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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 09:46

« Le ridicule déshonore plus que le déshonneur »

 

François de LA ROCHEFOUCAULD (1613-1680) –Écrivain français et ineffable

 

François Hollande est le roi de l’esbroufe. L’empereur du mensonge. Il est toujours amusant de revisionner la fameuse séquence du « Moi président » lors du débat d’entre-deux-tours de 2012. On y redécouvre toutes les promesses intenables de sa campagne, qu’il a bien sûr jetées aux orties une fois élu comme par la suite d’autres engagements farfelus tels l’inversion de la courbe du chômage ou le sauvetage de l’industrie lourde à Florange. Mais intéressons-nous à des vidéos plus drôles.

On connaissait l’entartage, spécialité de Noël Godin. François Hollande nous a fait découvrir l’enfarinage. C’était durant la campagne de 2012, alors qu’il s’apprêtait à signer un engagement sur le mal-logement, qu’il ne tiendra pas bien sûr. Pour une fois il fut puni pour sa tromperie, par une chômeuse qui réussit à tromper la garde rapprochée du candidat et qui lui balança un paquet de farine dans la gueule. Un incident qui présageait l’amateurisme et les failles de la sécurité du président.

François Hollande n’a jamais été très adroit. Il n’a pas la grâce ni la classe, et a depuis eu l’occasion de le prouver avec ses nombreuses cravates pas droites et ses discours sous la pluie où l’eau perlait sur ses lunettes. Ici, nouvelle démonstration éclatante avec son incapacité à se plier aux règles du protocole. Un président maladroit qui humilie la France et se ridiculise devant ses homologues étrangers.

Comment en est-on arrivé là ? Comment François Hollande a-t-il pu nous mystifier en 2012 et se faire élire alors qu’on le connaissait ? Il est le pire président de l’histoire, or on aurait pu le prévoir. Cette vidéo de 2005 où Dominique de Villepin dénonce sa « lâcheté » dénote bien sa personnalité, à compléter par les parodies des Guignols qui pendant des années l’ont décrit comme un pleutre incapable d’imposer son autorité sur le PS. Une image remise au goût du jour alors qu’il est à l’Élysée.

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 09:20

« Matignon c’est un truc à emmerdes, et je suis bien placé pour le savoir »

 

Jacques CHIRAC (1932) – Ancien président et légende vivante

 

Pour paraphraser quelqu’un, être 1er ministre c’est pas facile. Manuel Valls en fait l’amère expérience. Le maire d’Évry était arrivé avec la volonté de faire des réformes. Il fatigue déjà. La gauche n’a ni son courage ni ses convictions libérales, ce qui le condamne à l’échec. Manuel Valls restera au moins fidèle à François Hollande, tant il est vrai que l’attelage entre président et 1er ministre est une curiosité de la Ve République. Une dyarchie inégale avec répartition incertaine des rôles, où l’Élysée prend souvent le pas sur Matignon. Même si chaque 1er ministre est différent.

 

Il y a les 1er ministre fusibles, qui se sacrifient pour leur président. C’était le cas du tout-premier Michel Debré, qui dut rendre son tablier en 1962 sur décision du seul Général De Gaulle. Il y a ensuite Pierre Bérégovoy, jugé responsable de la défaite historique de la gauche aux élections législatives de 1993 et qui portera le sacrifice jusqu’au suicide. Moins tragique fut la fin de Jean-Pierre Raffarin, qui aura fait tout ce qu’il a pu avant de rendre les armes suite au référendum perdu de 2005.

 

Il y a les ennemis intimes, qui veulent tuer leur président. C’est en tout cas ce que redoutait Georges Pompidou en Jacques Chaban-Delmas, qui lui faisait de l’ombre avec sa politique de gauche et qu’il contraint à la démission forcée en 1972. Le cas le plus célèbre est celui de Jacques Chirac avec VGE, qui lassé d’être traité tel un laquais démissionnera de lui-même en 1976 pour créer son propre parti. La rivalité entre Michel Rocard et François Mitterrand était plus feutrée mais ils se détestaient cordialement, et le premier fut remercié sans remerciements au bout de 3 ans.

 

Il y a les hommes de paille, qui n’ont pas marqué leur temps. Le discret Maurice Couve de Murville est de ceux-là, éphémère chef du gouvernement entre Mai 68 et la démission du Général de Gaulle. Il y eut Pierre Messmer, le deuxième second de Georges Pompidou mais qui ne sut jamais devenir premier. On pense aussi à Edith Cresson, seule femme jamais nommée à ce poste mais qui n’est restée que 9 mois à cause de ses maladresses. Récemment, Jean-Marc Ayrault a excellé en 1erministre fantôme court-circuité par ses ministres et incapable de rendre des arbitrages. 

 

Une répartition incertaine des rôles avec le président

 

Il y a les ententes cordiales, ces mariages de raison plus que de passion. Ce fut le cas entre Georges Pompidou et le Général de Gaulle de 1962 à 1968, plus long bail à Matignon de la Ve République. Il y eut Raymond Barre et VGE de 1976 à 1981, même si le premier tira avec lui le second dans son impopularité. On pense aussi à Pierre Mauroy et François Mitterrand, qui bien qu’opposés la veille firent un bout de chemin ensemble jusqu’au tournant de la rigueur de 1983. Un cas récent est celui de François Fillon et Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012, qui malgré leurs caractères distincts se fit « sans nuage ». Manuel Valls et François Hollande suivent ce modèle.

 

Il y a les couples fusionnels, qui lient souvent un père à son fils. Laurent Fabius fut nommé 1er ministre en 1984 parce qu’il était le petit préféré de François Mitterrand, même si ce ne fut pas lui rendre service. Alain Juppé était le fils prodige de Jacques Chirac, « le meilleur d’entre nous », du moins jusqu’à ce que son impopularité record ne pousse le président à la dissolution. Dominique de Villepin était plutôt le fils prodigue, un bébé Chirac qui aura trahi son père en le forçant à le nommer puis en échouant à faire barrage à Nicolas Sarkozy pour la candidature de 2007.

 

Il y a enfin les 1er ministre de cohabitation, issus du camp adverse. Jacques Chirac revenait à Matignon en 1986 dix ans après et constatait que la cohabitation était avant tout un piège pour le 1er ministre. Édouard Balladur en fit également les frais entre 1993 et 1995, sa popularité ayant graduellement dégringolé sous les coups de boutoir de François Mitterrand. Lionel Jospin le constatera en 2002, battu après 5 ans de guerre froide sans point chaud avec un Jacques Chirac qui s’était refait une popularité à l’ombre de Matignon. Des exemples à méditer pour ceux qui conseillent une dissolution et donc une cohabitation à François Hollande.

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 09:54

« Par le simple fait de faire partie d’une masse, l’individu

descend de plusieurs étages dans l’échelle de l’humanité »

 

Gustave LE BON (1841-1931) – Philosophe français et peu populaire

 

Place au peuple ! La démocratie participative a le vent en poupe. Le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon veut une 6e république où les français votent plus souvent. Nicolas Sarkozy prône des référendums pour contourner l’immobilisme des corps intermédiaires. La mairie de Paris lance son premier budget participatif en faisant voter 5 % de ses dépenses d’investissement par les parisiens. Ce sont là de bonnes intentions. Mais pas forcément du bon sens, tant la démocratie directe est nuisible.

 

Le constat de départ est l’essoufflement de la démocratie représentative, déception permanente pour le citoyen. L’impression d’une fin de cycle des partis, des élections et des parlements. Il faut redonner la parole au peuple, à ces gens de bon sens qui connaissent mieux la vraie vie que ces hommes politiques obscènes et démagogues qui monopolisent le pouvoir. C’est l’argument qu’utilisent déjà les chefs d’entreprise pour critiquer la mainmise de la haute fonction publique sur la haute politique. On imagine pourtant le désastre que cela donnerait si on faisait gouverner le Medef.

 

À l’ère de la défiance succède donc celle de l’utopie, celle d’une société qui décide enfin de se gouverner elle-même. Le système actuel est celui d’un peuple seulement à demi-souverain. Vigilant mais pas acteur, votant mais pas décideur. Le discours populiste de la fin des élites encourage donc à en finir avec ce manque de culture démocratique qui veut que les masses ne soient bonnes que si elles sont endormies. La solution est de donner le pouvoir au peuple, la participation conférant légitimité.

 

Deux onanismes qui se regardent

 

Or tout se finit toujours mal avec le peuple. La révolution française était une prise de pouvoir par les élites bourgeoises. Elle a dégénéré quand les masses populaires s’en sont mêlées. Le peuple est à jamais indisciplinable. Il n’a pas de vision à long terme de l’intérêt général et de la préservation d’une nation. On n’a jamais vu un peuple décider lui-même de s’augmenter les impôts, même si c’est pour son bien. Et encore moins se mettre d’accord sans violence sur les bons choix à prendre.

 

Cette mode de la démocratie participative n’est qu’une ode à un duo d’impuissants, à deux onanismes qui se regardent. Avec des élus qui font mine de donner la parole aux citoyens et des citoyens qui font mine de prendre la parole aux élus. Il n’y a qu’à regarder les conseils de quartier qui existent aujourd’hui dans certaines villes de France pour bien comprendre à quoi ressemblerait la démocratie de proximité si on la généralisait : des réunions de geignards et de minorités actives, qui dénoncent leurs voisins sans jamais proposer le début d’un commencement de solution viable faute de connaissance sérieuse des dossiers. Du bavardage sous l’alibi du débat.

 

La priorité est au contraire de rétablir l’autorité de la parole publique et non de l’affaiblir. On choisit des représentants pour qu’ils prennent de bonnes décisions et qu’ils en assument les conséquences en remettant régulièrement en jeu le pouvoir qui leur a été confié. Pas pour renier leurs idées et attendre la solution de celles des autres. La place du peuple, c’est de voter et de faire des bons choix. C’est d’exiger au quotidien que les promesses faites lors des campagnes électorales soient tenues. C’est d’exercer le pouvoir en s’assurant que celui-ci soit fort et respecté par tous.  

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