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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 09:02

« Mais qu’est-ce que je vais devenir ? Je suis ministre, je ne sais rien faire »

 

Louis DE FUNES (1914-1983) – Acteur français et dernier ministrable

 

D’habitude, cela devrait être un honneur d’être nommé ministre de la république. Pas pour eux. Parce qu’ils ont hérité de ministères empoisonnés où il est impossible de réussir. Parce qu’ils étaient maudits et n’ont fait que recevoir de mauvais coups. Ce sont des ministres qui auraient préféré ne pas l’être. Petite revue d’effectifs.

 

Les ministres de l’éducation nationale sont toujours malheureux. Quand ils ne sont pas trois à se succéder en six mois comme Vincent Peillon, Benoit Hamon et Najat Vallaud-Belkacem, ils doivent affronter les manifs et les grèves des syndicats. En 1984, Alain Savary était poussé à la démission après le rejet de son projet d’école libre. En 2000, Claude Allègre devait s’en aller après avoir échoué à « dégraisser le mammouth ». En 2002, Luc Ferry était traité de tous les noms pour ne pas avoir su honorer celui de Jules Ferry avec sa réforme sur la durée de travail des professeurs.

 

Les ministres de l’intérieur ne sont pas plus populaires. Ce sont pourtant eux qui devraient l’être tant ils sont en contact avec les médias. Nicolas Sarkozy et Manuel Valls en savent quelque chose. Mais ils sont aussi chargés du sale boulot, comme de reconduire à la frontière les étrangers en situation irrégulière. Ils ont donc toutes les associations gauchistes sur le dos. Tour à tour, Brice Hortefeux, Éric Besson et Claude Guéant ont été ainsi les ministres sarkozystes les plus détestés de France.  

 

Les ministres des affaires étrangères héritent des problèmes liés à leur fonction. Ils paient parfois pour les erreurs des autres. En 1985, Charles Hernu démissionne suite au scandale du Rainbow Warrior alors que tout était de la faute de François Mitterrand. En 2011, Michèle Alliot-Marie quitte le Quai d’Orsay parce qu’elle a passé Noël chez le dictateur Ben Ali sur le point de se faire renverser en Tunisie.

 

Grève, impopularité, affaires : les ennuis commencent

 

Les ministres de la santé sont également abonnés aux ennuis vue la fonction qu’ils occupent. Ils sont souvent victimes des scandales sanitaires, quand ce n’est pas par eux que le scandale arrive. En 1991, Edmond Hervé est mis en examen dans l’affaire du sang contaminé. En 2003, Jean-François Mattei ne prend pas la mesure de la canicule. En 2009, Roselyne Bachelot prend peur devant la grippe aviaire et achète trois fois plus de vaccins que ce qui était nécessaire. La facture s’en ressent encore.

 

Les ministres du travail sont spécialistes pour annoncer les mauvaises nouvelles. Si bien qu’on les surnomme les ministres du chômage. Xavier Bertrand était un expert dans l’annonce mensuelle de ces mauvais chiffres. Ont pris la suite Michel Sapin, la bonne humeur en plus, et François Rebsamen, la bonne volonté en moins. Michel Sapin, condamné à ce rôle même en tant que ministre des finances. Ce n’était pas son jour quand il a dû annoncer le déficit de la France. Ce n’est jamais son jour.

 

Les ministres des sports sont pour finir l’idiot utile. Ils ne restent jamais longtemps, à l’image des éphémères secrétaires d’État Bernard Laporte, Chantal Jouanno et David Douillet. Avoir fait du sport n’est pas la garantie d’être un bon ministre. L’ex athlète Roger Bambuck en 1988, l’ex hurdler Guy Drut en 1995, l’ex escrimeur Jean-François Lamour en 2002 : tous ministres et tous bien décevants au final.

 

Ces ministres qui auraient préféré ne pas l’être et dont on aurait préféré qu’ils ne le soient pas ont tous au moins un mérite : ils ont essayé. Ils ne sont pas partis au bout de 9 jours comme certains, de Jean-Jacques Servan-Schreiber en 1974 à Léon Schwartzenberg en 1988 en passant par Thomas Thévenoud en 2014. Ils ont souffert jusqu’au bout. Et nous ont fait aimer le spectacle de leur douleur.

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 10:09

« La femme sera vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important,

on désignera une femme incompétente »

 

Françoise GIROUD (1916-2003) – Écrivain français et féministe raisonnée  

 

C’est la pasionaria du gouvernement, une vedette inventée par les médias qui se targue d’être un symbole d’ascension sociale. Najat Vallaud-Belkacem a toujours été bonne élève. Elle monte les marches les unes après les autres et pas quatre à quatre : ministre du droit des femmes en 2012, elle est ensuite ministre fourre-tout du droit des femmes, de la jeunesse et des sports et porte-parole du gouvernement, avant de devenir ministre de l’éducation nationale. Une première pour une femme.

 

Elle est depuis victime de toutes les attaques, des plus xénophobes (la marocaine) aux plus caricaturales (l’ayatollah). Et elle montre par son indifférence que cela ne l’atteint pas. Le bonheur des autres rend toujours les autres malheureux. Or on peut être jaloux de cette ministre qui arrive au sommet alors qu’elle cumule tous les handicaps des minorités visibles : femme, jeune, d’origine immigrée. Des handicaps dont on se demande s’ils n’ont pas fini par être ses seuls et ses plus sûrs atouts.

 

Manuel Valls en a fait un symbole en la faisant applaudir à l’université d’été du PS de La Rochelle. Elle est pourtant avant tout un exemple, celui qu’on peut réussir même en étant inexpérimentée et incompétente. Najat est réputée ne pas connaitre ses dossiers. Elle n’a jamais été élue sur son nom, l’ex conseillère municipale de Lyon ayant même renoncé à se présenter aux élections législatives de 2012 de peur qu’une défaite ne lui coûte son premier poste ministériel. On dit que telle la Pompadour, elle passe sous la table pour avoir ses promotions. On ne saura jamais.  

 

Une juppette de gauche

 

Ce qui est sûr, c’est que Najat Vallaud-Belkacem arrive à l’éducation nationale sans avoir une idée de ce qu’elle veut faire. Alors elle manie la langue de bois, comme tous ceux qui n’ont rien à dire et qui ont trop peur de prendre des risques. Elle joue la politique des bons sentiments, telle une assistante sociale à l’écoute mais sans solution. Et toujours à fond la forme : le sourire et la voie douce pour faire oublier l’inintérêt de ce qu’elle raconte. C’est la féminisation de la politique, et il n’y a rien de sexiste à le dire : Christian Estrosi est tout aussi désespérant dans le genre.

 

C’est justement sur la théorie du genre que Najat Vallaud-Belkacem est attendue. Elle s’en est faite l’avocate la plus acharnée avec ses ABC de l’égalité. Une pédagogie stupide, qui veut que l’on enseigne dès le plus jeune âge aux enfants qu’il n’y a pas de différence entre les hommes et les femmes et qu’un garçon peut très bien jouer à la poupée pendant qu’une fille joue à la voiture. Comme s’il n’y avait pas assez de repères qui foutaient le camp, et qu’on puisse se permettre d’en abolir un autre. Au lieu de professer une stupide vision de l’égalité où tout le monde est identique, elle ferait mieux de servir l’égalité des chances en agissant pour que chaque enfant sorte de l’école en ayant acquis les savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter.

 

Najat Vallaud-Belkacem devra gagner sa popularité par ses propres mérites et non par ceux d’une parvenue, parvenue là seulement parce qu’on donne plus facilement à l’étranger qu’au français de peur de passer pour un raciste et qu’on fait rentrer dans un gouvernement autant de femmes que d’hommes de peur de passer pour un sexiste. Les premières vraies femmes ministres furent les « juppettes », ces femmes pot-de-fleurs du gouvernement d’Alain Juppé en 1995. On peut croire que François Hollande et Manuel Valls ont eux aussi trouvé leur juppette. Une juppette jolie.

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 09:58

« Il y a dans l’exercice du pouvoir une forme d’amateurisme.

Jusqu’au sommet de l’État »

 

Julien DRAY (1955) – Homme politique et professeur de François

 

Accordons-nous une récréation avec une rapide revue d’effectif du gouvernement. Un gouvernement ramassé de 16 ministres qui n’arrête pas de se ramasser tant il n’y en a aucun pour rattraper les conneries de l’autre. Des sous-doués au pouvoir. Une équipe de bras cassés qui rappelle que l’art de gouverner consiste avant tout à faire le vide autour de soi pour paraitre meilleur. Nous nous concentrerons sur trois cas inquiétants : Michel Sapin, Jean-Yves Le Drian et Bernard Cazeneuve.

 

Michel Sapin est sinistre des finances et des décomptes publics. Il a échoué partout où il est passé. Comme ministre du chômage, ce hollandais historique passait son temps à commenter les hausses mensuelles et à regarder passer les trains. Sans jamais perdre de son légendaire optimisme, qui tranche avec le désespoir de ceux toujours plus nombreux qui perdent leur travail. Il met la même application à ne pas tenir ses engagements à son nouveau poste, en témoigne l’envolée des déficits.

 

Cet homme au demeurant jovial n’est jamais celui qu’il faut là où il faut. C’est avant tout un énarque qui aime collectionner. Les pièces de monnaie, sa grande passion étant la numismatique. Les postes ministériels, sa première nomination datant du gouvernement d’Edith Cresson en 1992 avec Bercy déjà. Les mandats, surtout s’il peut en démissionner comme il le fit à deux reprises à la tête du Conseil régional du Centre. Enfin débarrassé d’Arnaud Montebourg, Michel Sapin va peut-être réussir avec Emmanuel Macron au ministère de l’économie. On attend de voir. Note : 5/20.

 

Jean-Yves Le Drian est ministre de la défense et de la défonce. C’est lui qui suit les dossiers des guerres au Mali et en Iraq. Du moins sur le papier, car c’est surtout un sous-ministre sous tutelle du président de la république tant ce dernier a tous les pouvoirs en tant que chef des armées sous la Ve République. Cet autre breton de la Hollande Touch n’a pas un charisme fou, mais c’est un fidèle de la première heure. Un grognard. Il a été nommé par amitié plus que par compétence. Comme Bernard Pons, Jacques Toubon et Jean-Louis Debré sous Jacques Chirac. Note : 7/20.

 

Un conseil de classe où personne n’a la moyenne

 

Bernard Cazeneuve est un ministre de l’intérieur particulièrement discret au regard de ses prédécesseurs. Passe-muraille, dirons-nous, tant il met en avant son action au service de l’intérêt général au détriment de sa personne. Il joue les modestes et cela lui ressemble : là où Manuel Valls aurait affiché son autorité contre la menace terroriste, lui essaie de calmer le jeu et relativise le danger. Un homme de devoir.

 

Il ne fait pas d’ombre au président ni au 1er ministre et c’était le but recherché. On sait trop comment la place Beauvau a réussi à ses devanciers, notamment à Nicolas Sarkozy qui par son hyperactivité médiatique a tué le job pour longtemps. Le maire de Cherbourg ne fait pas de vagues, et c’est bien là tout ce qu’on lui demande. Il ne fait rien et c’est ce qu’il fait de mieux. Moins un pour son habillement. Note : 9/10.

 

Forcément, ce casting change des Jacques Delors, Pierre Joxe ou Roland Dumas de la belle époque socialiste. En ajoutant des sous-fifres comme Sylvia Pinel et Fleur Pellerin et des sous-secrétaires d’État comme André Vallini et François Rebsamen, on peut désespérer des chances de s’en sortir de ce ministère patraque. Un conseil des ministres de cancres. Un conseil de classe où personne n’a la moyenne.

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