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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 06:41

« Certes on n’est pas élu sur un bilan. Mais si le bilan est mauvais, on ne gagne pas »

 

Alain JUPPÉ (1945) – Homme politique français et en dépôt de bilan

 

 

La côte de popularité du président est affligeante. François Hollande n’obtient que 37% d’opinions favorables. A peu près autant que Nicolas Sarkozy en 2008. A peu près autant que Nicolas Sarkozy en 2012. Tant il est vrai que ce n’est qu’à l’heure où sonneront les bilans, en 2017, qu’on pourra réellement juger des résultats du pouvoir socialiste et de ses chances d’être réélu. Avant cela la droite devra exercer un double droit d’inventaire qui est d’ailleurs davantage un devoir d’inventaire : juger le quinquennat sarkozyste et juger son quinquennat d’opposition.

 

La deuxième tâche sera dure mais décisive. Si la droite veut représenter une alternative et incarner l’alternance en 2017, elle devra avoir auparavant offert une perspective et proposé un cadre aux français. Il faudra qu’une personnalité s’impose à l’UMP avec un programme, une équipe et une base électorale. Fuir la division avec l’UDI et fuir l’union avec le FN. Gagner aux élections municipales en 2014 et aux élections régionales en 2016. Incarner véritablement cette opposition tonique et solide qu’a promis le nouvel omni-président Jean-François Copé.

 

Ce n’est apparemment pas la voie qui est en train d’être prise. Le chef de l’UMP pense plutôt à préparer les élections municipales de l’an prochain ou sa réélection de septembre qu’à mettre en difficulté le gouvernement. Il faut dire que ce n’est pas le moment de se montrer. Le débat sur le mariage pour tous a durablement affaibli la crédibilité de l’opposition. Elle a voulu prendre la rue alors qu’elle ne sait pas le faire. Elle s’est faite représentée par Hervé Mariton, le seul à cumuler à la fois la voix d’Astérix et le bon sens d’Obélix. Elle n’a pas voulu être contre.

 

Sa seule issue était de proposer un référendum sur le mariage ou des États généraux sur la famille. En gros repousser l’échéance. Elle est encore sous le coup de cette campagne interne ratée qui démontra à ceux qui en doutaient encore que la division par zéro est bien possible. La nouvelle direction du parti est pléthorique avec ses 40 vice-présidents et ses deux duos Chatel-Wauquiez et Tabarot-Pécresse. L’UMP est aujourd’hui dirigée par un triumvirat invisible : le président Jean-François Copé, le fantôme de François Fillon et le souvenir de Nicolas Sarkozy.

 

C’est là la première tâche qu’aura à résoudre l’UMP avant 2017 et pour laquelle elle a déjà pris du retard : tirer les leçons de la défaite de Nicolas Sarkozy. Il faut tourner la page mais seulement si on en retient quelque chose. Le président a perdu car il n’a rien fait pour gagner. Les français ont rejeté sa politique, moins pour un manque de fondement que pour un manque de résultats. Les français ont rejeté sa méthode, moins pour un manque de pédagogie que pour un excès de démagogie. Les français ont rejeté sa personnalité, autant publique que privée.

 

Il serait surprenant qu’ils veuillent en reprendre pour cinq ans. C’est pourquoi le retour de Nicolas Sarkozy que tout le monde annonce et que lui-même n’en peut plus d’attendre sera sûrement vite empêché. Par les affaires, si les juges le poursuivent encore. Par Carla, s’ils n’ont pas divorcé d’ici-là. Par l’UMP, qui détient la clé de son retour. Si elle entre en crise, il revient. Si elle tient le coup, on l’en dissuadera. Jean-François Copé y veillera. Personnellement. Aucun président n’est élu en suivant la même voie que le précédent. Encore moins un ex président.

 

Faire le bilan du sarkozysme est capital car cela permettra de le tuer et d’arrêter avec ce spectre d’un retour qui n’aura jamais lieu. Cela permettra enfin à l’UMP d’attaquer de manière argumentée le piètre bilan de la gauche au lieu d’adopter une opposition timide de profil bas. Cela permettra de chercher enfin les nouveaux talents de la génération reconquête avec ce plus grand plan de recrutement jamais engagé par un parti politique promis par le président. Cela permettra de renouer avec les bases de notre engagement au lieu d’exceller dans le coq-à-l’âne.

 

Une république fraternelle et courageuse, c’est une république où chaque citoyen a des droits et des devoirs et où la générosité l’emporte sur l’assistanat. Une république fraternelle et courageuse, c’est une république où l’égalitarisme n’est pas érigé en valeur suprême mais où la justice sociale est compatible avec l’autorité. Une république fraternelle et courageuse, c’est une république où on ne taxe pas les créateurs mais où on les aide parce qu’on croit en eux et en l’efficacité économique. Pour dire tout cela, il faudra enfin être politiquement incorrect. Enfin.

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