Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 09:22

« Moi j’aime la province évincée par le système.

On y trouve le vrai, le beau, les relations humaines »

 

MC Solaar (1969) – Rappeur français et gentleman farmer

 

Nous sommes à J-100 du 2e tour des élections cantonales, qui éliront nos conseillers généraux. Des élections désormais appelées départementales dont le calendrier a maintes fois été différé afin de retarder une défaite annoncée de la gauche. Ce sera un nouveau désastre civique tant elles n’intéressent personne. L’abstention devrait y frôler les 70 % et le FN enfoncer un peu plus son pied dans la porte du pouvoir, tant cette étiquette assure désormais de faire un score même portée par une chèvre.

 

Ces élections arrivent suite au plus grand plan social électoral de l’histoire politique récente, le redécoupage des cantons. Sous prétexte de les rééquilibrer en termes de population, la gauche s’est permis de tripatouiller les territoires sans tenir compte de leurs traditions historiques et des réalités quotidiennes des intercommunalités et des bassins de vie. Cela ne devrait pas améliorer la clarté et la légitimité d’un scrutin déjà incompréhensible pour le citoyen moyen, sans compter qu’il sera agrémenté de l’invention d’un binôme homme-femme inédit et ubuesque. Un simulacre de parité.

Le gouvernement ayant annoncé qu’il voulait supprimer les départements en 2020, les électeurs ne se presseront pas pour élire des condamnés à mort quémandant un ultime tour d’honneur. Or le pire n’est pas là. Il est dans le quotidien des collectivités locales, accusées par la cour des comptes d’avoir laissé leurs déficits s’envoler de 9 % en un an à cause de l’envolée de leurs dépenses de personnels. Des personnels qui ont souvent tendance d’ailleurs à ne pas travailler les 35 heures réglementaires, surtout dans les collectivités de gauche toujours promptes à recaser leurs fidèles.

 

Des territoires abandonnés en rase campagne

 

Mais il ne faut pas se laisser abuser par cet arbre qui cache la forêt. Les conseils généraux sont confrontés à un vrai effet ciseaux qui pèse sur leurs budgets puisque leurs dépenses de fonctionnement augmentent alors que leurs recettes se raréfient, ce qui ne leur permet plus d’assurer correctement leurs missions. Exemple avec les dépenses sociales, première compétence des départements, que le vieillissement de la population et la crise économique font augmenter témoins l’APA ou le RSA.

 

Ceci alors que l’État va baisser ses dotations aux collectivités de 9 milliards d’euros en trois ans. Rappelons que ces dotations ne sont pas des cadeaux généreusement accordés par Paris, mais des compensations légitimes versées aux échelons locaux afin qu’ils puissent assumer et financer les missions qui leur ont été déléguées par l’État lui-même lors des différentes lois de décentralisation. Les collectivités locales représentent 70 % de l’investissement public. Une chute de leurs ressources et c’est tout le pays qui va mal. Il n’y a qu’à voir l’arrêt des projets dans les petits villages.

 

Cet acharnement contre les collectivités locales marque l’échec de la décentralisation à la française. L’État n’est pas prêt à renoncer à sa toute-puissance. Il ne se décharge de sa pression et de ses missions qu’à contrecœur en faisant supporter le poids de l’assainissement des finances publiques aux territoires. Ces derniers étant perçus comme un handicap davantage que comme une chance, un sentiment d’abandon se fait jour notamment en milieu rural. Les campagnes sont dans les départements. Ils perçoivent donc mal que les départements soient l’objet d’une campagne si violente.

 

Les pires choses sont souvent faites avec les meilleures intentions. En voulant à tout prix réformer, le gouvernement donne l’impression qu’il néglige une majorité de français. Si le centre peut se passer de la périphérie, l’équité entre les territoires est en danger. Une réforme est pourtant indispensable pour alléger le mille-feuille. Avec une fusion de communes et une finalisation de la carte intercommunale. Avec une répartition des compétences plus en prise avec la réalité : la proximité et le social aux communes et intercos et la stratégie et l’économie aux départements et régions.

Partager cet article

19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 09:46

« Le ridicule déshonore plus que le déshonneur »

 

François de LA ROCHEFOUCAULD (1613-1680) –Écrivain français et ineffable

 

François Hollande est le roi de l’esbroufe. L’empereur du mensonge. Il est toujours amusant de revisionner la fameuse séquence du « Moi président » lors du débat d’entre-deux-tours de 2012. On y redécouvre toutes les promesses intenables de sa campagne, qu’il a bien sûr jetées aux orties une fois élu comme par la suite d’autres engagements farfelus tels l’inversion de la courbe du chômage ou le sauvetage de l’industrie lourde à Florange. Mais intéressons-nous à des vidéos plus drôles.

On connaissait l’entartage, spécialité de Noël Godin. François Hollande nous a fait découvrir l’enfarinage. C’était durant la campagne de 2012, alors qu’il s’apprêtait à signer un engagement sur le mal-logement, qu’il ne tiendra pas bien sûr. Pour une fois il fut puni pour sa tromperie, par une chômeuse qui réussit à tromper la garde rapprochée du candidat et qui lui balança un paquet de farine dans la gueule. Un incident qui présageait l’amateurisme et les failles de la sécurité du président.

François Hollande n’a jamais été très adroit. Il n’a pas la grâce ni la classe, et a depuis eu l’occasion de le prouver avec ses nombreuses cravates pas droites et ses discours sous la pluie où l’eau perlait sur ses lunettes. Ici, nouvelle démonstration éclatante avec son incapacité à se plier aux règles du protocole. Un président maladroit qui humilie la France et se ridiculise devant ses homologues étrangers.

Comment en est-on arrivé là ? Comment François Hollande a-t-il pu nous mystifier en 2012 et se faire élire alors qu’on le connaissait ? Il est le pire président de l’histoire, or on aurait pu le prévoir. Cette vidéo de 2005 où Dominique de Villepin dénonce sa « lâcheté » dénote bien sa personnalité, à compléter par les parodies des Guignols qui pendant des années l’ont décrit comme un pleutre incapable d’imposer son autorité sur le PS. Une image remise au goût du jour alors qu’il est à l’Élysée.

Partager cet article

18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 09:20

« Matignon c’est un truc à emmerdes, et je suis bien placé pour le savoir »

 

Jacques CHIRAC (1932) – Ancien président et légende vivante

 

Pour paraphraser quelqu’un, être 1er ministre c’est pas facile. Manuel Valls en fait l’amère expérience. Le maire d’Évry était arrivé avec la volonté de faire des réformes. Il fatigue déjà. La gauche n’a ni son courage ni ses convictions libérales, ce qui le condamne à l’échec. Manuel Valls restera au moins fidèle à François Hollande, tant il est vrai que l’attelage entre président et 1er ministre est une curiosité de la Ve République. Une dyarchie inégale avec répartition incertaine des rôles, où l’Élysée prend souvent le pas sur Matignon. Même si chaque 1er ministre est différent.

 

Il y a les 1er ministre fusibles, qui se sacrifient pour leur président. C’était le cas du tout-premier Michel Debré, qui dut rendre son tablier en 1962 sur décision du seul Général De Gaulle. Il y a ensuite Pierre Bérégovoy, jugé responsable de la défaite historique de la gauche aux élections législatives de 1993 et qui portera le sacrifice jusqu’au suicide. Moins tragique fut la fin de Jean-Pierre Raffarin, qui aura fait tout ce qu’il a pu avant de rendre les armes suite au référendum perdu de 2005.

 

Il y a les ennemis intimes, qui veulent tuer leur président. C’est en tout cas ce que redoutait Georges Pompidou en Jacques Chaban-Delmas, qui lui faisait de l’ombre avec sa politique de gauche et qu’il contraint à la démission forcée en 1972. Le cas le plus célèbre est celui de Jacques Chirac avec VGE, qui lassé d’être traité tel un laquais démissionnera de lui-même en 1976 pour créer son propre parti. La rivalité entre Michel Rocard et François Mitterrand était plus feutrée mais ils se détestaient cordialement, et le premier fut remercié sans remerciements au bout de 3 ans.

 

Il y a les hommes de paille, qui n’ont pas marqué leur temps. Le discret Maurice Couve de Murville est de ceux-là, éphémère chef du gouvernement entre Mai 68 et la démission du Général de Gaulle. Il y eut Pierre Messmer, le deuxième second de Georges Pompidou mais qui ne sut jamais devenir premier. On pense aussi à Edith Cresson, seule femme jamais nommée à ce poste mais qui n’est restée que 9 mois à cause de ses maladresses. Récemment, Jean-Marc Ayrault a excellé en 1erministre fantôme court-circuité par ses ministres et incapable de rendre des arbitrages. 

 

Une répartition incertaine des rôles avec le président

 

Il y a les ententes cordiales, ces mariages de raison plus que de passion. Ce fut le cas entre Georges Pompidou et le Général de Gaulle de 1962 à 1968, plus long bail à Matignon de la Ve République. Il y eut Raymond Barre et VGE de 1976 à 1981, même si le premier tira avec lui le second dans son impopularité. On pense aussi à Pierre Mauroy et François Mitterrand, qui bien qu’opposés la veille firent un bout de chemin ensemble jusqu’au tournant de la rigueur de 1983. Un cas récent est celui de François Fillon et Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012, qui malgré leurs caractères distincts se fit « sans nuage ». Manuel Valls et François Hollande suivent ce modèle.

 

Il y a les couples fusionnels, qui lient souvent un père à son fils. Laurent Fabius fut nommé 1er ministre en 1984 parce qu’il était le petit préféré de François Mitterrand, même si ce ne fut pas lui rendre service. Alain Juppé était le fils prodige de Jacques Chirac, « le meilleur d’entre nous », du moins jusqu’à ce que son impopularité record ne pousse le président à la dissolution. Dominique de Villepin était plutôt le fils prodigue, un bébé Chirac qui aura trahi son père en le forçant à le nommer puis en échouant à faire barrage à Nicolas Sarkozy pour la candidature de 2007.

 

Il y a enfin les 1er ministre de cohabitation, issus du camp adverse. Jacques Chirac revenait à Matignon en 1986 dix ans après et constatait que la cohabitation était avant tout un piège pour le 1er ministre. Édouard Balladur en fit également les frais entre 1993 et 1995, sa popularité ayant graduellement dégringolé sous les coups de boutoir de François Mitterrand. Lionel Jospin le constatera en 2002, battu après 5 ans de guerre froide sans point chaud avec un Jacques Chirac qui s’était refait une popularité à l’ombre de Matignon. Des exemples à méditer pour ceux qui conseillent une dissolution et donc une cohabitation à François Hollande.

Partager cet article

À Propos De En Rase Campagne

  • : En rase campagne
  • En rase campagne
  • : La politique est toujours en campagne, CARBONE 12 aussi ! Lancé à 100 jours du 2e tour des élections présidentielles de 2012 pour redonner de la hauteur à un débat qui volait bas, EN RASE CAMPAGNE est un blog qui commente la vie politique française.
  • Contact

L'EMPREINTE CARBONE

Projet de loi de finances : se serrer la ceinture ou baisser son froc devant Bruxelles, telle est la question. 

 

Retrouvez tous les billets "L'empreinte carbone" 1 2 3 4 5 6 7 

AU RAS DES PÂQUERETTES

Poisson d'avril de Ségolène Royal : les autoroutes gratuites le week end. Mais qui peut contrôler ce qui se passe dans son cerveau ? 

 

Retrouvez tous les billets "Au ras des pâquerettes" 1 2 3 4

DU CARBONE DANS LA CERVELLE

Entre deux meetings, Nicolas Sarkozy recommence ses conférences grassement payées à l'étranger. Cela pourrait le desservir. 

 

Retrouvez tous les billets "Du carbone dans la cervelle" 1 2 3 4 

Les Idees De En Rase Campagne