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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 01:38

« Il est plus facile de ne rien dépenser que de dépenser peu »

 

Jules RENARD (1864-1910) – Ecrivain français et au régime sec

 

 

La situation est grave mais pas encore désespérée. C’est du moins ce que persiste à dire le gouvernement malgré les mises en garde répétées des rapports administratifs, des organismes internationaux et des marchés financiers. La France n’a plus un sou mais elle le dépense. Avec son déficit et sa dette, le pays n’a pourtant pas de quoi frimer. Il ne doit sa survie budgétaire qu’à l’état plus pitoyable encore des autres pays d’Europe du sud que les spéculateurs scrutent avec l’appétit du chasseur qui sait la fin de sa proie proche. On parle de croissance et de politiques sociales mais personne ne regarde en face là où est le vrai problème : la dépense.

 

Le problème est pourtant récurrent et résurgent. Récurrent car la France est connue pour l’indiscipline de ses comptes et sa tendance à vivre au-dessus de ses moyens. Le trou de la sécurité sociale illustre ce drame : depuis 30 ans, le nombre de cotisants diminue alors que le nombre de pensions augmente et les gouvernements rivalisent de démagogie pour abaisser l’âge de départ à la retraite et reporter le paiement de la facture. Résurgent car la crise a fait revenir ce problème que les dirigeants niaient plus ou moins consciemment. Les relances se sont fracassées sur la crise de l’euro ce qui a abouti à la perte du Triple A. On était prévenu.

 

Le gouvernement mène autant d’actions contre ce fléau que la Vénus de Milo a de bras et qu’un cul-de-jatte a de jambes. Il veut réduire le déficit sans augmenter les recettes. Il ne faut pas augmenter la TVA car elle touche les pauvres ni la CSG car elle touche le revenu. Il faut taxer à 75% les millionnaires - sauf les créateurs - même si cela ne rapporte globalement rien. L’Etat retrouvera des sous grâce à la refiscalisation des heures supplémentaires et au relèvement des droits de succession. La gauche bête taxe les classes populaires et non les classes moyennes.

 

Le premier argent qu’on gagne est celui qu’on ne dépense pas. La solution ne peut venir mécaniquement que d’une baisse des dépenses or la gauche n’en veut pas. Elle remplace un impôt qui disparait par un nouvel impôt comme avec l’arrêt de la publicité après 20 heures sur les chaînes publiques. Elle remplace la dépense qui saute par une autre dépense comme avec le départ à la retraite des mères au foyer. Et on s’étonne que la France ne s’en sorte pas et soit ce pays aux taux si confiscatoires. Le coût du travail coule et noie la compétitivité des entreprises.

 

Il faut donc regarder à la dépense et la baisser. Il est certes nécessaire de préserver les dépenses d’investissement qui ont un rendement positif à long terme, à condition qu’elles ne le soient pas toutes. Mais il faut réduire les dépenses de fonctionnement qui, si elles ne sont pas toutes improductives, dénotent un train de vie de l’Etat qui roule trop vite. Cela va des salaires des ministres aux pensions des parlementaires en passant par les frais de protocole.

 

Il faut réduire les trois grands postes budgétaires de l’Etat. Le premier est la dette : cela semble évident mais l’accumulation d’emprunts génère une accumulation d’intérêts qu’il faut rembourser et qui pèsent en s’additionnant. Le second est la dépense sociale : les organismes remboursent trop alors que la pyramide des âges s’inverse dans le mauvais sens et un pays riche et en bonne santé ne devrait pas indemniser autant de chômeurs et de malades. Le troisième est l’emploi public : les salaires des fonctionnaires dans l’éducation ne sont pas hauts mais leur nombre représente 15% de l’emploi global de par son attrait en termes de sécurité de l’emploi.

 

Il faut attaquer les trois tabous que la droite dénonce et que la gauche n’osera même pas soulever. Le premier est le travail : notre pays ne travaille pas assez avec les 35 heures et la retraite à 62 ans et il faudrait produire plus pour gagner plus à défaut de relever le seuil légal à 39 heures et de cotiser jusqu’à 67 ans. Le second est la dépense locale : les collectivités multiplient les petits dispositifs originaux mais désordonnés au détriment de la bonne utilisation des deniers publics. La troisième est l’assistanat : trop de chômeurs touchent les allocations sans avoir d’activité et continuent de boire au bistrot du RSA pendant que les autres suent à la tâche.

 

Il y a trois solutions à ces problèmes et c’est vers elles qu’il faudra oser regarder. La première est ce mélange de rigueur, de séreux et d’austérité que requiert la tenue des comptes publics. Il faut remettre en question chaque dépense et faire des choix. La seconde est cette somme de courage, de sincérité et d’honnêteté qui poussent à dire la vérité au peuple. Il faut se reprendre en main et accepter les sacrifices. La troisième est cette alchimie entre initiative, originalité et inventivité qui permet de sortir par le haut de tous les problèmes. Il faut voir comment chaque dépense peut être remplacée par une loi et quand même atteindre son objectif. Ou comment regarder loin et viser haut.

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