l'un. Et pendant ce temps, les petits candidats flinguent à tout-va sur ces deux favoris qui écrasent tout et ne laissent rien.

 

La formule : Celle de Jacques Cheminade, qui après Nicolas Dupont-Aignan qui comparait la nation à une bicyclette, compare la France à une voiture qui roule à 150 km/h et sans frein. A quand le tracteur ?

 

12 avril : 

 

Nicolas Sarkozy joue le tout pour le tout et joue son va-tout. Face aux sondages qui ne bougent pas, il a hier abattu la carte de la crédibilité en avertissant qu'une victoire de la gauche entraînerait une crise de confiance des marchés et mettrait "la France à genoux". Là où a échoué Mohamed Merah.

 

Pendant ce temps, François Hollande continue de montrer sa force tranquille et se réfugie dans sa carapace de tortue après avoir joué au lièvre. Il n'a plus rien de nouveau à proposer en magasin, mais il n'est pas "une pochette-surprise". Alors il répète, comme hier dans "Des paroles et des actes".

 

Le clip tout pourri : Celui de Philippe Poutou, qui ne rêve pas d'être président et qui ne met rien en oeuvre pour le devenir. Son clip fait avec ses potos parodiant "Questions pour un champion" sera un sommet de nullité artistique dont il faudra se souvenir pour les années à venir.

 

14 avril : 

 

Un semblant de suspense était revenu, mais cette fois ça semble fini. Nicolas Sarkozy a quasiment perdu, vu les derniers sondages qui lui sont tombés dessus et qui viennent sanctionner sa dernière semaine maussade. Il ne pourra prendre aucun risque pour cette dernière semaine, et devra prier pour virer en tête dimanche prochain.

 

Puis il devra compter sur un retournement de situation jamais vu. D'où sa proposition d'un deuxième débat d'entre-deux-tours, option qui lui avait parue saugrenue lorsque Ségolène Royal en avait proposé un à François Bayrou. Celui qui est en tête n'a jamais rien envie de changer.

 

Le meeting du jour : Celui de Jean-Luc Mélenchon sur la plage du Prado à Marseille, qui comme d'habitude a fait le plein de monde. Le peuple est dans la rue, mais il ne sera peut-être pas dans les isoloirs.

 

15 avril : 

 

Ce dimanche c'était jour de meeting. Chaque camp a cherché la démonstration de force pour faire basculer la décision dimanche prochain. Nicolas Sarkozy revendiquait 100000 voire 120000 bobos sur la Place de la Concorde. La police est d'accord, mais c'est lui qui la dirige. François Hollande l'a joué profil bas au Parc de Vincennes, un peu par superstition.

 

Pendant ce temps les petits candidats vagabondaient, avec les moyens du bord. Nathalie Arthaud avait la mauvaise idée de faire son meeting au Zénith à Paris. Marine Le Pen fuyait le monde avec son "Parlement des invisibles" et préparait déjà les élections législatives. Tout le monde a eu un temps frais, en général. Finalement, c'est encore Merluche qui a tout compris : le meeting, c'est samedi.

 

La prétentieuse : Eva Joly nous aura exaspéré jusqu'au bout. Dernière extravagance en date : elle a promis qu'elle ferait 5% le 22 avril. Le 5, c'est avant ou après la virgule ?

  

17 avril :

 

C'est ce qu'on dit à chaque campagne, mais cette année c'est vrai. La campagne présidentielle aura été particulièrement minable et ennuyeuse, même si c'est pour des tas et des tas de raisons. Le gros problème, c'est que les candidats ont fait du hors sujet en ne traitant pas le thème principal de la crise économique. François Hollande ne s'est engagé à rien, et Nicolas Sarkozy a fait une "campagne de diversion", comme a dit François Bayrou.

 

On peut quand même accuser le format de la campagne. D'une part elle est trop longue, commencée dès janvier et même dès 2007 par les battus de la dernière fois. D'autre part elle est minée par le partage du temps de parole de la campagne officielle des trois dernières semaines. On n'entend plus les principaux prétendants, ceux qui ont le plus de chance d'être au pouvoir, et là le débat devient vraiment folklorique.

  

Le double suspense : Le 1er tour aura un double intérêt. D'une part savoir qui de François Hollande ou Nicolas Sarkozy virera en tête et avec quel écart. D'autre part qui de Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon sera le troisième homme, car l'écart a tendance à se resserrer.

 

18 avril : 

 

Cette fois on dirait que c'est joué. Nicolas Sarkozy serait décroché par François Hollande dès le 1er tour (27,5% contre 29,5%), alors que les reports de voix pour le socialiste n'ont jamais été aussi hauts. On est revenu au non-suspense de janvier quand l'élection semblait se jouer à 56-44 au 2ème tour.

 

Pour le reste, on n'aura peut-être des surprises dimanche concernant le troisième homme (Jean-Luc Mélenchon va-t-il passer devant Marine Le Pen ?) et un joli score chez les tous petis candidats (Philippe Poutou par exemple ?). Il serait peut être alors temps de préparer l'après 6 mai.

  

Le simple suspense : Jacques Cheminade fera-t-il mieux qu'en 1995 où il n'avait recueilli que 0,28% ? Probablement, mais pas de beaucoup. Prévision de Carbone 12 : 0,57%.

 

19 avril : 

 

Il y a deux institutions détestables dans une campagne présidentielle. D'une part les sondeurs, qui trompent constamment l'électeur sur les tendances et tentent de dicter son vote. D'autre part le CSA, qui corsète la compétition et lui enlève son piquant et sa spontanéité.

 

Alors pour les renvoyer dos-àdos, Carbone 12 a décidé juste à temps de publier ses estimations pour le 1er tour, bravant ainsi la déontologie de ces deux corps de métier paralysants. Cela donne ceci : Hollande 27,36%, Sarkozy 26,41%, Le Pen 16,37%, Mélenchon 12,84%, Bayrou 9,81%, Joly 2,05%, Poutou 1,73%, Arthaud 1,52%, Dupont-Aignan 1,32%, Cheminade 0,57%. 

 

La victoire pour l'honneur : Eva Joly sait qu'elle va se ramasser ce dimanche, comme elle l'a fait sentir lors de son dernier meeting. Mais au moins elle a gagné dans les tribunaux face à Marine Le Pen qui l'avait attaqué pour diffamation. On se console comme on peut.

 

 

21 avril :

 

La campagne officielle de 1er tour s’est terminée et la période de réserve va bientôt faire de même. On saura tout. Et on sera soulagé que prennent fin ces deux jours blancs qui s’apparentent à une interdiction de faire campagne.

 

Nicolas Sarkozy a hier terminé son périple à Nice, ville de droite acoquinée avec l’extrême droite pour qu’on lise bien ses intentions. Il vise les indécis et les déçus. François Hollande était à Charleville-Mézières, terre d’Arthur Rimbaud, où il a encouragé à une participation large pour basculer en tête dès le 1er tour. Comme Lionel Jospin il y a dix ans. Mauvais présage…

 

Le soulagement : Pour Philippe Poutou et Eva Joly, les deux amateurs de la politique exténués par la campagne et ravis qu’elle se termine. Comme quoi la politique n’est pas un métier si facile.

 

23 avril :

 

Les résultats du 1er tour sont tombés, et François Hollande devance Nicolas Sarkozy avec 28,63% des voix contre 27,18%. Au moins ces deux-là sont qualifiés pour le 2ème tour, contrairement à Marine Le Pen, qui a surpris avec 17,90%, et Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou qui ont déçu avec 11,11% et 9,13%. Et François Hollande a concédé être le meilleur car il a fini premier.

 

Maintenant les projections de vote montrent bien que la mission de Nicolas Sarkozy s’annonce impossible. Il n’a plus que deux solutions. Faire peur en annonçant une ruée de sauterelles en cas de victoire de la gauche, comme en 1981 quand la droite annonçait les chars russes. Ou reprendre la bonne vieille tactique Buisson, celle que tout le monde a à la bouche, pour séduire Marine Le Pen.

 

Les petits candidats : Ils disent tous au revoir, avec comme prévu des scores modestes. Eva Joly 2,31%, Nicolas Dupont-Aignan 1,79%, Philippe Poutou 1,15%, Nathalie Arthaud 0,56%, Jacques Cheminade 0,25%.

 

24 avril :

 

La grande déception de ces élections présidentielles vient sans doute de François Bayrou, qui a divisé son score par deux par rapport à 2007 en passant de 18,57% à 9,13%. Il paie là son silence prolongé du quinquennat et sa campagne passive voire attentiste, où il a longtemps espéré l’effondrement de l’un des deux favoris qui n’est jamais venu.

 

Il se posait en issue de recours, mais il ne s’est pas battu pour mériter de l’être. A défaut d’un moment Bayrou, il y aura au centre de l’échiquier politique un après-Bayrou qui va s’ouvrir dès le 6 mai pour recoller les morceaux entre le Modem et le Nouveau Centre et se réinventer un nouveau leader. A moins que la division n’éclate dès l’entre-deux-tours avec les déclarations intempestives des centristes pour l’un ou l’autre des deux finalistes.

 

Le silence radio : Malgré son score relativement bon (1,79%), Nicolas Dupont-Aignan boude et ne livre pas de consigne de vote pour le 2ème tour. Mais on se doute qu’il ne fera pas basculer l’élection à lui tout seul.

 

26 avril :

 

Comme on pouvait le craindre, Nicolas Sarkozy a paniqué en voyant son score et celui de Marine Le Pen et a pensé qu’en les additionnant il résoudrait tous ses problèmes. Ecoutant trop ses conseillers occultes, il s’est mis à dos toute la classe politique de droite et risque même de perdre l’électorat centriste non négligeable de François Bayrou.

 

Mais en portant le débat sur des thèmes comme l’immigration, la sécurité ou le travail, il a montré que jusqu’au bout il continuerait à faire l’actualité. Il est vrai que François Hollande ne lui contestera pas trop cette suprématie, préférant compter ses électeurs au soir du 6 mai même au prix d’une spirale du silence et à leur plus grand mépris.

 

Le débat sans fin : Les quatre grandes radios nationales (Europe 1, RTL, RMC et France Inter) ont sauté sur la proposition de Nicolas Sarkozy d’organiser trois débats, en proposant gentiment d’en organiser un. Et Nicolas Sarkozy a sauté sur cette proposition pour dire qu’il l’acceptait sans conditions. Pour une fois que le président tombe d’accord avec les médias.

 

27 avril :

 

Il s’y voit déjà, et personne ne pense le contraire. François Hollande assume de plus en plus sa stature présidentielle et a même organisé hier une conférence de presse improvisée en apparence mais en réalité savamment préparée où il a promis qu’il serait plus digne que ne le fut Nicolas Sarkozy.

 

Le pré-sident compte renouveler l’exercice tous les six mois, mais le précédent avait déjà pensé le faire avant de se perdre dans ses conférences de vœux annuelles et ses émissions taillées sur mesure sur TF1. En tout cas le socialiste croit dur comme fer qu’il restaurera la conférence de presse comme un genre majeur, sur les traces de Charles de Gaulle qui en avait fait son exercice favori.

 

Le dérapage : Celui de Lionnel Luca, parangon de la droite populaire, qui a écorche le nom de Valérie Trierweiler en Rottweiler. La femme de François Hollande n’a pas apprécié, pourtant son mari a dû l’habituer à force de sortir toujours sa petite blague à chacune de ses phrase.

 

28 avril :

 

Qui aurait pu imaginer que le haut score de Marine Le Pen diviserait à ce point la droite ? Que l’option stratégique de Nicolas Sarkozy de viser les électeurs frontistes soit bonne ou pas, il est au moins sûr qu’un grand nombre de personnalités de la droite ne partage pas le tournant qu’il est en train de donner à sa campagne.

 

Tant qu’ils ne le disent pas trop fort. Alain Juppé a déjà payé les pots cassés. S’il y en a bien un qui n’a pas peur c’est bien Dominique de Villepin, qui en une tribune publiée par Le Monde a clairement écrit qu’il ne voterait pas pour son ancien rival. Mais entre « une droite qui l’effraie et une gauche qui l’inquiète », il n’a pas vraiment choisi.

 

Le mauvais présage : Nicolas Sarkozy pense de nouveau à la défaite. Comme en janvier quand il promettait qu’on n’entendrait plus parler de lui, le président a parlé de l’après en se comparant à Bob Beamon perdant son record du monde du saut en longueur. Pas bon signe.

 

29 avril :

 

C’est la dernière rumeur de la campagne : le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par feu Mouammar Khadafi. Cela commence à faire beaucoup après Liliane Bettencourt, mais il devait certainement se cacher quelque chose derrière ces comptes. On se dira simplement que l’intervention en Libye était une bien curieuse manière de le remercier.

 

L’avenir de Nicolas Sarkozy semble en tout cas bien noir. Le PS a déjà demandé l’ouverture d’une information judiciaire et il pourrait être submergé d’affaires judiciaires comme son prédécesseur Jacques Chirac. Car il est aussi impliqué dans l’affaire Karachi, qui concerne aussi le financement occulte d’une autre campagne présidentielle, celle d’Edouard Balladur en 1995.

 

L’attaque gratuite : Celle de Nicolas Sarkozy, accusant François Hollande de préférer passer son 1er mai avec la CGT qu’avec les français. Mais il a cinq ans devant lui pour le faire.

 

30 avril :

 

François Bayrou avait prévenu que la campagne d’entre-deux-tours se jouerait valeurs contre valeurs : il avait vu juste. Nicolas Sarkozy persiste et signe dans sa stratégie droitière en mettant en valeur l’identité nationale, la lutte contre l’immigration et la sécurité. Il vise l’électorat frontiste et c’est son droit, même si c’est une erreur stratégique.

 

François Hollande reste lui fidèle à son cap qui depuis qu’il s’est déclaré candidat l’an dernier le fait embrasser les causes de l’éducation, la laïcité et l’égalité. Il a le beau rôle, et on comprend mieux maintenant pourquoi c’est un avantage de commencer la campagne avant les autres. Cela permet de réserver les valeurs que l’on veut faire siennes.

 

La polémique : Les révélations sur un possible financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par le régime libyen du déchu Mouammar Kadhafi ont surtout mis en doute la sincérité de Mediapart, accusé de vouloir faire basculer l’élection en publiant cette information si près du 2ème tour.

 

1er mai :

 

Ce 1er mai ça va être la guerre. Certes il n’y aura ni affrontements physiques ni morts, mais deux France ont promis d’en découdre dans la rue. A côté des traditionnels défilés syndicaux qui battent le pavé tous les ans, Nicolas Sarkozy leur a en effet lancé un défi avec son rassemblement du Trocadéro sur le vrai travail.

 

De quoi mettre du feu aux poudres, surtout après ses déclarations sur les syndicats. 1500 policiers seront mobilisés sur la capitale pour parer à tout débordement, même si finalement chaque manifestation mènera son cortège à part. Car il faut rajouter le défilé du FN en l’honneur de Jeanne d’Arc, pour ne rien arranger.

 

L’autre 1er mai : Loin des meetings ou des drapeaux rouges des défilés syndicaux, c’est à Nevers que François Hollande passera son 1er mai, pour rendre hommage à l’ancien 1er ministre Pierre Bérégovoy, qui s’était suicidé le 1er mai 1993.

 

2 mai :

 

Nous y voilà enfin ! Le débat tant attendu a lieu ce soir et chacun porte d’immenses espoirs. Les supporters de Nicolas Sarkozy espèrent qu’il va mettre une bonne raclée à son adversaire pour retourner les sondages en sa faveur. Les groupies de François Hollande rêvent qu’il l’emporte même dans ce débat qu’il a savamment préparé.

 

Or il ne faut pas s’attendre à des surprises. Le format est trop cadré pour permettre à l’un des deux concurrents de surclasser l’autre et chacun arrive avec des armes bien connues de tous. Le président jouera tout sur son expérience de la fonction et ses résultats dans la gestion de crise. Le socialiste insistera sur sa cohérence et sur le mauvais bilan du sortant.

 

La stratégie : L’UMP aura axé sa fin de campagne sur les valeurs éternelles de la droite, plus que celles de l’extrême droite : le travail, le mérite, l’effort… C’était tout le sens du rassemblement au Trocadéro. Mais les médias n’ont retenu que le trash. 

 

 

  

Il n’y a pas eu de round d’observation et le président est de suite rentré dans le lard de François Hollande avec l’agressivité dont il l’accuse d’avoir fait preuve. Le socialiste a lui voulut incarner la justice et le rassemblement contre « le président des riches » avec sa tirade en anaphore « Moi président de la république » qui en restera comme le sommet. Chacun a revêtu un masque et montré qu’il pouvait interpréter plusieurs rôles de composition : Nicolas Sarkozy était bien moins mou qu’il y a cinq ans, François Hollande bien plus fort de caractère que ce qu’on disait de lui.

 

Il en était même teigneux. En descendant le bilan du sortant, il a bien montré que c’est le boulet qui le sortira, l’ayant empêché de contre-attaquer par une tirade « Moi président de la république, j’ai fait ». Au final, il y a certainement eu match nul mais c’était insuffisant pour le président qui devait gagner par trois buts d’avance

 

Le sondage : Suite au débat, et malgré les rumeurs qui ont annoncé un resserrement à 51,5-48,5, les sondages donnent la victoire à François Hollande avec 52,5% des suffrages contre 47,5% à Nicolas Sarkozy. Des chiffres plus conformes à la réalité du pays que tous ceux que l’on aura entendu durant la campagne.

 

4 mai :

 

François Bayrou s’est fait désirer, mais cela valait le coup. Le faiseur de roi de 2007 a déclaré qu’il voterait pour François Hollande, ceci à seulement trois jours du scrutin fatidique. Même s’il n’a pas donné de consigne de vote, c’est tout comme et ce n’était que pour sauver la face et ne pas donner de consigne de parti après les départs en rangs dispersés de ses compagnons de route.

 

Il a justifié ce choix par l’incompatibilité de valeurs avec Nicolas Sarkozy et sa dérive vers l’extrême droite, sans pour autant « virer à gauche ». Il n’a pas chassé une place de 1er ministre car il sait qu’il ne l’aura pas, mais a exprimé un choix personnel plus que politique pour rester fidèle à ses convictions. Et peut-être signer son arrêt de mort politique, mais cela faisait déjà dix jours que son cadavre ne bougeait plus.

 

La déclaration : François Hollande est confiant, car il y a de quoi. En meeting à Toulouse, il a déclaré que « toutes les conditions étaient réunies » pour une victoire de la gauche, déclaration déjà faite il y a six mois après sa victoire aux primaires socialistes. Tout lui réussit, et ça lui réussit. Il devine même l’avenir.

 

5 mai :

 

Pour cette campagne qui s'achève, Carbone 12 a une révélation à faire : demain c'est François Hollande qui sera élu président de la république. Cela n'étonnera personne vu que tous les sondages et les médias l'annoncent depuis des mois. Néanmoins cette campagne aura été intéressante et Nicolas Sarkozy aura réussi par sa ténacité à entretenir un faux suspense.

 

Le meilleur a gagné, même si c'est pour le pire. En tout cas Carbone 12 se sera bien amusé pendant ces 100 jours de campagne, souvent rase et parfois moins que ça. Mais cela pourrait lui donner des idées et des envies pour continuer un peu, car les campagnes durent un temps et ne s'arrêtent jamais.

 

La participation : On attend du monde demain dans les bureaux de vote. A moins que la victoire trop facile et trop facilement annoncée de François Hollande ne démotive les moins mordus.

 

6 mai :

 

Nous y voilà, c'est le grand jour. La campagne présidentielle de 2012 s'achève et va révéler le nom du futur président de la république. A priori ce soir, il n'y aura pas de surprise. On devrait entendre "5, 4, 3, 2, 1... François Hollande est élu président de la république". Avec la vraie photo de l'heureux élu.

 

Il aura un peu usurpé sa victoire, mais seule la victoire est belle. On lui souhaite bonne chance pour son mandat, en espérant qu'il nous sorte de la crise et fasse un peu mieux que Nicolas Sarkozy à qui on souhaite une bonne retraite. Mais quoiqu'il arrive, la rase campagne continue.

 

La question : Quel sera l'écart ce soir entre François Hollande et Nicolas Sarkozy ? Un score inférieur à 53-47 pourrait être en effet un semi-échec pour la gauche forte. Pronostic de Carbone 12 : 53,53% contre 46,47%.

 

7 mai :

 

François Hollande est le nouveau président de la république. C’est ce que l’on attendait de cette campagne, pourtant le score fut plus serré que les 58-42, les 56-44 ou les 54-46 longtemps annoncés. Avec 51,56% et un million de voix d’avance, le socialiste s’impose finalement avec l’écart le plus faible de toute la campagne ce qui montre que celle de Nicolas Sarkozy a réalisé des prouesses.

 

Le président sorti l’a joué fair play dans son discours d’adieux, même s’il s’est attribué le peuple de France pour mieux le subtiliser au vainqueur. Celui-ci s’est posé en président rassembleur, défenseur de la justice et de la jeunesse, celle-là même qui a passé une soirée de beuverie à la Bastille. On l’attend à présent sur l’action et non plus sur des incantations.

 

Le coup de cœur : C’est la moindre des choses, mais vainqueurs et vaincus ont reconnu les résultats et se sont donné les félicitations. C’est un moindre mal pour la droite, obligée de reconnaitre son nouveau maître.

3 mai :

 

Le débat qui s’achève à l’instant aura été un sommet de la campagne par sa qualité. Les deux finalistes ont en effet offert un grand moment de joute politique dans un programme certes un peu long (2h50) qui a repris les trois thèmes que voulait développer Nicolas Sarkozy en autant de débats et qui ne s’est pas perdu en petites phrases.

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