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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 08:42

« Chaque époque rêve la suivante »

 

Jules MICHELET (1798-1874) – Historien français et doux rêveur

 

Georges Pompidou disait que le monde avait besoin d’une nouvelle Renaissance. La France aussi, tant elle traverse en ce moment un nouveau Moyen-Âge, âge moyen et entre-deux qui précède souvent la fin d’une époque. L’avenir dure longtemps, sauf pour les pays qui ne se réforment pas. Or la crise n’a jamais vraiment commencé pour la France : notre pays n’a même pas souffert, il n’a rien changé ni réformé.

 

Pour réformer il faut d’abord se réformer. La droite doit comprendre sa défaite de 2012. Faire l’inventaire du sarkozysme, quitte à le faire sans Nicolas Sarkozy. Juger sa personnalité, certes énergique mais clivante et incapable de préférer les résultats aux louanges. Les français ne veulent plus de coup d’éclat permanent et d’étalage de la vie privée. Juger sa politique, certes efficace en période de crise mais balourde au quotidien. Les français peuvent oublier le passé si on leur explique le passif : la gestion de la dette, la guerre en Libye, le discours de Grenoble et le bouclier fiscal.

 

Nicolas Sarkozy avait la chance d’enrayer le déclin français car il avait l’autorité et l’attente des français. Il a échoué en n’ayant pas le courage d’appliquer son projet : tant pis pour lui. Il a gâché sa chance mais certainement pas la nôtre, celle de mener enfin le changement dans l’ordre et de mettre de l’ordre dans le changement. Il n’y a rien de nouveau que ce qui est oublié. La droite sait les mesures à prendre. Alors peu importe le contenu ou le contenant, pourvu qu’on reprenne le pouvoir.

 

Imaginer la France d’après c’est accepter que la France peut supporter la vérité. C’est enfin donner la priorité à droite et non à la politique de l’adversaire. C’est agir dans les 100 jours par ordonnances et par référendums pour enrayer la résistance des corps intermédiaires. C’est renouer avec nous-mêmes pour changer le cours de l’histoire. La droite a tenté de consigner ces quelques réformes dans un livre piloté par Benoist Apparu, « Les 12 travaux de l’opposition ». Où enfoncent successivement des portes ouvertes Juppé, Fillon, Bertrand, Copé, Baroin, Pécresse, Wauquiez, Le Maire, NKM, Hortefeux et Raffarin. Essayons en quelques lignes de faire mieux.  

 

Les 12 travaux de la droite

 

1) Économie : libérer le travail et sacrifier les loisirs en revenant aux 39 heures et à la retraite à 65 ans. 2) Finances : réduire le déficit public en baissant les dépenses, notamment sociales, et réduire les impôts pour relancer la croissance. 3) Emploi : flexibiliser le marché du travail pour en finir avec la surprotection des salariés et le chômage de longue durée.

 

4) École : refondre les programmes et réviser les méthodes d’enseignement afin que chaque élève qui entre au collège sache lire, écrire et compter 5) Sécurité : renforcer les moyens de la police et faire respecter les décisions de justice afin de rétablir la tranquillité de tous. 6) Politique étrangère : faire de nouveau entendre la voix de la France et réaffirmer son indépendance.

 

7) Modèle social : revoir le mode de financement de la sécurité sociale et répondre aux besoins en matière de dépendance. 8) Immigration : réguler nos frontières en fonction de nos besoins et privilégier une immigration économique et non familiale. 9) Intégration : donner un contenu à ce qu’est être français aujourd’hui et revenir à notre modèle d’assimilation au détriment du communautarisme.

 

10) Réforme territoriale : donner des compétences claires et exclusives à chaque échelon et encourager les fusions entre territoires. 11) Réforme des institutions : renforcer le rôle du président et accélérer les procédures de prise de décision. 12) Europe : redonner à la France son rôle de première puissance politique et agir pour une Europe des nations et non une Europe fédérale.

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 13:10

« J’ai envie et je n’ai pas le choix »

 

Nicolas SARKOZY (1955) – Ancien président et futur président

 

On ne revient qu’une fois. Alors autant ne pas se rater. Nicolas Sarkozy a annoncé ce week-end son retour dans la vie politique. Presque un non-événement tant il a été réchauffé à l’avance. On l’attendait avide de revanche. On l’a vu plein de gravité, prêt à sauver ce pays qu’il aime tant. Comme il dit, il revient et il n’a pas le choix.

 

On a toujours le choix. Cette mystification rappelle cependant un mythe bien connu du bonapartisme, le retour du sauveur. En 1814, Napoléon Bonaparte revenait de l’Île d’Elbe pour les 100 jours. En 1851, Louis-Napoléon Bonaparte ressuscitait le souvenir de l’oncle et du 18 Brumaire. En 1958, le Général de Gaulle sortait de sa retraite suite à l’insurrection en Algérie qu’il avait lui-même provoquée pour rétablir les institutions de la France. C’était l’opération Résurrection. Un coup d’État.

 

Un coup d’État par Facebook

 

C’est comme cela qu’est revenu Nicolas Sarkozy ce week-end. Un coup d’État par Facebook. Avec pour seul argument sa seule personne, et l’idée qu’il va provoquer le sursaut dont notre pays a tant besoin et qu’il a si souvent réussi à trouver par le passé dans d’autres situations difficiles. Mais le plus dur ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage. D’autres ont échoué avant lui, tel le Maréchal Pétain qui fut le héros de Verdun en 1917 et le violeur de la France en 1940. Alors De Gaulle ou Pétain ?

 

Ni l’un ni l’autre. On assiste à un retour vers le futur. Nicolas Sarkozy ne pourra pas compter que sur le rejet de François Hollande. Il devra faire son autocritique et se livrer à un devoir d’inventaire s’il veut un jour faire un peu plus et un peu mieux que lors de son premier mandat. On attend qu’il rebâtisse l’opposition et apporte de nouvelles idées. Il y a les convaincus tels Laurent Wauquiez, à qui « son nouveau projet donne vraiment envie » (sic). Et les attentistes tels Thierry Mariani, qui « attend de voir ce qu’il va proposer à l’UMP pour faire son choix ». Car on n’a rien vu.

 

On attendait son interview sur France 2 pour se faire une idée. Il l’a jouée modeste, assumant la responsabilité de sa défaite et reconnaissant des erreurs comme le fait d’avoir parfois voulu tout faire tout seul. Son mandat a été son meilleur vaccin. Il a annoncé la mort de l’UMP, avec la création d’un grand rassemblement hors clivages et sans idéologie qui unira comme les mouvements gaullistes de la grande époque tous les hommes de bonne volonté de droite et de gauche. L’union sacrée, en sorte.

 

On attendait qu’il prenne position entre la droite forte et le centre et il a embobiné tout le monde en choisissant à la fois les deux et aucun des deux. Il a esquivé. Un homme providentiel surgit lors d’une crise parce qu’il y a un appel du peuple. Or face à la colère et au désespoir qu’il a bien perçus chez les français, Nicolas Sarkozy répond par l’appel au peuple et le référendum. Il n’a plus d’idées ni de volonté, il laisse le peuple trancher. Ceux qui attendaient du solide sont déçus. Une campagne électorale de 30 mois a commencé hier, et ce n’était pas le moment de se dévoiler.

 

Ce retour est finalement presque décevant. Il n’y a qu’à lire les sondages. 61 % des français sont contre sa candidature à l’UMP. 63 % sont contre sa candidature en 2017. 67 % pensent qu’il n’a pas changé. Deux français sur trois, comme on dit. S’il y a bien une idée reçue qui est tombée ce week-end, c’est qu’il n’y a ni nostalgie ni désir de Nicolas Sarkozy dans le pays. Il n’a pas un bilan tel que cela justifie un retour par acclamation. Nicolas Sarkozy vient d’apprendre à ses dépens qu’on peut être piégé par les médias et leurs lubies. Le ballon de baudruche s’est dégonflé.

 

Il a à présent des adversaires en face. D’abord Hervé Mariton et Bruno Le Maire, les Ducon et Durien face auxquels il devra s’abaisser à débattre et sera condamné à faire un gros score s’il ne veut pas que cela ressemble à un échec. Puis Alain Juppé et François Fillon, qui ont plus que jamais réaffirmé leur détermination à s’engager dans la primaire. Nicolas Sarkozy est surtout revenu avant que sa chance ne passe. Il n’y a pas de nostalgie de son bilan, juste un besoin urgent de leader. On a aimé son volontarisme, la sensation qu’il donnait que tout était possible. Il sera sûrement notre meilleur candidat. Mais cela ne fait pas forcément de lui le meilleur président.

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 06:41

« Certes on n’est pas élu sur un bilan. Mais si le bilan est mauvais, on ne gagne pas »

 

Alain JUPPÉ (1945) – Homme politique français et en dépôt de bilan

 

 

La côte de popularité du président est affligeante. François Hollande n’obtient que 37% d’opinions favorables. A peu près autant que Nicolas Sarkozy en 2008. A peu près autant que Nicolas Sarkozy en 2012. Tant il est vrai que ce n’est qu’à l’heure où sonneront les bilans, en 2017, qu’on pourra réellement juger des résultats du pouvoir socialiste et de ses chances d’être réélu. Avant cela la droite devra exercer un double droit d’inventaire qui est d’ailleurs davantage un devoir d’inventaire : juger le quinquennat sarkozyste et juger son quinquennat d’opposition.

 

La deuxième tâche sera dure mais décisive. Si la droite veut représenter une alternative et incarner l’alternance en 2017, elle devra avoir auparavant offert une perspective et proposé un cadre aux français. Il faudra qu’une personnalité s’impose à l’UMP avec un programme, une équipe et une base électorale. Fuir la division avec l’UDI et fuir l’union avec le FN. Gagner aux élections municipales en 2014 et aux élections régionales en 2016. Incarner véritablement cette opposition tonique et solide qu’a promis le nouvel omni-président Jean-François Copé.

 

Ce n’est apparemment pas la voie qui est en train d’être prise. Le chef de l’UMP pense plutôt à préparer les élections municipales de l’an prochain ou sa réélection de septembre qu’à mettre en difficulté le gouvernement. Il faut dire que ce n’est pas le moment de se montrer. Le débat sur le mariage pour tous a durablement affaibli la crédibilité de l’opposition. Elle a voulu prendre la rue alors qu’elle ne sait pas le faire. Elle s’est faite représentée par Hervé Mariton, le seul à cumuler à la fois la voix d’Astérix et le bon sens d’Obélix. Elle n’a pas voulu être contre.

 

Sa seule issue était de proposer un référendum sur le mariage ou des États généraux sur la famille. En gros repousser l’échéance. Elle est encore sous le coup de cette campagne interne ratée qui démontra à ceux qui en doutaient encore que la division par zéro est bien possible. La nouvelle direction du parti est pléthorique avec ses 40 vice-présidents et ses deux duos Chatel-Wauquiez et Tabarot-Pécresse. L’UMP est aujourd’hui dirigée par un triumvirat invisible : le président Jean-François Copé, le fantôme de François Fillon et le souvenir de Nicolas Sarkozy.

 

C’est là la première tâche qu’aura à résoudre l’UMP avant 2017 et pour laquelle elle a déjà pris du retard : tirer les leçons de la défaite de Nicolas Sarkozy. Il faut tourner la page mais seulement si on en retient quelque chose. Le président a perdu car il n’a rien fait pour gagner. Les français ont rejeté sa politique, moins pour un manque de fondement que pour un manque de résultats. Les français ont rejeté sa méthode, moins pour un manque de pédagogie que pour un excès de démagogie. Les français ont rejeté sa personnalité, autant publique que privée.

 

Il serait surprenant qu’ils veuillent en reprendre pour cinq ans. C’est pourquoi le retour de Nicolas Sarkozy que tout le monde annonce et que lui-même n’en peut plus d’attendre sera sûrement vite empêché. Par les affaires, si les juges le poursuivent encore. Par Carla, s’ils n’ont pas divorcé d’ici-là. Par l’UMP, qui détient la clé de son retour. Si elle entre en crise, il revient. Si elle tient le coup, on l’en dissuadera. Jean-François Copé y veillera. Personnellement. Aucun président n’est élu en suivant la même voie que le précédent. Encore moins un ex président.

 

Faire le bilan du sarkozysme est capital car cela permettra de le tuer et d’arrêter avec ce spectre d’un retour qui n’aura jamais lieu. Cela permettra enfin à l’UMP d’attaquer de manière argumentée le piètre bilan de la gauche au lieu d’adopter une opposition timide de profil bas. Cela permettra de chercher enfin les nouveaux talents de la génération reconquête avec ce plus grand plan de recrutement jamais engagé par un parti politique promis par le président. Cela permettra de renouer avec les bases de notre engagement au lieu d’exceller dans le coq-à-l’âne.

 

Une république fraternelle et courageuse, c’est une république où chaque citoyen a des droits et des devoirs et où la générosité l’emporte sur l’assistanat. Une république fraternelle et courageuse, c’est une république où l’égalitarisme n’est pas érigé en valeur suprême mais où la justice sociale est compatible avec l’autorité. Une république fraternelle et courageuse, c’est une république où on ne taxe pas les créateurs mais où on les aide parce qu’on croit en eux et en l’efficacité économique. Pour dire tout cela, il faudra enfin être politiquement incorrect. Enfin.

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